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Collège of ^ïjpaictanô ano purgeons;
TECHNIQUE
DE
CHIMIE PHYSIOLOGIQUE
ET
PATHOLOGIQUE
Bruxelles. — F. Hayez, imprimeur de l'Académie royale de Belgique, Rue de Louvain, 112.
TECHNIQUE
DE
CHIMIE PHYSIOLOGIQUE
El
PATHOLOGIQUE
PAR
M. le D' A. SLOSSE
Adjoint à l'Institut Solvay
Chargé de cours a l'Institut de physiologie de l'Université libre
de Bruxelles
AVEC UNE PREFACE DE
M. le D' HEGER
Professeur de physiologie à l'Université libre de Bruxelles
BRUXELLES
H. LAMBRTIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR
Rue du Marché au Bois, 20 1896
QPM9 SIS
PREFACE
Il existe de nombreux traités de chimie physiologique. Indépendamment des grands ouvrages classiques deSchutzen- berger, de Hoppe-Seyler, de Gautier, de Gamgee, qui sont entre les mains de tous ceux qui enseignent, ces dernières années ont vu paraître des publications plus restreintes, s'adressant particulièrement aux élèves et résumant avec pré- cision les données scientifiques récentes.
Si M. le docteur Slosse, en éditant ce Manuel, s'était pro- posé un but analogue à celui de ses devanciers, il aurait pu se dispenser d'écrire et il se serait borné, sans doute, à recom- mander à ses élèves un des bons livres récemment publiés, par exemple les Eléments de chimie physiologique de MM. Mos-
SELMAN et HÉBRANT.
Mais son point de vue a été plus spécial : il veut être uni- quement didactique; il s'adresse à l'étudiant en médecine qui,
VI PRÉFACE.
entrant au laboratoire, se trouve paralysé par son inexpérience et s'oriente difficilement dans la technique des opérations chi- miques élémentaires.
Tous ceux qui s'intéressent à l'enseignement de la médecine ont pu se rendre compte de la difficulté que comporte l'orga- nisation des cours pratiques. Et pourtant, depuis vingt ans, l'enseignement des sciences médicales s'est à tel point modifié, qu'il ne peut plus se limiter aux cours parlés ; la transforma- tion est radicale : que les exercices pratiques fonctionnent comme un complément de l'enseignement oral ou qu'ils con- stituent en eux-mêmes des cours distincts, ils doivent être largement organisés dans toutes les écoles de médecine.
Pour qui s'est préoccupé de suivre cette transformation, il est clair qu'elle s'accentue de jour en jour et qu'elle s'impose comme une nécessité. D'ailleurs, elle n'est qu'un symptôme de l'état général des esprits : nous croyons de moins en moins, et nous voulons juger par nous-mêmes. L'argument d'auto- rité, si puissant autrefois, est trouvé faible aujourd'hui ; la preuve est exigée; bien plus, l'élève ne se contente pas d'une démonstration faite devant lui, il désire y procéder lui-même, il demande à entrer au laboratoire.
Cette tendance est louable; elle doit être encouragée et nous devons nous efforcer, dans notre enseignement, de multiplier les contacts avec la nature, de stimuler chez les élèves le déve- loppement des facultés d'observation, trop souvent négligées dans l'enseignement moyen. Dans cette conception moderne de la pédagogie, le cours le plus parfait serait certainement celui dans lequel le professeur s'efface autant que possible et où l'élève, guidé par les conseils du maître, arrive à voir de ses yeux les phénomènes tels qu'ils sont.
PRÉFACE. vil
Nous sommes loin d'avoir réalisé cel idéal, mais il n'en esl pas moins vrai que l'extension toute récente de la méthode expérimentale a àféé pour tous ceux qui enseignent de nou- veaux devoirs et pour tous ceux qui étudient, de nouveaux besoins.
Il faut aujourd'hui, dans les écoles de médecine, de grands laboratoires destinés non plus seulement aux professeurs, mais aux élèves; ceux-ci doivent trouver occasion de travailler par séries sans se gêner mutuellement; ils doivent aussi pouvoir se grouper et s'initier aux procédés de recherches; il faut qu'ils aient accès dans les laboratoires comme ils étaient autrefois admis dans les bibliothèques pour y puiser avec sûreté des renseignements relatifs à leurs études.
Cette organisation nouvelle a été partiellement réalisée à l'Université libre de Bruxelles, grâce à l'intelligente initiative de M. Ernest Solvay. M. le docteur Slosse s'est efforcé de répondre à ses vues en ce qui concerne la chimie physiolo- gique; il a organisé des exercices pratiques que les élèves en médecine suivent librement. C'est pour leur éviter toute perte de temps, pour abréger les tâtonnements du début, qu'il a songé à condenser dans ce Manuel les enseignements tech- niques indispensables aux recherches de laboratoire.
En attendant qu'il lise les traités de chimie plus étendus dont j'ai parlé tout à l'heure, l'étudiant en médecine trouvera dans ce Manuel la ligne directrice ou le schéma de ses pre- miers travaux pratiques. L'enseignement oral, toujours supé- rieur au livre parce qu'il est vivant et direct, devra compléter ce schéma, entrer dans le détail. Au surplus, M. Slosse s'est limité à rendre compte des procédés qu'il a choisis et des méthodes qu'il a préférées. Il s'est dispensé de les exposer
VIII PRÉFACE.
toutes, car le livre n'a pas été son but, et c'est toujours l'exer- cice pratique qu'il a eu en vue, même en écrivant.
Attaché depuis plusieurs années à l'Institut Solvay, M. le docteur Slosse a pu contrôler par lui-même les procédés tech- niques dont il fait l'exposé; c'est à nos étudiants que son livre s'adresse; j'espère qu'il leur sera utile et que leur formation médicale en retirera de sérieux avantages.
Bruxelles, le 20 novembre 1895.
D1 Paul Hegek.
TABLE DES MATIERES.
Chapitre premier. — Généralités . 1
§ 1. Opérations générales 1
§ 2. De la pesée 8
§ 3. Analyse volumétrique 10
§ 4. Méthodes optiques 21
Chapitre II. — La salive ; digestion salivaire ....... 31
Chapitre NI. — Le suc gastrique : la digestion gastrique . ... 37
§ 1. Le suc gastrique 37
§ 2. La digestion gastrique 54
Chapitre IV. — Digestion pancréatique . 63
§ 1. La trypsine. 66
§ 2. L'amylopsine 73
§ 3. La stéapsine 75
Chapitre V. — La bile 77
Analyse des calculs biliaires . 86
Chapitre VI. — Le sang 89
SI. Le sang défibriné 89
§ 2. Les substances album i no ides du sang 100
§ 3. Analyse quantitative 105
X TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
Chapitre VII. — Le lait 115
Analyse qualitative 115
Analyse quantitative 122
Chapitre VIII. — L'urine normale 127
S 1. Caractères physiques 127
§ 2. Caractères chimiques généraux 130
§ 3. Caractères des principaux composés organiques . . 132
§ 4. Principes minéraux 166
Chapitre IX. — Éléments anormaux de l'urine 187
§ 1. Substances albuminoïdes 187
§ 2. Les sucres 198
§3. Graisses 212
§4. Pus 212
§ 5. Matières colorantes 213
§ 6. Substances médicamenteuses 219
§ 7. Analyse des calculs urinaires 226
Chapitre X. — Transsudats 231
§ 1. Substances albuminoïdes 232
§ 2. Graisses 235
Annexes 237
Tarle spectrale des principaux pigments 246
Tari.e alpharétique des matières 247
TECHNIQUE
DK
CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
CHAPITRE PREMIER.
GÉNÉRALITÉS.
On distingue dans l'analyse chimique, l'analyse qualitative et l'analyse quantitative.
La première nous renseigne sur la nature des corps; la seconde a pour but dVn déterminer la quantité.
En règle générale, il est d'abord nécessaire d'extraire les corps des milieux complexes qui les renferment, de les pré- parer en un état de pureté suffisant, afin de pouvoir en déter- miner les propriétés et afin de pouvoir les doser, c'est-à-dire en déterminer la quantité.
DE LA TECHNIQUE.
§ 1. — Opérations générales.
L'extraction et la préparation des corps à l'état de pureté Opérations
générale& l'xigent la connaissance de certaines opérations générales de
la chimie, dont nous passerons les principales en revue.
2 TECHNIQUE
Ce sont la décantation, la colature, la filtration, l'évapora- tion, la dessiccation, la calcination.
La décantation, la colature, la filtration sont trois moyens du même ordre : ils ont pour but de séparer les particules solides tenues en suspension dans un liquide.
Décanter, c'est séparer par le repos les particules solides tenues en suspension dans un liquide; les particules solides gagnent le fond du vase tandis que les couches supérieures s'éclaircissent. Lorsque les particules solides se sont agglo- mérées au fond du vase et ne troublent plus le liquide, on verse prudemment et sans secouer la couche limpide dans un autre récipient.
On peut aussi recueillir la liqueur au moyen de la pipette à boule : on aspire doucement, sans trop approcher du préci- pité le bec de la pipette. Ce procédé a l'inconvénient de pro- duire dans le liquide des tourbillons qui entraînent mécani- quement les parties les plus ténues du précipité.
On emploie la décantation quand les matières solides sont en fragments suffisamment grands, et aussi lorsqu'il s'agit de séparer un précipité très fin (le sulfate de baryte). Ordinaire- ment on associe la filtration et la décantation.
Colature. La colature est la séparation grossière de masses solides et de liquides. On la réalise soit à l'aide d'un tamis fin, soit à l'aide de toile fine ou d'étamine que Ton fixe aux quatre angles d'un cadre de bois léger. Le poids du liquide creuse dans l'étoffe une sorte de pochette dans laquelle les matières solides sont retenues.
IH CHIMIE l'MYSIOLûCJIUUK. 3
La colature ne donne (jue des liquides troubles qu'il faut éclaircir |>;ir filtration.
La fiUvalion se fait généralement au moyen de papier, nitration. Celui-ci doit retenir complètement les particules solides, ren- fermer le moins possible de substances minérales et enfin ne point opposer trop de résistance au passage du liquide, c'est- à-dire tiltrer promptement. Ce sont là les qualités principales d'un bon papier à filtrer.
On filtre dans des cas exceptionnels sur laine de verre ou sur asbeste, mais la filtration sur papier est de beaucoup la plus importante.
On se sert soit de libres plats, soit de filtres à plis. L'usage des premiers est limité aux cas où il s'agit de récolter les corps retenus; en dehors de ces cas, on a généralement recours aux tiltres à plis; ils présentent l'avantage de la rapidité.
La filtration est soumise à certaines règles dont il est bon de ne point se départir.
1. Le filtre ne peut jamais dépasser les bords de l'enton- noir; s'il s'agit d'un filtre plat, la partie filtrante doit s'appli- quer bien exactement sur le cône de l'entonnoir.
2. Avant de commencer la filtration, le filtre doit être mouillé, c'est-à-dire recevoir quelques gouttes du véhicule qui tient en suspension le précipité, et qu'on laisse égoutter.
3. S'il s'agit de précipités suffisamment gros, floconneux, la filtration s'opère facilement; mais si le précipité est très fin, comme l'est le sulfate de baryum, il convient de laisser d'abord décanter et de ne jeter le précipité sur le filtre qu'après le passage de la plus grande partie du liquide. Il faut nécessairement entraîner sur le filtre la totalité des précipités.
4 TECHNIQUE
y compris les particules adhérentes au verre. Un les détache mécaniquement, soit par un jet de pissetle, soit au moyen d'une baguette de verre coiffée de caoutchouc.
4. Il faut avoir soin de verser le liquide à filtrer, non point au centre du filtre, ce qui peut en produire la déchirure, mais sur l'un des côtés et le long d'une baguette de verre.
o. Le lavage des précipités se fait à l'aide de la pissette; il doit être continué jusqu'au moment où le liquide filtrant n'entraîne plus de matière. On s'assure facilement qu'il en est ainsi, en recueillant sur une lame de platine une goutte et en s'assurant que l'évaporation ne laisse aucun résidu.
La filtralion est une opération parfois fastidieuse, mais elle a une importance telle, qu'il est légitime d'insister sur les principales précautions à prendre. Parfois aussi la nature chi- mique des liquides entrave par elle-même le passage du liquide : tel est le cas pour les solutions albumineuses; on peut, dans certains cas, s'aider alors de la filtralion avec succion.
La rupture des filtres est l'inconvénient principal de cette méthode. On se sert soit de filtres spéciaux résistants, que le commerce livre tout préparés, soit d'une plaque de porcelaine perforée de nombreux trous. Cette plaque se place dans l'en- tonnoir; on la recouvre de deux rondelles de papier à filtrer ordinaire, de dimensions différentes. La première rondelle, la plus petite, s'applique exactement sur la plaque de porce- laine; la seconde déborde de 1/2 centimètre environ de toutes parts. La partie de celle rondelle qui déborde forme une sorte de godet qui s'applique exactement sur la paroi de l'entonnoir à l'aide d'une baguette de verre.
Les moyens de succion sont variés; actuellement on se sert surtout de trompes qui permettent d'apprécier le degré d'aspi- ration.
DE CIIIMIK PHYSIOLOGIQUE.
Calcination. — Calciner, c'est détruire par l'action de la Calcination. chaleur la partie organique «lt-s corps, en ne laissant comme résidu que les parties inorganiques.
En général, on calcine les substances desséchées el encore sur le filtre; il s'ensuit que le filtre doit être par lui-même exempt de résidu, ou du moins ne laisser qu'un résidu connu; que la calcination doit être poussée suffisamment loin pour que le filtre soit complètement brûlé; il faut en outre que la substance soit bien dessécliée, sinon l'élévation brusque de température peut produire un dégagement tumultueux de vapeur d'eau qui entraîne des particules légères et amener, par conséquent, des pertes de substance.
Pour calciner, on place la substance et le filtre desséchés dans un creuset en porcelaine ou en platine, selon les cas, que l'on incline sur un triangle en terre de pipe. On chauffe prudemment d'abord; puis, quand la combustion est suflisam- ment avancée, on chauffe plus vivement. Lorsque la calcina- tion est terminée, on transporte, à l'aide de pinces, le creuset dans un dessiccateur; on le laisse refroidir.
Dessiccation. — On entend par la l'élimination de l'eau Dessiccation, mécaniquement entraînée lors de la précipitation, ou bien retenue mécaniquement entre les cristaux lors de la cristal- lisation.
Les moyens qui permettent d'éliminer cette humidité sont très variés et il convient d'en faire un choix judicieux, selon la nature et les propriétés des corps qu'il s'agit de dessécher.
On peut, après avoir broyé les cristaux dans un mortier, élendre la poudre fine entre plusieurs doubles de papier à filtrer et presser le tout ; puis renouveler le papier après
6 TECHNIQUE
vingt-quatre heures. Tel est le cas pour le sulfate de cuivre.
Parfois il convient, pour les corps qui ne s'altèrent pas dans l'air sec, mais à la chaleur, de les placer dans un espace fermé dont l'air est desséché par de l'acide sulfurique ou du chlorure de chaux. On donne à ces appareils le nom de dessic- cateurs. C'est une sorte de boîte en verre à parois épaisses et munie d'un couvercle rodé. On enduit de suif les surfaces de jonction de la boîte et du couvercle. Dans l'intérieur, un ajutage en laiton ou en verre sert de support au récipient contenant la substance; dans le fond de la boîte, on place l'agent dessiccateur : acide sulfurique, chlorure de chaux.
On laisse les corps dans cette atmosphère sèche jusqu'à ce que leur poids ne change plus.
Pour les substances qui perdent leur eau à 400° sans altéra- tion, on se sert plutôt de bains d'air.
C'est une boîte de cuivre, munie d'une porte à charnières et percée d'un trou livrant passage au thermomètre. On chauffe l'appareil à l'aide d'un bec de gaz que l'on règle facilement.
On met généralement les substances à dessécher dans un verre de montre ou dans des flacons spéciaux : flacons à peser. On maintient la substance pendant plusieurs heures à haute température jusqu'au moment où le poids de la substance ne change plus.
Évaporation. L'évaporation consiste à chasser d'une solution l'excès du dissolvant; elle détermine dans ce cas une concentration crois- sante du corps tenu en dissolution. Elle peut aussi servir à séparer l'un de l'autre deux dissolvants d'une inégale volatilité (eau et alcool). Cette opération a toujours pour but l'isolement et la récolte de la partie la moins volatile de la dissolution.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 7
Il n'est guère de manipulation chimique ni d'extraction de corps dans laquelle il ne faille avoir recours à cette opération.
On peut, lorsqu'il s'agit d'un liquide volatil (l'éther sulfu- rique, par exemple), abandonner la solution a l'air.
On peut aussi évaporer directement, c'est-à-dire à feu nu; on place, dans ce cas, le récipient au-dessus d'une flamme de Bunsen, de telle façon que le liquide ne puisse entrer en ébullition; on interpose en général entre la flamme et le réci- pient une toile métallique qui disperse beaucoup plus égale- ment la chaleur.
Mais en général, on se sert du bain-marie.
Il faut, autant que possible, empêcher la chute de matières étrangères dans la solution soumise à l'évaporation. On se met bien à l'abri de cet inconvénient en évaporant dans une salle spéciale ou sous une hotte réservée à cet usage. Si l'on ne peut disposer de l'un ou l'autre de ces moyens, on se met assez bien à l'abri de la poussière en recouvrant la capsule d'un papier a tiltrer bien propre.
L'évaporation doit être surveillée de près : s'il s'agit de solutions qui grimpent facilement le long des parois du réci- pient, il faut, d'une façon à peu près continue, rincer les croûtes qui tendent à se former sur les parois du vase à l'aide de la solution qui est soumise à l'évaporation. On réalise facilement ce desideratum par l'agitation du liquide à l'aide d'une baguette de verre. Il faut éviter, s'il s'agit d'un liquide volatil, l'ébullition de la solution; elle entraîne facilement la projection de gouttelettes liquides et par conséquent des pertes de substance.
TECHNIQUE
§ 2. — De la pesée.
Nous n'indiquerons pas dans ce chapitre les qualités d'une bonne balance. Les traités de physique générale fournissent à ce sujet des renseignements suffisants; nous nous bornerons à quelques indications pratiques sur l'emplacement de la balance et sur les caractères d'une bonne pesée.
Emplacement Emplacement de la balance. — La balance, protégée par une
' cage de verre, sera tenue à l'abri des variations de température,
de l'humidité et surtout des vapeurs acides. Ce n'est donc pas
dans le laboratoire même que l'on placera l'instrument, mais
dans une chambre spéciale.
Les poids, généralement réunis dans une boîte fermée, seront aussi conservés à l'abri de la poussière et de l'humi- dité et maniés au moyen de pinces, de crainte que le contact de la main ne les graisse ou ne les souille.
La boîte contient ordinairement les poids suivants :
1 poids de 50 gr. ; 1 de 20 gr. ; 2 de 10 gr. ; 1 — de 5 gr. : 1 de 2 gr. ; 2 de 1 gr.
Les divisions des grammes sont représentées par :
1 poids de Os'.f) ; 2 de 0»'-.2 ; 2 de Os*. 1 ; 1 — deOsr.QS; 2 de 0^.02; 2de0s«\0i; 1 _ de 0o'\005; 2 de Os^.002; 2 de Oer.OOi.
Dans certaines balances, les valeurs inférieures au centi- gramme se déterminent à l'aide d'un cavalier mobile sur le fléau.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQl E. !»
Règles à suivre dans lu pesée. — 1° On ne pèsera jamais (à moins qu'il ne s'agisse d'un métal) en plaçant directemenl la Bubstance que l'on pèse sur le plateau «le la balance. Il faul
avoir soin de mettre la substance dans un récipienl approprié à sou étal : verre de montre double, vase à peser, si elle esl solide; flacons bouchés à l'émeri, si elle est liquide ou volatile.
2" On procède généralemenl au tarage du récipient, puis, ce poids établi, on introduit la substance a peser.
Parfois, c'est l'inverse : on pèse en bloc le vase et la sub- stance, puis on lave ou dessèche le récipient et on le tare. Parfois encore on établit, une fois pour toutes, la tare des réci- pients et l'on pèse simplement. La différence des deux pesées exprime le poids de la substance.
On ne protège jamais le plateau de la balance; à l'aide de papier; il absorbe l'humidité de l'air, change par conséquent de poids et expose à de graves erreurs.
3° On met toujours la balance au repos avant d'ajouter ou d'enlever des poids, ou bien avant d'enlever ou d'ajouter de la substance à peser.
i° On ne pèse jamais un corps chaud ; il condense à sa sur- face de la vapeur d'eau qui modifie le poids; de plus, il échauffe l'air ambiant et produit ainsi un léger mouvement de l'air qui peut modifier la situation des plateaux de la balance.
5° Enfin, on ne se sert pas de tel ou tel poids pris au hasard, mais on suit une marche méthodique allant du poids le plus fort vers le poids le plus faible. Cette méthode permet i\c se rapprocher de plus en plus de la limite exacte de l'équiva- lence; elle est plus rapide que n'importe quelle autre et mel mieux à l'abri de l'erreur.
On note le poids en faisant la somme des poids qui se
Il» TECHNIQUE
trouvent sur le plateau de la balance, et on contrôle par l'examen des poids manquant dans la boîte à ce moment. Du poids ainsi trouvé, nous retranchons le poids du réci- pient : la différence représente le poids de la substance.
§ 3. — L'analyse volumétrique.
On donne le nom d'analyse volumétrique à une méthode spéciale d'analyse qui, par sa rapidité et la simplicité de son principe, rend chaque jour de nombreux services.
Les analyses quantitatives ordinaires ont pour base la pesée de la substance, précédée des opérations nombreuses, compli- quées et longues que nécessite la préparation du corps.
L'analyse volumétrique substitue la lecture d'un volume à la pesée, sans qu'il soit nécessaire de tenter l'extraction de la substance à analyser. Elle consiste toujours à saturer la sub- stance soumise à l'analyse, à l'aide d'un réactif, jusqu'au moment où la saturation est complète. Ce moment est indiqué tantôt par la formation d'un précipité qui sert d'indicateur, tantôt par la cessation dans la production du précipité, le plus généralement par un changement de coloration que détermine sur une substance spéciale, inerte et passive, l'excès du réactif.
La composition des liqueurs titrées nous montre que cette méthode n'est, comme le dit Mohr, qu'une pesée; mais au lieu de peser à l'aide de la balance et des poids, on pèse à l'aide d'une solution ayant une force chimique connue et déter- minée une fois pour toutes par la pesée.
Exemple : Une solution de chlorure de sodium précipite par le nitrate d'argent à l'état de chlorure d'argent. Le titre
DR CHIMIE PHYSI0L0GIQ1 K. 1 I
de la solution argentique est établi par calcul et par vérifica- tion île telle façon que 1 c. c. <!«• la solution précipite exacte- ment 0.00585 de NaLI. Du nombre de centimètres cubes de solution argentique qu'il a fallu employer pour précipiter tout le NaCI, on déduira facilement la quantité de ce sel contenue dans te liquide analysé.
1. Les moyens de mesure.
L'utilisation de cette méthode implique la connaissance des moyens de mesure des volumes.
On ne mesure, en chimie, les volumes que pour les gaz et les liquides. On emploie pour mesurer les liquides différents instruments : ballons jaugés, burettes graduées, pipettes, cylindres gradués, etc., qu'il importe de bien connaître.
Parmi ces instruments, les uns ne permettent la mesure que pour un volume déterminé, sans qu'il soit possible de mesurer une fraction de ce volume; tels sont : les ballons jaugés et les pipettes graduées.
Les ballons jaugés sont des ballons dont la capacité est Hâtions jaugés. exactement déterminée pour une quantité donnée. Il en est de différentes capacités : de 100, de 500, de 500 et de 1000 c. c. Ils doivent être en verre bien recuit et également épais partout. Le col, muni d'un trait de jauge, est généralement long et effilé, ce qui, en diminuant la surface du ménisque, permet une plus grande exactitude de lecture.
Pour faire la lecture, il ne suffit pas de remplir le ballon, de le déposer sur une table et de voir si la convexité du ménisque correspond exactement avec le trait de jauge; les tables sont
12 TECHNIQUE
rarement horizontales et ce procédé peut donner des erreurs assez considérables. On prend le ballon entre deux doigts et on le laisse pendre suivant la verticale; l'élevant alors doucement au niveau du rayon de visée, on fait une lecture bien exacte.
Pipettes. Les pipettes sont des tubes de verre portant vers la moitié de
leur longueur une dilatation de forme variable. Le bout supé- rieur est généralement rodé, tandis que l'extrémité inférieure se termine en pointe effilée. Les pipettes portent soit un Irait de jauge annulaire à la partie supérieure, soit deux traits, l'un supérieur, l'autre inférieur.
Pour se servir de la pipette, on plonge l'extrémité inférieure dans le liquide que l'on veut récolter, puis on aspire lentement par l'autre bout, jusqu'à ce que le liquide dépasse le trait de jauge. A ce moment, on place l'index humide sur l'orifice supé- rieur, puis on laisse pendre la pipette de façon que l'anneau de jauge n'apparaisse plus que comme un trait horizontal; en diminuant alors légèrement la pression du doigt sur l'extré- mité supérieure, on permet l'écoulement de quelques gouttes de liquide. On continue ainsi jusqu'au moment où le sommet du ménisque affleure exactement le trait de jauge. On augmente alors la pression du doigt afin d'interrompre l'écoulement du liquide, puis on enlève soigneusement le liquide adhérent a la surface extérieure; cela fait, on soulève le doigt et le contenu de la pipette s'écoule. La quantité de liquide qui s'écoule ainsi peut varier, même en se servant toujours de la même pipette : aussi est-il recommandable de procéder toujours de la même façon: on applique la pointe de la pipette contre la paroi du vase et on laisse l'écoulement se faire librement. Quand il est terminé, on constate qu'il reste encore une goutte qui adhère
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. \3
foriemenl au verre; il sutlit pour l'expulser de souffler légère- ment but l'extrémité supérieure de la pipette.
Os recommandations ne s'appliquent, bien entendu, qu'à la pipette à un seul index. Si Ton emploie la pipette à deux index, on procède différemment. On maintient le doigt sur l'orifice supérieur de l'instrument et on laisse le liquide s'écouler jus- qu'au moment où le ménisque affleure exactement au trait indicateur inférieur. On augmente alors de nouveau la pression du doigt et on retire l'instrument.
Les pipettes s'emploient principalement quand il s'agit de mesurer de petites quantités de liquides, telles qu'on les emploie pour procéder aux dosages volumétriques, ou bien pour faire des liqueurs de plus en plus diluées en partant d'un liquide titré plus concentré.
Burettes. — Tandis que les ballons jaugés et les pipettes ont Burettes, une graduation unique et ne peuvent servir que pour des quan- tités fixes, pour lesquelles ils ont été jaugés, les burettes pos- sèdent une échelle de mesure et peuvent servir à mesurer n'importe quelle quantité de liquide.
Ce sont des tubes en verre, longs de o'O centimètres environ et divisés en trente ou bien en cinquante subdivisions. Le centimètre cube est indiqué par un trait plus long en regard duquel se trouve le chiffre correspondant.
Chacune de ces divisions est subdivisée et des traits plus lins et moins longs indiquent le */s ou 'e ino du centimètre cube. La lecture se fait de haut en bas. L'extrémité supérieure de la burette est munie d'un petit chapeau de verre qui protège le liquide contre la pénétration des poussières; l'extrémité inférieure appointie et fortement rétrécie porte un petit rentle-
14 TECHNIQUE
ment. La burette se termine alors par un tube de verre mince, étiré en pointe très longue. Cette partie est réunie à l'extré- mité inférieure de la burette par un bout de caoutchouc d'une longueur de 3 centimètres au maximum et solidement fixé par ses deux extrémités, sur la burette d'une part et sur la pointe d'autre part. La parlie libre de caoutchouc ne doit pas dépasser 15 à 20 millimètres et sert à placer la pince à pression ou pince de Mohr, qui ferme l'appareil.
Le remplissage de la burette est une opération très délicate. Frésénius recommande d'immerger la pointe dans le liquide, d'aspirer par l'extrémité supérieure jusqu'au moment où le liquide a pénétré dans la portion élargie de la burette, puis de fermer la pince et de verser le reste du liquide par l'extré- mité supérieure de l'instrument. Ce procédé permet de remplir la burette sans interposition de bulles d'air dans la partie rétrécie. On peut aussi remplir la burette directement par le haut, puis ouvrir largement la pince et laisser le liquide s'écouler en un jet fort qui entraîne les bulles; s'il restait de petites bulles adhérentes, il suffirait de pincer à petits coups brusques le tube de caoutchouc pour les expulser.
Dès qu'elle est remplie, on place la burette dans un support et elle est alors prête pour l'usage. On a préconisé divers mo- dèles de supports : tous présentent des avantages et des incon- vénients; chacun choisira le modèle qui répond le mieux à son désir; l'unique condition dont il faut se préoccuper, c'est la verticalité rigoureuse de la burette.
La lecture du niveau du liquide dans une burette nécessite une certaine habitude. Les liquides forment dans la burette des ménisques à convexité inférieure. On peut lire le niveau en plaçant la burette dans un endroit bien éclairé et en prenant
DE CHIMIE PHYS10L0GIQI B. 13
comme point de repère l'affleurement du sommet du ménisque avec le trait ou ses subdivisions.
On a aussi préconisé l'emploi d'un flotteur bien équilibré, lequel, plongeant dans le liquide contenu dans la burette, porte un trait indicateur dont la coïncidence avec les divisions de la burette servira de point de repère. Le llotteur sera appro- prié à la largeur de la burette et llottera librement, sans adhé- rer nulle part à la paroi; il sera bien vertical, c'est-à-dire que son axe suivra bien exactement la direction de l'axe de la burette à laquelle il est destiné; s'il n'en est pas ainsi, il esl impossible d'amener les deux traits à coïncider rigoureuse- ment (*).
Les cylindres gradués sont des tubes de verre plus larges que Cylindres
gradués.
les précédents ; ils sont munis d'une graduation en centimè- tres cubes.
Les uns sont ouverts et munis d'un bec, les autres bouchés à l'émeri. Ces instruments présentent tous le même inconvé- nient : la largeur du ménisque et la difficulté de faire bien exactement coïncider le sommet du ménisque avec le trait de graduation. Ils sont cependant d'un usage très fréquent et suf- fisent pour des mesures qui ne doivent pas avoir une grande rigueur.
1 II nous reste à examiner le calibrage de la burette : il est bon, en effet, 'le s'assurer par soi-même de la valeur de l'instrument que l'on a entre les mains. l'our le taire, on procède de la façon suivante : la burette étant bien remplie d'eau distillée a 17°08 ('.., on en recueille 10 c. c. que l'on pèse soigneusement. Ces 10 c. c. doivent peser 10 grammes. On peut, a l'aide de ces instruments, arriver à une pré- cision considérable. L'erreur, dans certains cas, reste inférieure à 0*r.O 12,
16 TECHNIQUE
2. Solutions titrées.
On donne le nom de solution titrée à une solution ayant une force chimique connue. On appelle titre ou force chimique la teneur de la solution en substance dissoute.
Les solutions titrées sont d'une importance capitale; aussi faut-il apporter la plus grande minutie dans leur préparation et dans leur conservation.
1° On établit une formule empirique.
2° On donne une concentration telle qu'elle exprime en un nombre rond son équivalence; qu'un volume de 1 c. c. = 10 milligrammes de NaCl ou bien o milligrammes de sucre ou de phosphate.
3° On établit une solution normale.
1) On réserve généralement la formule empirique pour les liquides qui ne supportent pas la conservation; dans ce cas, à chaque essai on établit le titre de la solution. Exemple : solution d'iode iodurée.
2) On emploie fréquemment les liqueurs qui expriment en chiffres ronds la quantité de substance qu'elles précipitent. L'emploi de ces liqueurs a l'avantage de simplifier les calculs; aussi est-ce à cette méthode que l'on a le plus souvent recours. (Solution titrée d'argent, d'acétate d'urane, de nitrate mercu- rique, etc.)
Solution titrée de nitrate d'argent. — On pèse une quantité quelconque de sel tel que le livre le commerce, soit I7er.9425\
Le calcul renseigne que pour que 1 c. c. de solution soit équivalent
Iil. CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 17
à 10 milligrammes de NaCl, la solution doit renfermer 29b'.075. Le calcul suivant déterminera la quantité d'eau nécessaire pour dissoudre cette quantité de sel :
17.9428 « 1000
29.07.-i
til7.ll.
On dissout le sel dans une quantité moindre d'eau, puis on rince le récipient a plusieurs reprises et l'on ajoute de l'eau pour obtenir exacte- ment le volume «pie le calcul a déterminé.
3) Il existe pour chaque corps un nombre déterminé qui représente la quantité de ce corps, prise par rapport à l'hydro- gène, entrant dans les combinaisons. Ces nombres sont les poids atomiques. Ce sont pour l'hydrogène, 1 ; pour le sodium, 23; pour l'azote, 14, etc.
Ces nombres, ou plutôt les masses qu'ils représentent, peu- vent se remplacer intégralement dans une combinaison s'ils ont la même valeur atomique, et le rapport est représenté par le poids atomique 1 d'hydrogène mono-atomique valant 1 = 1 de sodium mono-atomique valant 23 = 1 de soude caustique mono-atomique valant 40); le remplacement ne peut être que partiel si la valeur atomique du remplaçant est supérieure ù celle de l'hydrogène, et le rapport sera représenté par la moitié du poids atomique s'il s'agit de corps bi-atomiques (acide sulfurique, acide oxalique); par le tiers, par le cin- quième, s'il s'agit de corps tri- ou pentatomiques.
Ceci posé, on donne le nom de solutions normales, à telles solutions qui renferment pour un litre une quantité de corps dissous correspondante à 1 atome d'hydrogène; on peut aussi les définir ainsi : des solutions qui, pour un litre, renferment une quantité de substance équivalente à leur poids atomique,
2
18 TECHNIQUE
calculé en grammes. C'est-à-dire que la solution normale de soude caustique renferme, par litre,
1 de Na = 23 + 1 de H = 1 + 1 de 0 = 1(3, total 40 grammes de NaOH-,
que l'acide sulfurique normal renferme
98 1 de S = 32 + 4 de 0 = 64 + 2 de H, total — grammes d'acide sulfurique.
Ces solutions ne donnent, il est vrai, pas de chiffres ronds, et elles embarrassent le calcul de nombres complexes; mais elles ont l'avantage d'être toutes équivalentes entre elles et de renseigner d'un coup toutes les valeurs imaginables.
En effet, une quantité donnée de solution normale d'acide sulfurique équivaut à la même quantité de solution de soude normale, et celle-ci à la même quantité de solution normale d'ammoniaque.
Or, nous connaissons exactement la composition de ces diverses solutions; la connaissance d'un résultat analytique entraînera la connaissance de l'équivalence d'une autre solu- tion.
S'il s'agit, par exemple, de neutraliser 10 c. c. d'acide sulfu- rique normal qui contiennent Orr.49 de SO*H2 à l'aide de soude caustique, on saura sans calcul que la quantité nécessaire est 0.40 de NaOH; 0.17 de NH*; que cette quantité correspond à 0.23 de sodium, 0.20 de calcium, 0.14 d'azote.
On se sert soit de solutions normales, soit de solutions déci- normales (solutions 10 fois plus diluées).
Pour préparer les solutions normales, on pèse la quantité de matière que le calcul indique, on la dissout dans la masse
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. I!l
nécessaire du véhicule; on peut aussi prendre une quantité quelconque de substance que l'on dissout et rechercher la quantité dont il faut diluer la solution en comparant cette liqueur à une solution préparée par la méthode de la peser.
Si la substance est solide, on en pèse la quantité nécessaire, mi la dissout dans trois quarts de litre, en agitant et en por- tant à 15° la température de la liqueur; lorsque la substance est dissoute, on ajoute la quantité d'eau nécessaire pour faire un litre, on bouche le Maçon et, par agitation, on opère exacte- ment le mélange.
S'il s'agit d'un corps liquide, on détermine son poids spéci- fique à l'aide d'un densimètre marquant au moins la troisième décimale, ou bien a l'aide du pycnomètre. Lorsque la densité est déterminée, on cherche dans des tables spéciales la quan- tité active de corps qui correspond à cette densité. On mesure ensuite la quantité que ce calcul renseigne et l'on procède comme dans le cas précédent.
Préparation de l'acide sulfurique normal. — L'acide sulfurique con- centré d'une densité de 1.84 renferme 98.5 °/0 de S0*H2; la solution normale doit contenir exactement 49 grammes par litre. On pèse direc- tement l'acide, ou on détermine, à l'aide des tables, le volume qui cor- respond au poids demandé, on le dilue dans un litre d'eau.
Il ne suffit pas de procéder ainsi, il faut encore s'assurer de l'exactitude du titre de la solution.
On mesure 10 c. c. de la solution, on y ajoute quelques gouttes d'une solution aqueuse saturée de méthylorange, puis on laisse s'écouler par filets de la solution de soude normale, en agitant, jusqu'au moment où la couleur rouge qu'a prise le méthylorange vire au jaune. Si le titre est exact, ce point sera
20 TECHNIQUE
atteint lorsque 10 c. c. de solution sodique se seront écoulés; s'il est dépassé, la solution acide est trop concentrée et doit être diluée; s'il n'est pas atteint, la solution est trop diluée et doit être enrichie. Si 40 c. c. d'acide nécessitent 9.4 pour l'apparition du virage de l'indicateur, la solution devra être diluée d'autant de fois 0.6 que la masse contient de fois 10 c. c, c'est-à-dire 60 c. c. par litre.
Pour préparer la solution décinormale, il suffit de mesurer exactement 100 c. c. de la solution normale et de les étendre dans 900 c. c. d'eau.
Préparation de la solution normale de soude. — Elle contient 40 gr. de soude caustique par litre. On se sert, pour la préparer, de soude caustique chimiquement pure que l'on pèse et que l'on dissout dans une quantité suffisante d'eau, et l'on s'assure par titration, au moyen d'acide sulfurique normal, que cette solution a réellement sa valeur normale.
On peut aussi se servir d'une solution plus concentrée : un premier titrage détermine la quantité d'eau qu'il faut ajouter pour atteindre la valeur normale.
indicateurs. Le point de repère dans ces méthodes de saturation est constitué par les changements de couleur que manifestent, en présence d'acides ou d'alcalis, certaines substances indiffé- rentes; ce sont les indicateurs, dont voici les principaux :
1. La teinture de tournesol. — On fait digérer du tournesol finement pulvérisé dans un grand volume d'eau distillée. Après vingt-quatre heures, on décante la solution aqueuse que l'on rejette, et l'on reprend le résidu dans une nouvelle masse d'eau. On laisse macérer pendant vingt-quatre heures : on décante la masse liquide; on la divise en deux parties égales; on ajoute
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 21
à l'une d'elles une quantité d'acide sulfurique dilué suffisante pour la colorer faiblement en rouge; puis on mélange les deux portions.
dette liqueur bleuit par les alcalins et rougit par l'action des acides.
2. Le méthjlorange en solution aqueuse à I °/0o. — Les alcalis le colorent en jaune-citron; les acides minéraux, en rouge- pourpre. Cet index ne peut s'employer qu'à froid.
3. La phéiiolplitaléine en solution alcoolique à */ao reste incolore en présence d'acides et vire au rouge-violet lorsque la réaction devient alcaline. Cet index ne peut s'employer lorsqu'il s'agit de doser des solutions ammoniacales.
4. L'acide rosolique en solution alcoolique à 1 °/0o- — La solu- tion possède une couleur jaune brunâtre; elle vire au rouge violacé en présence d'alcalis.
On peut remplacer les solutions indicatrices par les papiers indicateurs que l'on trouve dans le commerce. L'emploi de ceux-ci restera limité aux déterminations qualitatives plutôt qu'aux recherches quantitatives.
§ 4. Méthodes optiques.
Certaines méthodes physiques rendent à l'analyse chimique des services importants. Ce sont :
1° L'analyse spectrale, qui permet de reconnaître :
a) Les spectres d'absorption qui caractérisent certains pig- ments ;
b) Les raies caractéristiques de certains métaux.
TECHNIQUE
2° La polarisation, qui permet de déceler et même de déter- miner la quantité d'un certain nombre de corps organiques des plus importants.
Analyse
spectrale.
1. Analyse spectrale.
Sans entrer dans les détails de construction des spectro- scopes, nous rappellerons cependant les points principaux de leur construction Tous ces appareils se composent essentielle- ment :
1° D'un collimateur, qui donne aux rayons lumineux entrants une direction parallèle;
2U D'un prisme qui réfracte ces rayons;
3° D'une lunette astronomique qui permet l'examen du spectre et la lecture de l'échelle de celui-ci.
On se sert, en général, dans les laboratoires, du petit spec- troscope à main de Browning, qui suffit amplement pour la détermination des différents niements.
Speclroscope de Browning (
Analyse spcelroscopique îles pigments. — On se sert dans ce but de solutions concentrées, que l'on place dans des récipients spéciaux à parois planes. On dispose l'appareil dételle manière
(') Les clichés d'instruments reproduits dans le texte mont été obligeamment fournis par M. Rob. Drosten, représentant de la maison Schmidt et Haensch de Berlin ; je lui en exprime mes remerciements.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 23
que les rayons lumineux, provenant soit d'une lampe à gaz, soit d'une source lumineuse intruse quelconque, traversent la couche liquide avant de pénétrer dans l'appareil. Un observe alors le spectre obtenu et on le compare au spectre normal. Beaucoup d'instruments sont munis, à cet effet, d'un petit prisme spécial qui projette un spectre comparateur à côté du spectre d'absorption.
On dilue alors la solution à l'aide d'un dissolvant incolore et l'on observe le développement du spectre. Il existe un grand nombre de pigments pour lesquels la dilution met en lumière un spectre discontinu et qui possèdent, pour des régions déter- minées du spectre, un pouvoir d'absorption considérable Comme point de repère qui permette de déterminer la situa- tion et la dimension des raies d'absorption, on se sert dr> raies de Frauenhofer.
Analyse {.pcclroscopique «les cendres. — Un grand nombre de Analyse spec-
iroscopique
métaux qui peuvent se rencontrer dans les tissus et les organes, des tendres possèdent un spectre caractéristique Pour mettre ceux-ci en lumière, il sutlit de calciner le tissu ou un fragment de l'or- gane dans un creuset jusqu'à destruction complète des matières organiques, de récolter quelques parcelles du résidu salin dans un a'illel de fil de platine et de porter celui-ci dans une flamme non éclairante de Bunsen, placée devant le col- limateur du spectroscope.
On peut, a l'aide du prisme comparateur, comparer le spectre normal et le spectre nouveau. On rencontre d'une façon constante la raie du sodium, souvent celle du potassium.
Les métaux que l'analyse spectrale peut facilement déceler sont : le sodium, le potassium, le rubidium, le coesium, le lithium, le didyme, le strontium, le baryum, le calcium, etc.
24 TECHNIQUE
2. La polarisation.
Un grand nombre de composés organiques à poids molé- culaire élevé exercent une déviation sur le plan de la lumière polarisée. Les principaux groupes de corps organiques faisant partie intégrante de nos tissus ou de nos organes qui pos- sèdent ces propriétés, sont : les sucres, les albumines, etc. Parmi ces substances, les unes sont dextrogyres, c'est-à-dire dévient vers la droite la lumière, les autres sont lévogyres, c'est-à-dire font dévier vers la gauche le plan de polarisation. L'intensité de cette action, c'est-à-dire l'angle de déviation, varie pour chaque corps; c'est une propriété particulière de ce corps et caractéristique; elle est proportionnelle au nombre de molécules de ce corps. Il s'ensuit que la détermination exacte de l'angle dont un corps donné fait dévier la lumière polarisée, aura la valeur la plus grande pour la détermination de l'identité du corps, et éventuellement aura une valeur suffisante pour en déterminer la quantité.
Quelle que soit la forme d'instrument à laquelle on s'adresse, il y a, dans l'étude de la polarisation, quelques règles con- stantes à suivre.
1° Il faut que les solutions soient claires, limpides et inco- lores ; une faible coloration jaune n'entrave point la lecture, mais les couleurs rouges et brunes rendent tout essai irréali- sable. Dans ces conditions, il faut avoir recours à l'action des réactifs pour débarrasser la liqueur de l'agent colorant (acé- tate de plomb, noir animal).
2° La source lumineuse est, soit une bonne lampe à huile, soit une llamme incolore de Bunsen, dans laquelle on sus-
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 28
pend une petite corbeille de platine portant une perle de sodium et fournissant ainsi une lumière monochromatique. On entoure la source lumineuse d'une cheminée munie d'une ouverture latérale permettant le passage des rayons lumineux dans l'appareil.
On appelle pouvoir rotatoire d'une substance, le degré de déviation que détermine, pour la lumière du sodium, une solu- tion contenant 1 gramme de substance active pour 1 c. c. d'eau , et observée sous une épaisseur de 1 décimètre. Ou marque le sens de la déviation par le signe -J- s'il s'agit d'un corps dextrogyre, par le signe — si la substance est lévogyre.
Pour déterminer avec précision le pouvoir rotatoire d'une substance, il convient de se servir de la lumière du sodium dont la raie coïncide avec la raie D de Frauenhofer; on le repré- sente par le symbole
(«V
La déviation du plan de polarisation est proportionnelle ;ui nombre de molécules influencées par le rayon de lumière; il convient donc de se servir d'une solution suffisamment riche du corps, et d'en emplir un tube de la plus grande longueur possible. On détermine, à l'aide de l'instrument, la déviation, puis on vide le tube dans une capsule. On rince le tube à l'aide du même dissolvant, on réunit la solution et le liquide de rinçage, on évapore à siccité et l'on détermine par pesée la quantité de substance. On a au préalable déterminé soigneu- sement la capacité du tube, et l'on calcule le pouvoir rota- toire exact à l'aide de la formule
fa
(a)n = ±z —
pi
-<» TECHNIQUE
dans laquelle a est la déviation observée; v la contenance exacte du tube en centimètres cubes ; ;; le poids de la substance active exprimé en grammes, et / la longueur du tube en déci- mètres.
11 existe de nombreux appareils destinés à mesurer l'inten- sité de la déviation que certaines substances exercent sur la lumière polarisée. Nous n'entrerons pas dans le détail de leur description qui se trouve dans tous les traités de physique.
Ces instruments se composent, dans leurs parties essen- tielles :
1° D'un polariseur;
2° D'un tube destiné à recevoir la substance active dissoute dans un dissolvant inactif;
H0 D'un analyseur.
Polarimètre à, pénombre de Laurent.
Le polarimètre à pénombre de Laurent se compose d'un nicol polariseur et d'un nicol analyseur. Entre eux est inter- posée une lame de quartz demi-onde, disposée de telle façon qu'elle corresponde à la moitié d'un diaphragme placé près du polariseur et qui limite les rayons venant de la source lumineuse. Le champ de la lunette est divisé en deux moitiés; la droite laisse passer directement les rayons lumineux tels qu'ils viennent du polariseur; dans la moitié gauche, par contre, les rayons venant du polariseur doivent traverser la lame de quartz susmentionnée. Si la section principale du polariseur est parallèle ou perpendiculaire à l'axe de la lame de quartz, celle-ci restera sans action, et les rayons lumineux passeront avec la même vitesse dans les deux moitiés du champ
\)E CIIIMIK l'IlYSHH.OClOUK.
27
de la lunette et ces deux territoires seront éclairés avec une égale intensit*; ; s'il n'en est pas ainsi, les rayons ne passeront pas avec la même vitesse dans les deux moitiés du champ de la lunette et celui-ci apparaîtra comme deux demi-disques inégalement éclairés.
l'olarimèlre à pénombre de Laurent.
L'analyseur est mobile; on le fait tourner d'une quantité suffisante pour rétablir l'égalité des deux plages lumineuses; on lit cette quantité sur le vernier : elle exprime, selon l'in- strument, soit l'angle de déviation, soit le nombre de grammes de substance active.
Mode d'emploi. — 1° On s'assure le maximum de lumière en visant les parties les plus lumineuses du brûleur.
2° On procède a la détermination du zéro sans regarder la graduation. Si le zéro est atteint, les deux parties montrent des disques paraissant d'un gris jaunâtre absolument identique, et la ligne qui les sépare absolument nette.
Si l'on n'est pas dans la position exacte, les deux parties du
28 TECHNIQUE
disque n'ont pas une similitude parfaite et la ligne de démar- cation qui les sépare est diffuse. On rétablit l'égalité à l'aide des vis de correction. Si l'on corrige dans le bon sens, le côté sombre s'éclaircit et le côté clair s'assombrit. Lorsqu'on a obtenu l'égalité des teintes, on procède à la lecture du vernier. 3° On place dans le tube la solution à étudier. L'égalité d'éclairage est détruite. On la rétablit en tournant le bouton qui commande le nicol analyseur de telle façon que le côté clair s'assombrisse et que le côté obscur s'éclaire. On continue cette manœuvre jusqu'au moment où l'égalité de teinte des deux demi-disques est rétablie et leur frontière nette. Si le vernier a tourné à droite, il s'agit d'un corps dextrogyre ; s'il a tourné vers la gauche, c'est à une substance lévogyre que Ton a affaire.
Polaristroboscope de Wild.
Le polaristroboscope de Wild se compose d'un nicol pola- riseur mobile et d'un nicol analyseur. Un polariscope deSavart, formé de deux lames de spath, est interposé entre l'analyseur et l'œil de l'observateur.
Si les sections principales de ces deux niçois sont parallèles ou perpendiculaires, les rayons lumineux sortant du polari- seur passent avec une même vitesse dans tout le système optique de l'appareil et le champ de la lunette apparaîtra complètement lumineux; par contre, dans toutes les positions intermédiaires des deux niçois, l'un par rapport à l'autre, les rayons ne posséderaient plus la même vitesse dans toute l'éten- due du champ, et dans celui-ci apparaîtront des raies horizon- tales (raies d'interférence).
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
29
Le nicol polariseur est fixé dans un disque métallique dont la circonférence porte une double graduation; la lecture se fait à l'aide d'une seconde lunette.
Polaristroboscope de VVild.
Mode d'emploi. — 1° Il faut diriger l'instrument vers le point le mieux éclairé, et où la lumière est le plus homogène.
2° L'observateur règle par tirnge la mise au point jusqu'au moment où la croisée des fils atteint son maximum de visi- bilité.
On détermine le zéro en modifiant la position du polari- seur au moyen d'un bouton ; lorsque le zéro est atteint, c'est-à-dire lorsque les axes principaux du polariseur et de
30 TECHNIQUE DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
l'analyseur coïncident ou sont perpendiculaires, le champ est dépourvu de franges.
3° On interpose la substance active; les franges reparaissent et l'on rétablit le zéro, c'est-à-dire que l'on corrige la position relative des deux niçois. On lit sur l'alidade l'angle de dévia- tion. 11 importe de ne pas se borner à une lecture unique, mais de procéder à une dizaine de lectures, et d'en prendre la moyenne.
Calcul de l'analyse. — L'expérience démontre que si l'on examine la substance active sous une épaisseur de 200 milli- mètres, un degré de déviation correspond à 9g'.92 de glucose; si l'on se sert d'un tube de 400 millimètres, un degré corres- pond à 9.92 X 2 = 19er.84.
Pour calculer la quantité de glucose d'une solution sucrée, on multiplie la déviation obtenue par le facteur 9.92.
Exemple : Soit pour un tube de 200 millimètres une déviation de 2°.5, on trouvera la concentration au moyen du calcul sui- vant :
2°.5 x 9.92 = 24er.80 °/oo.
CHAPITRE II.
LA SALIVE. — DIGESTION SALIVAIRE.
La salive est formée par le mélange des sécrétions des glandes parotide, sublinguale et sous-maxillaire. C'est an liquide incolore, légèrement opalescent, d'aspect trouble, pos- sédant une réaction franchement alcaline.
La salive renferme des sels (sels de chaux et sulfocyanure de potassium) qui suffisent a la caractériser, de la mucine et un ferment transformant l'amidon et les dextrines en sucre.
Sulfocvanure de potassium. — Il existe d'une façon constante Sulfocyanure
de polassiutn.
dans la salive et suffit, par sa présence, à caractériser cette sécrétion.
On reconnaît la présence du sulfocyanure à la réaction sui- vante : on acidifie le liquide à l'aide de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, puis on y ajoute goutte à goutte du perchlorure de fer. Le liquide prend alors une teinte rouge-sang caractéris- tique, due à la formation de sulfocyanure de fer.
Mucine. — On reconnaît la mucine aux caractères suivants : Mucine lu On ajoute quelques gouttes d'acide acétique concentré à
10 c. c. de salive filtrée; la mucine se précipite sous la forme
de flocons insolubles dans un excès d'acide;
32 TECHNIQUE
2° On précipite la mucine par addition d'un excès d'alcool ; on filtre, on lave à l'alcool, puis à l'éther. On reprend ensuite le précipité, sur le filtre, par l'eau alcalinisée. Ce résidu donne la réaction du biuret, c'est-à-dire qu'il prend à froid une cou- leur rose-violet en présence de soude caustique et de quel- ques gouttes d'une solution diluée de sulfate de cuivre;
3° L'ébullition de la mucine avec de l'acide sulfurique dilué dédouble la mucine en une substance protéique et en un corps du groupe des sucres qui réduit la liqueur de Trommer.
On porte à ébullition 10 c. c. de solution de mucine acidifiée d'acide sulfurique; après refroidissement, on neutralise à l'aide de soude caustique; on ajoute quelques gouttes d'une solution diluée de sulfate de cuivre et l'on porte le mélange à l'ébul- lition ; le sulfate se réduit à l'état d'oxyde rouge.
iMyaline. La ptyaline. — La digestion artificielle de l'amidon est le
meilleur moyen de déceler la présence de ce ferment.
On soumet quelques centimètres cubes (10) d'empois d'ami- don à l'action de 1 c. c. de salive; on met à l'étuve à 40° envi- ron. Après quelque temps, la liqueur s'éclaircit et les carac- tères chimiques qu'elle présentait ont changé.
L'empois d'amidon qui, avant l'action de la salive, virait au bleu par addition de quelques gouttes de bi-iodure de potas- sium, prend sous l'influence du même réactif une teinte d'un rouge plus ou moins prononcé, qui disparaît à chaud pour reparaître par refroidissement; en outre, la liqueur, primi- tivement inactive sur les solutions cupro-alcalines, renferme un sucre fermentescible que nous caractériserons plus bas et qui réduit la liqueur de Trommer.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 33
Produits de la digestion salivaire.
Un pèse environ "20 grammes d'amidon que Ton fait bouillir Digestion avec environ 1 litre d'eau; puis on laisse refroidir à 40°. On ajoute environ 20 c. c. de salive; on mélange bien et on laisse séjourner a l'étuve pendant deux à trois heures. L'empois opaque sVst éclairci au bout de ce temps, et les caractères qu'il pré- sentait ont disparu pour faire place à des propriétés nouvelles.
L'empois d'amidon est opaque; il se colore en bleu-violet intense en présence de bi-iodure de potassium ; il ne réduit pas la liqueur de Fehling ni la liqueur de Trommer. Lorsque la digestion s'est opérée, le bi-iodure de potassium appelle une coloration rouge-acajou, ou bien, si la digestion est sutli- samment avancée, ce réactif ne détermine plus aucune colo- ration. En outre, le liquide réduit plus ou moins abondam- ment la liqueur de Fehling et la liqueur de Trommer et four- nit la réaction de la phénylhydrazine.
L'action du ferment a transformé l'amidon insoluble en deux groupes de produits nouveaux : dextrine et maltose.
On pourra facilement séparer ces divers produits l'un de l'autre en suivant la marche ci-après :
Schéma do la marche a suivre.
Amidon digéré. On filtre : J
r 1
Résidu d'amidon Liquide légèrement opalin :
non transformé. dextrine et maltose,
additionné d'excès d'alcool.
L
r i
Précipité Filtratum clair
de dextrine. renfermant la truiltose.
3
34 TECHNIQUE
Dextrine. Dextrine. — On la caractérise par les réactions indiquées ci-dessus : elle se colore en rouge-acajou par le bi-iodure de potassium. Cette coloration s'atténue par la chaleur pour reparaître par refroidissement. Insoluble dans l'alcool qui la précipite de ses solutions, elle se dissout facilement dans l'eau. On y distingue plusieurs variétés parmi lesquelles nous ne mentionnerons que les deux groupes :
a) L'érythrodextrine : coloration acajou par l'iode; précipi- tation par l'alcool ; ne réduit pas la liqueur de Trommer;
j3) L'achroodextrine : pas de coloration par l'iode; précipi- tation par un excès d'alcool.
Maiiose. Mnltose. — C'est une variété de sucre appartenant au groupe
des bioses. Après que l'on a séparé les dextrines, on évapore l'alcool, puis on recherche dans la dissolution aqueuse la présence de la maltose.
1. La liqueur de Trommer : En présence de soude caus- tique, la solution sucrée dissout le sulfate de cuivre; la solu- tion prend une teinte bleu céleste. L'ébullition réduit le sul- fate de cuivre à l'état d'oxyde ou d'oxydule jaune ou rouge qui se précipite.
2. Réaction de la phénylhydrazine : On dissout quelques gouttes de phénylhydrazine dans la solution sucrée; on y ajoute quelques gouttes de solution diluée d'acide acétique (à 50 %). On agite, on filtre, puis on chauffe au bain-marie pendant une demi-heure et on laisse refroidir.
Le refroidissement fait précipiter l'osazone de la maltose. Celle-ci se présente sous forme de petits cristaux jaunes, minces, réunis en houppes, insolubles dans l'eau froide et solubles dans l'eau bouillante. Leur point de fusion est 205°.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 38
Action des acides sur la fermentation salivaire.
Les acides exercent une grande influence sur la fermenta- tion salivaire. La présence d'un acide minéral libre (acide chlorhydrique) ou d'un acide organique (acide lactique) suffit à arrêter l'action de la ptyaline.
On prépare de l'empois d'amidon à 5 % (10 c, c.) que l'on additionne de 5 c. c. de solution chlorhydrique a 0.2 °/0 et de 1 c. c. de salive. On place dans l'étuve à 39° pendant vingt- quatre heures et l'on recherche, au bout de ce temps, la pré- sence des produits de transformation de l'amidon (dextrines et sucres).
A cet effet, on alcalinise une partie de la solution (2 c. c. environ) et l'on soumet à l'action du réactif de Trommer; une autre portion (5 c. c.) est réservée à l'essai de la phénylhydra- /ine, et dans les portions restantes on recherche la réaction de l'iode.
La réaction de Trommer est négative, c'est-a-dire que la solution ne renferme point de sucre; il en est de même de la réaction de la phénylhydrazine. Quant à la réaction de l'iode, elle est en général négative, c'est-à-dire qu'elle colore en bleu la solution; parfois une légère teinte violacée apparaît.
On fait une expérience de contrôle, sans addition d'acide, qui donne les résultats mentionnés plus haut.
CHAPITRE III.
LE SUC GASTRIQUE. — LA DIGESTION GASTRIQUE.
§ 1. — Le suc gastrique.
Si l'on ouvre l'estomac en dehors du temps de la digestion, on constate sur la paroi la présence d'un liquide plus ou moins abondant, de réaction alcaline : le mucus. Pendant la digestion, au contraire, la muqueuse est rouge, turgescente; elle sécrète un liquide abondant, de réaction fortement acide : le sur gastrique.
L'acidité du suc gastrique peut dépendre de trois facteurs qui s'associent : l'acide chlor hydrique, l'acide lactique et enfin des sels acides.
Recherche de lacide chlorhydrique libre. I. Réaction de Gi'insluirg. — On obtient ce réactif en dissol- Réaction
de (lUnsburg.
vant 1 gramme de vanilline, 2 grammes de phloroglucine dans 100 grammes d'alcool.
On verse 2 ou 3 c. c. du suc à analyser dans une capsule, on y ajoute deux, ou trois gouttes du réactif et l'on chauffe sur une petite flamme en agitant sans cesse le mélange.
38 TECHNIQUE
Le résidu de l'évaporation prend, en présence de l'acide chlorhydrique, une couleur rouge vif; en l'absence d'acide, une coloration brunâtre. Cette réaction est d'une sensibilité exquise et ne se produit pas même en présence de fortes pro- portions d'acides organiques.
Tropéoiine. 2. La tropéoline. — On emploie la tropéoline 00 en solution à 0.25 °/00.
On opère comme pour la réaction précédente.
On prélève quelques centimètres cubes de suc gastrique que l'on verse dans une capsule, on y ajoute quelques gouttes de solution de tropéoline et l'on chauffe sur une petite flamme en agitant sans cesse le mélange. La présence d'acide chlor- hydrique se révèle par l'apparition de stries colorées sur la paroi de la capsule, ou d'un résidu d'un bleu-pourpre ou violet intense.
L'acide lactique en solution assez concentrée fournit la • même réaction.
On peut employer aussi le papier à la tropéoline; ce papier ne possède pas la même sensibilité que la réaction même.
Kouge Congo. 5. Le ronge Congo s'emploie, comme la tropéoline, en solution ou sous forme de papier imprégné de la matière colorante.
On verse dans un tube à essai quelques centimètres cubes du suc à analyser, puis on y ajoute quelques gouttes d'une solution faible de rouge Congo. La liqueur prend instantané- ment une couleur bleu-azur.
L'acide lactique opère aussi le virage du rouge Congo. Le papier Congo que le commerce fournit, présente les mêmes propriétés que la solution. Il vire au bleu pour une propor-
DE CHIMIE PBY8I0L0GIQ1 B. 39
tion trt's faible d'acide chlorhydrique; mais l'acide lactique concentré le bleuit aussi.
4. Le violet de méllivle s'emploie en solution faible (0.5 %0). Viole»
de métbyle. On verse dans un tube à essai quelques centimètres cubes
de suc gastrique, on ajoute quelques gouttes de violet de métbyle. En présence d'acide chlorhydrique, la teinte de la liqueur change, passe au bleu vif. Un grand excès d'acide décolore la liqueur ou la fait virer au vert.
Les acides organiques, quand ils sont suffisamment concen- trés, opèrent le même virage.
5. Le vert brillant s'emploie en solution aqueuse très étendue Veri brillant. (0.5 %o).
La réaction s'obtient comme, la précédente ; la solution est d'un bleu pâle; elle vire au vert foncé en présence d'acide chlorhydrique. Les acides combinés aux albumines opèrent
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aussi le virage. |
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6. La résorcine. — Le réactif possède |
la composition sui- |
Résorcine, |
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vante : |
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Résorcine resublimée |
5.0 gr. |
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Saccharose |
3.0 gr. |
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Alcool dilué |
100.0 gr. |
On verse quelques centimètres cubes de suc gastrique dans une capsule, on y ajoute de trois à cinq gouttes du réactif et l'on chauffe prudemment sur une petite flamme; on obtient, en présence d'acide chlorhydrique, une coloration rouge- cinabre, semblable à celle que donne la phloroglucine-vanil-
40 TECHNIQUE
line, et qui disparaît par le refroidissement; les acides orga- niques ne donnent pas la réaction.
Ces réactions possèdent une grande sensibilité; néanmoins, on accordera la plus grande valeur à la réaction de la phloro- glucine-vanilline et à la réaction de la résorcine; les autres réactions possèdent plutôt une valeur de contrôle.
Toutes ces réactions sont sous la dépendance immédiate de la richesse du suc gastrique en albumines dissoutes. On sait que toutes les substances albumineuses ont une grande avidité pour les acides, soit qu'elles forment avec eux des composés définis, soit qu'il y ait simplement un mélange très intime. Dans ces conditions, il devient difficile de déceler la présence de Yacide qui est dit combiné. La dialyse, la distillation ne per- mettent pas de réaliser la séparation. Il faut recourir à cet effet à la méthode de l'analyse capillaire.
Voici en quoi consiste cette méthode.
Analyse Si l'on fait traverser à un mélange de corps, ayant des gran-
capillaire.
deurs moléculaires différentes, un système capillaire, le corps
dont la molécule est la plus petite passera le plus facilement et apparaîtra en premier lieu. La différence considérable de grandeur de la molécule d'acide chlorhydrique et d'albumine permet d'espérer que celle-là aura moins de difficulté à s'élever dans un système capillaire.
Si on plonge dans un suc gastrique renfermant de l'acide combiné des bandes de papier suédois et que, après un certain nombre d'heures, on débite ces bandes en tranches, les bandes supérieures, imprégnées de phloroglucine-vanilline, rensei- gnent la présence d'acide chlorhydrique libre, que le même réactif ne décelait point dans le liquide soumis à l'analyse.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUB. 41
Recherche de l'acide lactique dans le suc gastrique.
Il est facile de reconnaître la présence de ce corps dans le suc gastrique.
1. Itéaction d'UiTcliiianii. — Le réactif d'Ulfelmann s'obtient Réaction
Il ll'Hlllaill).
en faisant Le mélange suivant : 20 c. c. d'eau distillée, 10 c. c. A'wnv solution phéniquée a 4% et deux gouttes d'une solu- tion de perchlorure de fer. On obtient ainsi une liqueur d'une couleur améthyste qui ne se conserve pas, même à l'abri de la lumière, et qui vire au jaune-citron ou au jaune-canari sous l'action de l'acide lactique.
Le réactif ne reste pas indifférent en présence d'acide chlor- hydrique qui le décolore et fait passer la teinte primitive au ^ris ; les phosphates, les lactates et des substances alimentaires, sucres, etc., peuvent aussi opérer le virage.
i. Réaction «le Boas. — Si l'on oxyde prudemment une Réaction solution d'acide lactique, l'acide se transforme en donnant naissance à de l'aldéhyde et de l'acide formique. La formule suivante nous montre cette réaction :
CH* — CH0H-G00H - CH'CHO + CH00H
Acide lactique. Aldéhyde. Acide
formique.
Si l'oxydation est trop intense, les produits de la réaction sont autres et l'aldéhyde ne prend plus naissance, ainsi que l'établissent les formules suivantes :
CIP — CHOH — C00H + 20 = CH5 — C00II + CO2 + H«0
Acide acétique.
42 TECHNIQUE
On prélève 20 c. c. environ de suc gastrique, on y ajoute 5 c. c. d'acide sulfurique pur, quelques centigrammes de per- manganate de potassium; on dilue faiblement et on distille. Dans le distillât, on recherche la présence de l'aldéhyde par la réaction suivante :
On alcalinise les premiers centimètres cubes qui passent à la distillation par de la soude caustique, on ajoute 1 c. c. environ d'une solution de bi-iodure de potassium le long de la paroi, de façon que les liquides se superposent sans se mélanger. En présence d'aldéhyde, il se forme, au point de contact des deux liquides, un anneau blanc d'iodoforme. On reconnaît ce corps à son odeur caractéristique et à la forme microscopique de ses cristaux (étoile hexagonale).
Extraction 3. Extraction de l'acide lactique. — On prélève environ de
l'acide lactique. 50 c. c. de suc gastrique, on agite deux fois avec une quantité
égale d'éther sulfurique dans un entonnoir à robinet; on sépare, on laisse évaporer l'éther, on reprend le résidu dans J> c. c. d'eau et l'on soumet soit à la réaction d'Uffelmann, soit à la réaction de Boas, soit à la préparation des sels inso- lubles d'acide lactique (lactate de zinc ou baryum).
Lactate de zinc 4. Lactate de zinc. — On porte à l'ébullition 10 c. c. du suc gastrique, on filtre pour séparer le coagulum d'albumine, on ajoute au filtratum une petite portion de carbonate de baryum et on évapore au bain-marie a consistance sirupeuse. On reprend cette masse sirupeuse à plusieurs reprises avec de L'alcool absolu, on laisse reposer pendant quelque temps et Ton filtre. On réduit le filtratum au bain-marie a un petit volume, on acidulé à l'aide de quelques gouttes d'acide sul-
I)K CHIMIE l'MYSIOl.OUUI B.
W
furique dilué el Ton agite à plusieurs reprises dans l'enton- noir a robinet avec de l'éther.
On laisse reposer jusqu'à séparation nette (1rs deux liquides, on récolte, la solution éthérëe, on chasse l'éther et l'on reprend le résidu acide par l'eau, en y ajoutant du carbonate de zinc
Lactate de zinc.
fraîchement précipité; puis on porte à l'cbullition, on filtre et l'on réduit à un faible volume.
Le refroidissement produit déjà la cristallisation du lactate de zinc en prismes rhombiques isolés ou agglomérés en houppes.
Ce sel est peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau chaude, insoluble dans l'alcool; il renferme 18.18% d'eau, teneur en eau qui suffit à caractériser ce corps.
44 TECHNIQUE
Recherche des sels acides.
L'acidité du suc gastrique peut aussi dépendre de la pré- sence de sels acides. Léo a indiqué une méthode permettant de déceler la présence de ces sels.
Méthode de Léo Méthode de Léo. — Le principe de la méthode est que le carbonate de chaux neutralise à froid les acides libres, tandis qu'il reste inactif en présence de phosphates acides de potas- sium ou de sodium. Si donc on neutralise du suc gastrique à l'aide de carbonate de calcium, et que la réaction perde son acidité, on sera fondé à admettre l'absence de sels acides. Si l'acidité persiste, il sera permis de conclure à la présence de sels acides, les acides libres s'étant combinés au carbonate de calcium.
On prélève donc 10 c. c. de suc gastrique filtré, on y ajoute de la solution de chlorure de calcium à o °/0, puis on détermine le titre acidimétrique de cette solution.
On prélève une nouvelle portion de suc, on la mélange avec quelques grammes de carbonate de calcium en poudre et l'on filtre. On fait barboter de l'air dans le filtratum pour chasser l'acide carbonique qui s'est formé pendant la réaction, on ajoute de la solution de chlorure de calcium et l'on titre à l'aide de la solution sodique.
Ces deux analyses donnent- elles des résultats différents, on admettra la présence de sels acides et, dans ce cas, on con- naîtra la richesse du suc en acide libre.
DE CHIMIE PHY8I0L0GIQ1 B. '»•>
Dosage de l'acide chlorhydrique du suc gastrique.
Il existe de nombreux procédés permettant de déterminer la quantité de l'acide du sue gastrique; nous n'indiquerons que les principaux, c'est-à-dire ceux qui permettent d'obtenir des
renseignements cliniques utilisables.
I. Acidimétrie. — Nous avons exposé dans le deuxième Cha- acidimétrie. pitre de cet ouvrage (p. 31) la théorie sur laquelle repose l'acidimétrie ainsi que les règles à suivre pour la confection des liqueurs titrées. Nous n'y reviendrons pas.
L'emploi de cette méthode renseignera le degré d'acidité que possède le suc gastrique, sans spécifier la nature des agents qui lui communiquent cette acidité.
On mesure exactement 10 c. c. du suc à analyser à l'aide de la pipette; on y ajoute deux ou trois gouttes d'une solution de méthylorange, ou bien d'une solution d'acide rosolique, et on laisse prudemment et goutte h goutte couler la solution déci- normale de soude, jusqu'au moment où le virage de Tin 1 i- cateur indique le point de neutralisation du liquide. L'acide rosolique rougit par les alcalis, le méthylorange est rouge en présence d'acide et prend, en présence d'alcalis, une colora- tion jaune.
Le nombre de centimètres cubes de la solution décinor- malede soude qu'exige la saturation de l'acide dissous, exprime la quantité de cet acide. Par exemple, si 10 c. c. de suc néces- sitent l'emploi de 12. 5 c. c. de solution décinormale de soude, on établira que cette quantité renfermait 12.5 x 0.00365 = 0.0456 HC1; soit 4.56 par litre.
46 TECHNIQUE
Celle mélhode est d'une technique facile; elle ne nécessite qu'un temps très court. Mais elle a l'inconvénient de ne four- nir que des renseignements grossiers; elle fait calculer sous le nom d'acide chlorhydrique, l'acide libre, l'acide combiné aux substances proléiques, l'acide lactique, les sels acides et tous les acides de fermentation dont la pathologie nous révèle l'existence dans les stases gastriques.
2. Méthode de Sjbqvist, modifiée par v. Jakscli. — Principe de la méthode. — Si l'on traite le suc gastrique par du carbonate de baryum bien pur et que l'on calcine le mélange, l'acide chlorhydrique se combine à l'état de chlorure de baryum soluble dans l'eau et résistant à la calcination; les autres acides forment des sels insolubles et se décomposent à la chaleur. 11 est, dès lors, facile d'isoler le chlorure de baryum, de doser la quantité de métal contenue dans la solution et de déduire par le calcul la quantité de chlore auquel il était combiné.
Technique. — On neutralise exactement par du carbonate de baryum 10 c. c. de suc gastrique additionnés de quelques gouttes de teinture de tournesol. On évapore la masse à sic- cité. On incinère le résidu, on le calcine à feu nu; on laisse refroidir les cendres ; puis on fait plusieurs extraits de celles-ci à l'aide d'eau distillée chaude jusqu'au moment où l'addition d'une goutte d'acide sulfurique dilué ne détermine plus la formation de précipité; on filtre et l'on réduit par évaporation à un volume moindre (50 c. c).
Tout le chlore libre, le chlore combiné aux albumines a pris la forme de chlorure de baryum que l'eau distillée entraîne.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. il
On acidifie la liqueur à l'aide de quelques gouttes d'acide chlorhydriqueu on porte dans un verre de Bohême et Ton chauffe jusqu'à près de l'ébullitioD ; on y ajoute quelques cen- timètres cubes d'acide sulfuriquc dilué, également chauffé.
On continue alors la chauffé au bain-marie jusqu'à ce que le précipité de sulfate de baryum se soit bien rassemblé au fond du vase; puis on filtre a travers un filtre de papier sué- dois, en y rassemblant soigneusement tout le précipité; on lave à l'eau jusqu'à ce qu'il ne passe plus ni chlorures ni acide sulfurique (on s'assure qu'il en est ainsi au moyen du nitrate d'argent et du chlorure de baryum); on lave à l'alcool absolu, a l'éther. On porte alors le filtre et son contenu dans un creuset; on chauffe lentement d'abord, puis plus vivement à feu nu, on laisse refroidir dans une atmosphère d'acide sul- furique et l'on pèse.
Une molécule de sulfate de baryte, c'est-à-dire une molécule de baryum, correspond à deux molécules d'acide chlor- hydrique. Pour trouver la quantité d'acide chlorhydrique, on établit la proportion suivante :
233 : 73 : : 0.052 : X,
(p. m. du (p. m. de (quantité
S0*Ba) 2 mol. HC1) suif, de baryte
d'où
ou
pesée)
73 x 0.032 x = — = 0.01o3 ,
AÔO
0.1(33 o/oHCl.
Salkowsky a recommandé, pour simplifier le procédé, de faire un simple dosage du chlore contenu dans le chlorure de baryum. Il préconise l'emploi de la méthode de Volhardt (voir ci-dessous).
48 TECHNIQUE
5. Méthode de Lûllkc. — Principe de la méthode. — Le chlore existe dans le contenu gastrique sous forme d'acide chlorhy- drique libre, sous forme d'acide chlorhydrique combiné à des matières organiques, sous forme de chlorures (de potassium, de sodium, de calcium). Un simple dosage de chlore ren- seigne cette valeur, à laquelle on donne le nom de chlore total.
Un deuxième dosage, fait après calcination, exprime la quantité de chlore associé aux métaux.
En effet, la calcination d'une combinaison organico-chlor- hydrique détermine la combustion complète de la matière organique, et l'expulsion sous forme gazeuse de l'acide chlor- hydrique engagé dans cette combinaison ; au contraire, la cal- cination du chlore combiné aux bases alcalines est impuis- sante à déterminer la décomposition des chlorures et à libérer le chlore engagé dans la combinaison.
La différence entre le chlore total et le chlore métallique représente l'acide chlorhydrique.
Solutions nécessaires pour le dosage du chlore :
1° Solution décinormale de nitrate d'argent. — On dissout 17 grammes de nitrate d'argent pur et cristallisé dans une quantité suffisante d'eau distillée que l'on acidifie à l'aide de 25 % d'acide nitrique chimiquement pur et l'on dilue pour faire i litre.
2° Solution décinormale de mlfocyanure d'ammonium renfer- mant 7k'.6 de sel au litre. — On dissout 8 grammes environ de sel dans 1 litre d'eau distillée, et l'on rectifie la dilution par titrage en présence de la solution décinormale d'argent.
10 c. c. de la solution 2 — 10 c. c. de la solution 1.
3° Comme index, une solution d'alun ferrique. — La liqueur prend, en présence de sulfocyanure, une coloration rouge due à la formation de sulfocvanure de fer.
DE CHIMIE IMIYS10L0CIQUE. 49
Teclinique de la méthode :
<t) Dosage du chlore total. — On mesure, a l'aide d'un bal- Doi Ion j;iugé, 10 c. c. du contenu gastrique bien mélangé et non chlore total. filtré. Un transvase cette quantité dans un ballon jaugé de 100 c. c, on lave soigneusement et à plusieurs reprises le premier récipient et on réunit les eaux de rinçage au suc gas- trique.
On ajoute à cette quantité 20 c. c. de la solution décinor- male de nitrate d'argent, on remplit le ballon jusqu'au niveau du trait de jauge, on agite, puis on laisse reposer pendant une dizaine de minutes. On filtre sur un filtre sec pour sépa- rer le précipité de chlorure d'argent et on recueille le filtra- tum dans un vase sec. On prélève 50 c. c. de ce mélange qui représente 5' c. c. de suc gastrique et l'on détermine, à l'aide de la solution de sulfocyanure, la quantité d'argent restée en solution.
Cette quantité est égale à la somme que l'on obtient en sous- trayant du nombre de centimètres cubes de solution argen- tique (20), le nombre de centimètres cubes de sulfocyanure employé X 2, et représente la totalité du chlore contenu dans les 10 c. c.
b) Dosage du chlore combiné aux hases. — On évapore à siccité, D>
du
prudemment, au bain de sable, 10 c. c. du contenu gastrique; chlore combiné
aux hases.
puis on calcine au rouge sombre, jusqu'au moment où le charbon ne brûle plus.
Il faut éviter une calcination trop intense, car elle décom- pose les chlorures et met en liberté le chlore.
Après refroidissement, on triture le charbon avec un peu d'eau, on le lave soigneusement et l'on étend la solution à
4
50 TECHNIQUE
100 c. c. On filtre, on ajoute à la liqueur 10 c. c. de solution de nitrate d'argent; on filtre de nouveau et Ton détermine, à l'aide de la solution de sulfocyanure, la quantité d'argent restée en solution.
La différence du nombre de centimètres cubes de la solution d'argent (10) et de la solution de sulfocyanure employé exprime la quantité d'argent restée en solution, c'est-à-dire la quantité de chlore métallique contenue dans 10 c. c.
En soustrayant ce dernier résultat du premier résultat obtenu et en multipliant ce résultat par 0.00365, on obtient la quantité d'acide chlorhydrique.
Méthode 4. Mélliode de Toe|ifer. — Toutes les méthodes que nous
de Tûepfei".
venons de décrire ont l'inconvénient d'exiger un outillage complet, tel qu'on n'en trouve que rarement dans les cliniques médicales, et de nécessiter un temps qui ne s'accommode guère aux exigences de la clinique.
Principe de la méthode. — La méthode de Toepfer repose sur la différence de sensibilité de différents indicateurs, soit en présence d'acides minéraux libres, soit en présence d'acides combinés, soit en présence d'acides organiques.
Ces indicateurs sont :
1° Le diméthylamidoazobenzol , qui passe du jaune au rouge en présence de traces d'acide chlorhydrique. Les acides orga- niques ne produisent ce virage qu'en solution assez concentrée et, en présence d'acide organique, d'albumine et de peptone, le virage fait totalement défaut. Ces qualités font de cet indi- cateur un agent très délicat de recherche de l'acide chlorhy- drique libre.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 51
2° La phénolphtaléine, sensible à tout facteur acide et, l'in- conséquent, bon agent de recherche de l'acidité totale.
H" L'alizarine, sensible à tous les facteurs d'acidité, excepté l'acide chlorhydrique combiné a l'albumine.
Technique de la méthode. — On prélève donc 10 c. c. du sue à analyser, on y ajoute quelques gouttes de la solution de phénolphtaléine et on y laisse couler goutte à goutte de la solution décinormale de soude caustique jusqu'au moment où. l'acidité est neutralisée, moment qu'indique le virage de la solution vers le rouge. On note la quantité de centimètres cubes nécessaire pour cette neutralisation. Cette valeur exprime l'acidité totale calculée en acide chlorhydrique.
On fait une deuxième analyse acidimétrique semblable à la précédente, en remplaçant la phénolphtaléine par quelques gouttes d'une solution d'alizarine. On note la quantité de soude nécessaire pour produire le virage de la solution au rouge. La différence entre l'analyse n° 1 et l'analyse n" "2 exprime en acide chlorhydrique la quantité d'acide combiné.
Par exemple : Dans un mélange comprenant 30 c. c. d'une solution à 0.5 °/o d'albumine de l'œuf; 10 c. c. d'une solution d'acide chlorhydrique ; lU normal , c'est-à-dire 0.9 °/0 HC1 : 10 c. c. d'eau distillée.
La titration nous donne les valeurs suivantes pour 5 c. c. du mélange :
a) Phénolphtaléine : La neutralisation exige 2.85 c. c. de solution décinormale de soude caustique;
b) Alizarine : La neutralisation exige 2.6 c. c. de solution décinormale de soude caustique.
La différence entre a et b — 0.2o c. c. de solution déci- normale de soude, c'est-à-dire 0»r.018 °/0 d'acide chlorhydrique combiné.
52 TECHNIQUE
On fait alors une troisième analyse acidi métrique semblable aux deux précédentes en prenant comme indicateur quelques gouttes de la solution de diméthylamidoazobenzol. On note le nombre de centimètres cubes de solution décinormale de soude nécessaire pour produire le virage du rouge au jaune. Cette quantité exprime la valeur en acide chlorhydrique libre.
Reprenons notre exemple :
c) Diméthylamidoazobenzol : La neutralisation de S c. c. de la solution exige 2.3 c. c. de solution décinormale de soude caustique, c'est-à-dire 0.00839, soit 0.168 °/o.
En additionnant l'acide libre et l'acide combiné : 0.168 -\- 0.018 = 0.186 o/o d'HCl.
Le calcul théorique donne 0.1824%.
L'avantage de cette méthode est de réduire les opérations à trois recherches acidimétriques, faciles à faire et ne deman- dant qu'un laps de temps très court.
Méthode 5. Méthode de Minlz.
île Mintz.
Principe de la méthode. — On neutralise, à l'aide de soude caustique, tout l'acide libre contenu dans le suc gastrique, c'est-à-dire jusqu'au moment où la réaction de Gùnsburg y donne un résultat négatif.
Technique. — On mesure, à l'aide de la pipette, 10 c. c. de suc gastrique et on y laisse s'écouler goutte à goutte de la solution décinormale de soude caustique; de temps à autre on prélève une goutte du mélange; on y ajoute une goutte de réactif de Gùnsburg et on chauffe prudemment sur une petite flamme; si la réaction est positive, c'est-à-dire si le résidu
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 53
prend une coloration rouge vif, l'acide libre n'est pas encore complètement saturé et il faut continuer la neutralisation; si la réaction est négative, il faut s'assurer, par un deuxième essai, que l'on n'a pas dépassé le point voulu.
On calcule facilement la quantité d'acide libre; on multiplie 0.003G5 par n, le nombre de centimètres cubes employé pour atteindre la neutralisation de l'acide libre.
Recherche de la pepsine dans les vomissements. On prend 10 à 20 c. c. de matières vomies, on y ajoute Recherche
de la pepsine
10 c. c. d'une solution d'acide chlorhydrique a 0.2 %; on y «lans les
vomissements.
laisse tomber un petit flocon de fibrine lavé ou bien un petit cube de blanc d'œuf coagulé; on porte le mélange à 40" au bain-marie et on prolonge cette action pendant quelques heures. Le suc normal digère la fibrine en une demi-heure; l'action est plus lente pour le cube de blanc d'œuf.
La présence de la pepsine se manifeste par la dissolution complète de l'albumine et par la formation de peptone.
Certains corps, tels que les gommes et les sucres, peuvent entraver la digestion. H suffit pour s'en assurer de faire l'expé- rience suivante : On prépare trois ballons renfermant chacun une vingtaine de centimètres cubes du suc à analyser; à l'un d'eux, on ajoute une solution de sucre; à l'autre, une solution de gomme arabique, et on laisse le troisième intact; on y ajoute quelques flocons de fibrine et l'on met à l'étuve. On compare facilement la rapidité de formation de la peptone. La même méthode est valable pour apprécier le pouvoir digestif des échantillons de pepsine livrés par le commerce.
Nous indiquons plus loin la méthode à suivre pour la recherche de la peptone.
34 technique
§ 2. — Etude des produits de la digestion.
L'albumine subit par l'action du suc gastrique, agissant à la température du corps, de profondes modifications. Ces modi- fications comportent la transformation de l'albumine inso- luble, peu diffusible et non dialysable, en des substances solubles, diffusibles et qui traversent facilement les membranes organiques, capables, par conséquent, de traverser la paroi gastrique et d'atteindre les vaisseaux absorbants du réseau de la veine porte.
La nature intime de cette transformation n'est pas encore éclaircie et l'accord n'est pas établi d'une façon définitive sur le point de savoir si ces corps constituent des substances autres que l'albumine ou bien s'ils ne sont pas simplement une modification de l'état physique de celle-ci.
Si l'on met de la fibrine à digérer, en présence de suc gas- trique artificiel, on constate tout d'abord que la fibrine se gonfle fortement, que les bords des flocons deviennent moins opaques et qu'après un temps variable (une demi-heure à quel- ques heures) elle se dissout. On obtient alors un liquide jau- nâtre, louche, dans lequel nagent quelques débris qui résistent indéfiniment à l'action du suc gastrique.
Préparation du suc gastrique artificiel.
Snc gastrique 11 suffit de préparer une solution d'acide chlorhydrique artificiel. , n n , ., , . .
a 0.2 % et d y ajouter de la pepsine du commerce.
On peut aussi extraire le ferment de l'estomac du porc fraî- chement tué. On ouvre l'estomac, on l'étend sur une plan-
DE CHIMIE PHY8I0L0G1Q1 i.. 00
chette avec la lace péril laie contre le bois, on rince la
muqueuse à grande eau, puis on la dissèque soigneusement. On hache cette muqueuse, puis on la fait macérer pendant vingt-quatre à quarante-huit heures dans un litre d'eau aci- dulée de 8 à 10 c. c. d'acide chlorhydrique. La solution com- prend alors à peu près 0.2 " » d'acide. Le lendemain, on décante, on filtre à travers un linge tin, on fait un second, puis un troisième extrait que l'on réunit au premier.
Digestion artificielle.
Toute substance albuminoïde, le blanc d'œuf, la fibrine du Digestion ... . . . , . .T artificielle.
sang, la chair musculaire, convient pour cette opération. IVous
employons généralement la fibrine.
On lave sous un courant d'eau 200 grammes de fibrine jus- qu'à ce que toute trace de sang ait disparu, on exprime l'eau et l'on introduit la fibrine dans un ballon bien lavé. On ajoute alors 1 */g litre de suc gastrique artificiel, on bouche le flacon à l'aide d'un tampon d'ouate et on le met à l'étuve chauffée à 37 ù 40°.
Après un temps qui varie d'après la richesse en acide et d'après la température de l'étuve, on constate que la fibrine, qui s'était d'abord gonflée, s'est complètement dissoute. Il ne suffit pas que la fibrine soit dissoute pour que la digestion soit terminée, comme nous le verrons plus tard. Généralement vingt-quatre heures de digestion suffisent pour opérer la trans- formation de la fibrine. Cependant, si l'on veut récolter une quantité assez grande de peptone, il est bon de prolonger la digestion pendant quatre ou cinq jours. On se sert alors d'une étuve ù température constante et l'on empêche la putréfaction
56 TECHNIQUE
de l'albumine par l'addition de quelques cristaux d'acide sali- cylique.
Meissner admettait dans la transformation de l'albumine trois stades distincts :
1° La parapeptone;
2° La métapeptone ;
3° La peptone.
La parapeptone précipite de ses solutions par le sulfate de soude.
La métapeptone précipite par les acides quand les solutions sont d'abord débarrassées de la parapeptone.
La peptone comprend, d'après cet auteur, trois variétés :
a) Une peptone précipitée par le ferrocyanure de potassium en solution acétique. L'acide nitrique la précipite de ses solu- tions ;
b) Une peptone précipitée par le ferrocyanure de potassium en solution acétique et restant indifférente en présence d'acide nitrique ;
c) Une peptone ne précipitant pas par les réactifs.
Peptone Peptone de Kiiline. — Les recherches de Kùhne et de ses
<le Kiihne.
élèves modifièrent la question. En se servant du sulfate d'am- moniaque en cristaux, ils purent différencier plus nettement la peptone de toutes les autres variétés d'albumine.
Ils réservèrent le nom de peptone à une substance albumi- noïde non précipitée de ses solutions lorsqu'on sature celles-ci au moyen de cristaux de sulfate d'ammoniaque. Toutes les substances autres, très voisines des peptones et possédant un certain nombre de leurs caractères, furent rangées dans un autre groupe : les albumoses.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 57
D'après ces données, le schéma de Meissner se trouva modi- fié et Ton admit que la fibrine, en présence du suc gastrique, se transforme en :
1° Syntonine ou acidalbumine;
2° Albumoses;
3° Peptones.
C'est cette classification qui, actuellement, est admise en
général.
Préparation des différents termes de la digestion. Wcliéma do la marche a suivre.
Fibrine + pepsine +- acide chlorhydrique ; séjour à l'étuve à 40° ; neutralisé par le carbonate de soude, filtra tion
I I
Précipité : Syntonine. Albumoses et peptones.
Acidifier par acide acétique,
puis saturation par sulfate d'ammoniaque
en cristaux, filtration
Précipité : Albumoses, Solution peptones,
additionné de carbonate de additionné de carbonate de
baryum baryum
I « 1 n^— i
Sulfate de Sol. albumoses. Sulfate de Sol. peptones.
baryum. baryum.
On additionne de carbonate de soude le liquide soumis à l'analyse jusqu'à apparition d'une réaction alcaline faible, et l'on agite avec une baguette de verre pour obtenir un mélange, bien intime; dès que la réaction est devenue légèrement alca-
58
TECHNIQUE
line, il se forme un précipité floconneux, blanc (la syntonine).
11 faut se garder d'ajouter un excès de carbonate de soude; la syntonine se redissout dans un excès d'alcali et se trans- forme en albuminate alcalin.
Le mélange jeté sur un filtre plat se divise en syntonine retenue sur le filtre et en un liquide clair qui renferme les produits plus complètement élaborés.
On acidifie par l'acide acétique le filtratum, puis on le sature au moyen de sulfate d'ammoniaque en cristaux. Les albumoses se précipitent (sauf une partie de deutéroalbumose) et les pep- tones restent en solution.
syntonine. i. Préparation de la syntonine. — La syntonine s'est préci- pitée lors de la neutralisation du suc gastrique par le carbonate de soude.
Elle se présente sous la forme d'un précipité épais, flocon- neux, insoluble dans l'eau, soluble dans l'eau acidulée, dans les solutions alcalines. Elle précipite de ses solutions acides par saturation au moyen de sels neutres. Les alcalis caus- tiques en solutions concentrées la dissolvent et la transforment en albuminates alcalins.
Albumoses. 2. Préparation des albumoses. — On reprend le précipité d'albumoses dans une grande quantité d'eau; on débarrasse la solution du sulfate d'ammoniaque; on la fait bouillir en ajou- tant peu à peu du carbonate de baryum. Le baryum se com- bine à l'acide sulfurique pour former du sulfate de baryum, l'ammoniaque devient libre. On continue ces opérations jus- qu'au moment où tout l'ammoniaque s'est dégagé. On com- pense les pertes dues à l'évaporation en ajoutant de temps en temps de petites quantités d'eau distillée.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 89
L»'s albumoses constituent un groupe de corps qui repré- sentent les étapes de la transformation de l'albumine en pep- tone. Ou distingue les albumoses primaires et 1rs albumoses secondaires.
Les albumoses primaires sont Fhétéro- et la protoalbumosi*, les albumoses secondaires sont la deutéroalbumose. Toutes ers variétés d'albumoses possèdent des caractères généraux communs à tous les corps des groupes et des caractères pro- pres qui permettent de les différencier l'un de l'autre.
A. Caractères du groupe.
1° Toutes les variétés d'albumoses sont solubles dans l'eau. Le degré de solubilité augmente à mesure que la substance se rapproche de la peptone. L'bétéroalbumose est peu soluble dans l'eau; la protoalbumose et la deutéroalbumose se dis- solvent bien.
2° Les solutions de toutes les variétés d'albumoses préci- pitent quand on les sature au moyen de cristaux de sulfate d'ammoniaque. Les albumoses primaires précipitent intégra- lement; les albumoses secondaires ne précipitent qu'incom- plètement.
3° L'alcool précipite toutes les solutions neutres d'albu- moses. En présence de solutions acides ou alcalines, l'alcool ne détermine aucun précipité.
Cette opération altère l'bétéroalbumose.
i° Les albumoses précipitent par le ferrocyanure de potas- sium et l'acide acétique. Ce précipité se redissout dans un excès d'acide; il se redissout aussi quand on chauffe la solu- tion, pour reparaître par le refroidissement. On sait que l'albu-
60 TECHNIQUE
mine précipite aussi par le ferrocyanure de potassium et l'acide acétique, mais ce précipité reste insoluble à chaud.
5° Les solutions d'albumoses, acidulées par l'acide acétique, puis saturées de chlorure de sodium, se troublent. Ce trouble disparaît par la chaleur et reparaît par le refroidissement. L'acide nitrique possède la même action.
6° Les solutions d'albumoses précipitent par l'acide méta- phosphorique et l'acide picrique. Ce dernier précipité se dis- sout à chaud, il reparaît par refroidissement.
7° De nombreux sels de métaux lourds précipitent l'albu- mose de ses solutions (sels de fer, sels de plomb, sels d'ar- gent, etc.).
B. Caractères spéciaux.
Il est parfois utile de déterminer la nature de l'albumose.
1° Ces substances n'ont pas pour l'eau la même affinité (l'hétéroalbumose est peu soluble, la proto- et la deutéro- albumose se dissolvent bien).
2° En saturant la solution à l'aide de chlorure de sodium, on précipite complètement l'hétéroalbumose, incomplètement la protoalbumose, et pas du tout la deutéroalbumose.
3° Le précipité obtenu par le ferrocyanure et l'acide acétique en présence d'albumoses se comporte différemment si l'on fait agir le chlorure de sodium. Le précipité des albumoses secondaires se dissout, celui des albumoses primaires reste indifférent.
En résumé, les caractères principaux sont :
1° En solution acide, elles précipitent par la saturation au moyen de sulfate d'ammoniaque en cristaux.
2° Elles précipitent par le ferrocyanure de potassium et
DE CH1MIB PHYSIOLOGIQUE. 61
l'acide acétique. Ces précipités se dissolvent a chaud et repa- raissent par refroidissement.
3° L'acide nitrique concentré, l'acide acétique et le chlorure de sodium déterminent un précipité soluble à chaud et repa- raissant par le refroidissement.
4° Elles donnent la réaction du biuret qui s'obtient en addi- tionnant la solution de quelques gouttes d'une solution de sulfate cuivrique très diluée, après avoir fortement alcalinisé.
5. Préparation de la peptone. — Après avoir séparé de lasolu- Peptone tion les albumoses au moyen du sulfate d'ammoniaque, on obtient un filtratum clair qui renferme les peptones et une grande quantité de sulfate d'ammoniaque.
On se débarrasse de ce sel en faisant bouillir la solution avec du carbonate de baryum et l'on filtre ; le sulfate de baryum formé reste sur le filtre, la peptone passe dans le filtratum dans un état de pureté suffisant pour permettre l'étude des caractères de ce corps.
Caractères de la peptone. — Selon la formule de Kùhne, on donne le nom de peptone à une variété de substance albumi- noïde qui ne se précipite pas de ses solutions par la saturation au moyen de sulfate d'ammoniaque en cristaux.
La peptone est amorphe, très hygroscopique, soluble dans l'eau avec dégagement de chaleur, soluble aussi dans une solution saturée de sulfate d'ammoniaque.
Elle précipite complètement par le tannin, par l'iodure double de mercure et de potassium (en présence d'acide chlor- hydrique). Elle précipite incomplètement par l'acide phospho- tungstique et phosphomolybdique en présence d'acides miné- raux.
62 TECHNMQUE
Le réactif d'Esbach donne un précipité qui se redissout à chaud.
L'acétate basique de plomb, le chlorure mercurique la pré- cipitent abondamment. Le sous-acétate de plomb la précipite incomplètement.
Le sulfate de cuivre, le chlorure de platine, l'acide chro- mique, le perchlorure de fer ne la précipitent pas.
Le réactif de Millon détermine un abondant précipité blanc qui devient rouge par la chaleur.
Certaines réactions colorantes permettent aussi de la carac- tériser :
a) On ajoute à la solution de peptone 4 c. c. d'un mélange d'acide acétique glacial et d'acide sulfurique (o c. c. d'acide acétique -f 5 c. c. d'acide sulfurique); la solution se colore en violet.
(s) La réaction du biuret.
On alcalinise fortement à l'aide de soude caustique et l'on ajoute goutte à goutte une solution très étendue de sulfate cuivrique; la peptone détermine dans ces conditions une colo- ration rose, fleur de pêcher.
La peptone produite par la digestion gastrique est de Yam- phopeptone; nous verrons plus loin que la trypsine transforme aussi les albumines et produit de Yantipeptone. âmphopeptone. L'amphopeptone se produit principalement par l'action digestive du suc gastrique, l'antipeptone résulte de l'action de la trypsine.
L'amphopeptone se décompose facilement par l'action du ferment pancréatique; elle fournit de notables quantités d'acides amidés (leucine, tyrosine) et de l'antipeptone. L'ébullition, en
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. (>'A
présence d'acide sulfurique dilué, la décompose aussi dans les mêmes éléments.
Le réactif de Millon forme un précipité blanc qui devienl rouge par ki chaleur.
L'antipeptone n'est nullement attaquée par la trypsine ; àntipeptone. l'ébullition avec l'acide sulfurique dilué ne fournit que très peu ou pas de tyrosine. Le réactif de Millon ne détermine point la formation d'un précipité rouge, mais d'un précipité jaune sale.
CHAPITRE IV.
DIGESTION PANCRÉATIQUE.
Le suc pancréatique exerce sur le bol alimentaire une triple action : il transforme les substances protéiques en peptones et même en leurs sous-produits, tels que la leucine et la tyro- sine; il émulsionne et saponifie les graisses; il transforme les féculents et les flextrines en sucre.
dette triple action n'est pas le fait d'un ferment unique; le suc pancréatique renferme trois principes actifs distincts l'un de l'autre : la trypsine, ferment qui transforme les substances albuminoïdes en peptones; Yamylopsine, qui saccharifie l'ami- don; la stéapsine, qui émulsionne et saponifie les graisses.
Ces différents ferments peuvent être extraits et préparés soit isolément par des méthodes spéciales, soit globalement par la seule action de l'eau.
Préparation simultanée des trois ferments. Cette préparation livre en quelque sorte du suc pancréatique Extrait aqueux
ne p3ncrcds.
artificiel et, en étudiant les propriétés de ce liquide, on se place dans des conditions expérimentales analogues à celles que réalise la fistule pancréatique.
On débarrasse un pancréas frais de la graisse et du tissu conjonctif qui l'entourent; on le coupe en petits morceaux que l'on fait macérer dans de l'eau distillée froide. On empêche
5
66 TECHNIQUE
très facilement la putréfaction soit par l'addition de 1 % de fluorure de sodium, soit par l'addition d'acide salicylique, ou de sublimé corrosif en poudre fine. Cette macération pos- sède la triple fonction du suc pancréatique.
§ 1. — Ferment digestif. — La trypsine. Préparation de la trypsine; méthode de Kûhne.
Préparation On broie avec du verre et de l'alcool absolu un pancréas
de la Irvpsine. . . . , ^ . .
trais finement divise. Un dissout dans 1 eau a 0° le précipite formé et on le précipite de nouveau par l'alcool. On renou- velle cette opération à plusieurs reprises. Le ferment est alors encore assez impur; il renferme une substance particulière dont on le débarrasse en acidifiant la solution aqueuse de 1 % d'acide acétique. Après cette purification, on précipite de nouveau le ferment par l'alcool.
Le même auteur a préconisé un autre mode de préparation du ferment. On fait agir sur 100 grammes de pancréas bien divisé, de l'alcool et de l'éther, puis on fait macérer cette masse, après décantation de l'alcool, avec 500 c. c. d'une solution à 0.1 °/0 d'acide salicylique pendant douze heures à 40°. On filtre à travers un linge et l'on fait macérer le résidu de cette sépa- ration avec 500 c. c. d'une solution de soude à 0.25 % pen- dant douze heures, en ayant soin de thymoliser la solution. Après filtration, on mélange les deux solutions.
Produits de la digestion par la trypsine.
Digestion Pour étudier en détail l'action de la trypsine sur les sub-
par la trypsine. , ,, .. , .. , . ,. , , ,,
stances albuminoides, il est indispensable d avoir recours au
ferment isolé plutôt qu'aux macérations de la glande dans
l'eau. En effet, pendant la macération, le ferment agit déjà sur
DK CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. <>7
le tissu même de la glande et en transforme la substance en peptone: on trouve donc déjà dans cette macération de l'organe les principaux produits que l'on doit rechercher pour carac- tériser l'action du ferment.
La trypsine agit sur les substances albuminoïdes qu'elle dissout rapidement et qu'elle transforme de la façon la plus rapide lorsque le milieu est légèrement alcalin. La température de choix est de 37° à 40°.
Ce ferment transforme la fibrine en une globuline, en albu- moses, puis en peptone, puis en acides amidés (leucine et tyro- sine). Il agit d'une façon analogue sur la gélatine qu'il dissout rapidement et qu'il transforme en glutose, en gélatine pep- tone et en acides amidés (glycocolle).
Nous nous bornerons à étudier l'action du ferment sur les substances albuminoïdes.
Schéma de la Méparation des produit* de la protéolyse.
Fibrine + trypsine ■+■ V2 °/o de C03Na!, température 40°.
On neutralise exactement par l'acide acétique + sulfate de
magnésie à saturation
\J/ Globuline Solution d'albumoses,
peptones
Précipitation du sulfate de magnésie. S0*(NH*)* à saturation
[ 1
V Albumoses Peptones et acides amidés
Évaporation
Cristaux d'acides Solut. d'antinept.
amidés + alcool
\]/ Peptones. Sol. alcool.
68 TECHNIQUE
On soumet pendant quelques heures (deux à trois), à une température de 40°, de la fibrine bien lavée et finement hachée à l'action de la trypsine. On ajoute au mélange une faible quantité de carbonate de soude pour favoriser l'action du ferment (1/2 %) et l'on empêche la pullulation de micro- organismes par la présence d'un cristal de thymol. La fibrine se dissout rapidement et subit les transformations énoncées ci-dessus. On arrête l'action du ferment en acidulant légère-, ment à l'aide d'acide acétique et l'on sature la liqueur au moyen de sulfate de magnésie en cristaux. La globuline qui a pris naissance se précipite; on filtre, on lave le précipité sur le filtre à l'aide d'une solution saturée de sulfate de magnésie et l'on exprime à la main ou à la presse. Les autres produits de transformation passent dans le filtratum.
Globuline. Préparation «le la globuline. — On reprend le précipité, on le divise dans l'eau et l'on élimine le sulfate de magnésie par dialyse. On continue l'action de la dialyse jusqu'au moment où tous les sels ont traversé la membrane. A mesure que la solution s'appauvrit de sels, la globuline se précipite. Lorsque la dialyse est terminée, on reprend le précipité dans une solu- tion de NaCl à 10 % et l'on en étudie les propriétés princi- pales. (Voir chap. VI.)
Allramoses. Préparation des alluinioses. — Les produits plus avancés de l'action de la trypsine sur la fibrine ont passé dans le filtratum. On débarrasse d'abord la liqueur du sulfate de magnésie; dans ce but, on porte la liqueur à l'ébullition, on y ajoute du car- bonate de baryum jusqu'au moment où la solution ne ren- ferme plus de sulfates. On s'assure qu'il en est ainsi par l'action
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 69
du chlorure de baryum. Puis on en sépare les albumoses; à cet effet, on sature la solution à l'aide de cristaux de sulfate d'ammoniaque; les albumoses se précipitent : on filtre, on lave le précipité sur le filtre a l'aide d'une solution saturée de sulfate d'ammoniaque.
. On élimine le sulfate d'ammoniaque par dialyse dans l'eau courante, que l'on prolonge jusqu'à disparition complète du sel, et l'on étudie les caractères des albumoses. (Voir chap. III : Digestion gastrique.)
Antiprptone. — La peptone et les produits plus avances Antipeptone. passent dans le filtratum.
La peptone produite par l'action de la trypsine n'est p;is identique a la peptone produite par l'action du suc gastrique. S'agit- il de corps chimi jucment différents? Nous n'en savons rien. Kùhne a donné à la peptone gastrique le nom d'ampho- peptone. Celle-ci est attaquée par la trypsine et donne nais- sance à de la leucine et de la tyrosine.
Il donne, par contre, le nom d'antipeptone à la peptone produite par l'action de la trypsine. Celle-ci résiste à l'action de ce ferment et ne peut être transformée par lui en acide amidé.
Pour obtenir une quantité suffisante d'antipeptone, il faut prolonger l'action du ferment pendant cinq ou six jours et empêcher la putréfaction par la présence de thymol.
Préparation de l'antipeptone. — On débarrasse le filtratum de l'excès de sulfate d'ammoniaque qu'il renferme. On porte la liqueur à l'ébullition, on y ajoute du carbonate de baryum en agitant le mélange. On filtre pour séparer le sulfate de
70 TECHNIQUE
baryte et on précipite l'excès de baryum dans le filtratum par addition, goutte à goutte, d'acide sulfurique dilué ; on filtre de nouveau et on évapore le filtratum a basse température : les acides amidés (leucineet tyrosine) se prennent en cristaux; on sépare les eaux mères par filtration ou par décantation ; on acidulé d'acide acétique; on précipite par l'alcool; on redissout et reprécipite à plusieurs reprises pour séparer com- plètement des dernières traces d'acides amidés, puis on des- sèche dans le vide sur acide sulfurique ou bien à l'étuve à 1 10°. L'antipeptone possède les mêmes propriétés que l'ampho- peptone; elle s'en différencie surtout par la résistance qu'elle présente à l'action de la trypsine. Par l'ébullition avec de l'acide sulfurique, elle ne livre que peu ou pas de tyrosine et ne four- nit pas avec le réactif de Mi lion la coloration rouge net que donne l'amphopeptone, mais seulement une coloration qui varie du jaune sale au brun jaunâtre. Nous avons vu ailleurs que l'amphopeptone produit par l'ébullition avec de l'acide sulfurique de notables quantités de tyrosine, et avec le réactif de Millon, une coloration rouge pourpre intense.
Acides amidés. Préparation des acides .-iniidés. — Nous venons de voir comment on peut séparer ces corps de l'antipeptone; on peut aussi séparer l'une de l'autre la leucine et la tyrosine qui ont pris naissance.
On dissout la masse cristalline dans l'eau bouillante alcali- nisée par l'ammoniaque et, tout en agitant la liqueur, on y ajoute de l'acétate basique de plomb jusqu'au moment où le précipité que produit ce sel n'est plus brunâtre, mais bien blanc; on filtre; on acidulé le filtratum chaud par de l'acide sulfurique dilué; on sépare le sulfate de plomb par filtration;
DE CII1M1K PinSIOI.OGIQUK.
71
on laisse refroidir et l'on abandonne le filtratum à la cristal- lisation : la tyrosine se prend en cristaux et s'élimine presque complètement.
On décante les eaux mères; on précipite l'excès de plomb par un courant d'hydrogène sulfuré, on filtre, on évapore et l'on fait bouillir pendant deux minutes environ avec de l'oxyde de cuivre hydraté. On traite à chaud par un courant d'hydrogène sulfuré, on filtre, on évapore et l'on abandonne à la cristallisation.
Cristaux de tyrosine et de leucine.
Tyrosine. — Acide paraoxyphénilamidopropionique Tyrosine.
OH C6Ht ^pusfu/îviu ïfOOH — ^a tvros'ne cristallise en fines
aiguilles brillantes, incolores, agglomérées en houppes. Elle
72 TECHNIQUE
est peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau chaude, insoluble dans l'alcool absolu et dans l'éther. Elle se dissout dans les alcalis caustiques et, dans les solu- tions de carbonates alcalins ; elle se dissout aussi dans les acides minéraux étendus et difficilement dans l'acide acétique.
Réactions. — 1° L'ébullition avec le réactif de Millon colore la solution de tyrosine en rouge intense.
2° Réaction de Piria. — On dissout la tyrosine dans un peu d'acide sulfurique, on chauffe pendant quelque temps au bain- marie; il se forme une combinaison dont la solution, neutra- lisée par du carbonate de baryte et filtrée, prend, en présence de perchlorure de fer, une coloration violette.
Leucine. Leucine. — Acide amidocapronique CR* — (CH2f.CH(NH2)C00H. — La leucine cristallise en petites lames d'un blanc brillant et parfois, surtout quand elle est impure, sous l'aspect de petites sphères rondes, analogues à celles que présente l'acide urique. Elle se dissout assez bien dans l'eau froide, mieux dans l'eau chaude, presque pas dans l'alcool. Quand elle est impure, elle est beaucoup plus soluble. Elle se dissout bien dans les alcalis caustiques et les solutions des carbonates alcalins ainsi que dans les acides minéraux concentrés. Prudemment chauffée, elle se sublime à 170° et se présente sous l'aspect de masses laineuses.
lirai (ions :
1° Réaction de Scherer. — On évapore prudemment sur une lame de platine de la leucine et de l'acide nitrique. La leucine laisse un résidu imperceptible, incolore, qui, chauffé avec
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 73
quelques gouttes d'une solution de soude caustique, prend une couleur qui varie du jaune au brun. Si l'on chauffe davan- tage, ce résidu se transforme en une gouttelette oléagineuse qui n'adhère pas au métal.
2° On chauffé de la leucine dans un tube à essai; elle se sublime et cristallise, dans les parties froides du tube, en masses d'un blanc laineux et dégage en même temps l'odeur de l'amylamine.
§ 2. — Ferment mastasique. — Amylopsine.
Préparation du ferment diastasique.
La nature du ferment diastasique n'est point encore déler- Amylopsine. minée comme l'est celle de la trypsine. On n'est pas encore parvenu à isoler le ferment à l'état de pureté; on peut cepen- dant l'extraire de la glande en un état suffisant pour en étu- dier l'action ; pour cela, on traite par l'alcool le pancréas haché ; on dissout dans la glycérine le précipité formé, on précipite a nouveau par l'alcool et on isole le ferment.
Ce ferment est soluble dans l'eau, dans la glycérine; inso- luble dans l'alcool; ditfusible. Son action est ruinée par l'ac- tion des acides forts et des alcalis caustiques. Une température supérieure à 70° le détruit. Pour les diastases d'origine ani- male, la température la plus favorable à l'action du ferment est aux environs de 40°.
On peut toutefois, sans avoir recours à l'extraction du fer- ment, en étudier les propriétés diastasiques en se servant de la macération aqueuse de la glande. Cette macération contient en effet une notable quantité d'amylopsine.
74 TECHNIQUE
Action du ferment sur l'amidon cnit.
Saccharitica- Le ferment diastasique transforme rapidement l'amidon cuit ïamyiopsine. en dextrine et en un sucre fermentescible, doué d'un pouvoir rotatoire intense, la maltose; si l'on prolonge la durée d'action, on consate aussi la formation de glucose et d'isomaltose.
On fait digérer à une température de 35° à 40° de l'amidon cuit, dilué soit avec la macération aqueuse du pancréas, soit avec une solution de ferment.
Dès les premières minutes, l'action du ferment se manifeste : la solution d'amidon perd son opalescence et devient trans- parente. L'amidon s'est transformé en donnant naissance à des dextrines. Cette transformation se traduit aussi par une modi- fication des caractères chimiques; l'iode ne colore plus la solu- tion en bleu, il lui donne une coloration brun-acajou et même ne la colore plus; de plus, la solution, primitivement indiffé- rente en présence du réactif cupro-alcalin, réduit la liqueur de Trommer et fermente en présence de levure de bière.
On peut schématiser ces transformations de la façon sui- vante :
Amidon cuit -(- ferment agissant à 40° filtré
!
f 1
Amidon „.,. [ dextrines
Filtratum
non transformé j sucres
-f- alcool en excès I
f — 1
Précipité de dextrines. Filtratum :
maltose, glucose.
L'action du ferment pancréatique est semblable à celle de la ptyaline, mais elle est plus énergique et plus rapide. La maltose (CGH10O^)2 appartient au groupe des bioses.
DK CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 75
Nous avons indiqué plus haut les caractères de ces différents Maitose,
glucose.
groupes de corps; nous nous bornerons à indiquer ici le moyen de séparer l'une de l'autre et de reconnaître les deux variétés de sucres qui ont pris naissance.
On évapore au bain-marie pourchasser l'alcool et on réduit par évaporation au Vio du volume primitif.
On ajoute à la liqueur refroidie 10 grammes de chlorhydrate de phénylhydrazine et 20 grammes d'acétate de soude; on mélange intimement et on chauffe dans un verre de Bohême couvert au bain-marie pendant une heure et demie. Au bout de ce temps, on filtre la liqueur chaude. L'osazone de la glu- cose reste sur le filtre, celle de la mallose passe en solution et ne se précipite que par refroidissement.
On reconnaît ces composés à leur forme cristalline ainsi qu'à leur point de fusion et à leur teneur en azote.
§ 3. — Ferment saponifiant. — Stéapsine.
Ce ferment est le moins connu des trois ferments pancréa- stéapsine. tiques; il est instable, difficile à isoler. Il passe néanmoins dans les macérations aqueuses du pancréas en quantité suffi- sante pour qu'on puisse en étudier l'action. Il émulsionne les graisses et les saponifie, c'est-à-dire qu'il décompose les éthers d'acides gras, en acides gras libres et en glycérine.
Il suit de cette action même que pour mettre en lumière saponification
par l'action de ce ferment, il faut agir avec une graisse préalable- la stéapsine.
ment débarrassée de ses acides gras libres.
Pour la préparer, on dissout de l'huile d'olive dans l'éther
sulfurique; on agite cette solution éthérée dans une solution
de soude caustique; on décante l'éther, on le lave à l'eau, puis
on l'évaporé. Le résidu est la graisse privée d'acides libres.
76 TECHNIQUE DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
On mélange intimement des volumes égaux de cette graisse et du liquide dont on veut étudier les propriétés saponifiantes; on agite de temps en temps le mélange et l'on maintient à 40° pendant cinq ou six heures l'émulsion fine qui s'est produite.
Extraction des acides gras libérés.
Acides gras. On ajoute à l'émulsion de la soude caustique et de l'éther, on agite modérément et, lorsque la séparation des liquides s'est opérée, on décante l'éther qui entraîne la graisse non transformée.
On reprend la solution alcaline; on l'acidulé nettement à l'aide d'acide sulfurique dilué, on reprend par l'éther à plu- sieurs reprises, on réunit les extraits éthérés, on laisse évaporer l'éther et l'on recherche dans le résidu la présence d'acides gras libres.
Pour séparer les différents acides gras, on maintient le résidu graisseux pendant deux ou trois heures à une température de 20°; la palmitine et la stéarine cristallisent. On sépare les cristaux, on les lave à l'alcool ordinaire froid et l'on exprime la masse. On chasse l'alcool par évaporation lente. Celui-ci laisse un résidu huileux ne cristallisant pas : l'oléine.
L'oléine, C3H5(C18H3302)3, est une huile incolore, jaunissant a l'air; elle est peu soluble dans l'alcool ordinaire froid, assez soluble dans l'alcool absolu, très soluble dans l'éther sulfu- rique.
Le mélange de palmitine et de stéarine cristallise sous une forme spéciale : sphères composées de petites plaques ou d'ai- guilles irradiées autour d'un point central.
CHAPITRE V.
LA BILE.
Marche systématique dans l'analyse d'un calcul biliaire.
La bile renferme un pigment, des savons dissous, des sels d'acides spéciaux (les acides biliaires), de la cholestérine.
Pour séparer l'un de l'autre ces divers corps, on suit la marche suivante :
(Schéma de la niarche a suivre.
Bile -t- charbon animal : dessiccation. Extrait par alcool absolu. On filtre :
Résidu insoluble,
mucine,
majorité du pigment
1 Solution alcoolique d'acides biliaires, cholestérine, pigment -(- éther sulfurique en excès
Sels des
\J/ Acides biliaires,
Acide glycoeholiqui' — taurocholique.
Cholestérine.
On évapore au bain-marie 100 c. c. environ de bile de bœuf, additionnée de charbon animal. On fait ensuite bouillir le résidu avec de l'alcool absolu et l'on filtre. Le filtre retient la
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mucine et laisse passer la liqueur alcoolique renfermant les acides biliaires et la cholestérine.
On ajoute au filtratum limpide de l'éther sulfurique, jus- qu'au moment où le précipité produit ne se dissout plus. (Acides biliaires.)
On filtre; la cholestérine passe dans le filtratum; on aban- donne cette solution à cristallisation.
Mucine. \. Mucine. — Elle est identique à la mucine de la salive,
c'est-à-dire qu'elle précipite par l'acide acétique concentré et qu'elle se décompose en présence d'acide chlorhydrique ou d'acide sulfurique en deux corps, dont l'un réduit les liqueurs cupro-alcalines.
2. Acides biliaires. — Pour les séparer de la cholestérine dis- soute, on ajoute un excès d'éther, on couvre, on laisse sédi- menter, on filtre. Le filtre retient les acides biliaires : bile cristallisée de Plattner.
Les acides biliaires sont l'acide glycocholique et l'acide tau- rocholique, c'est-à-dire la combinaison du glycocolle et de la taurine avec l'acide cholalique, le véritable acide de la bile.
Acide 1. Acide glycocholique. — Cristallise en aiguilles soyeuses,
glycocholique. ^ soiubles dans l'eau froide, plus solubles dans l'eau chaude, solubles dans l'alcool fort, insolubles dans l'éther. C'est un acide assez énergique; il décompose les carbonates alcalins et forme des glycocholates alcalins. En présence d'acétate de plomb, il forme un sel plombique insoluble.
L'ébullition prolongée avec l'acide chlorhydrique faible, avec l'acide sulfurique dilué, avec les alcalis caustiques,
DK CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 79
l'hydrate de baryum le décompose en ses constituants, le glycocolle, C*H*NO* (acide amido-acétique), et l'acide chola- lique, C»H4008.
2. Avide tauvocholique. — Cristallise en fins cristaux soyeux A<-i<ie
taurocliolique.
très instables, déliquescents a l'air, solubles dans l'eau, dans l'alcool, insolubles dans l'éther.
En présence de sels de plomb, il ne précipite qu'en milieu alcalin. Cet acide se décompose facilement en ses consti- tuants : la taurine, C^PNS03, et l'acide cholalique, C«*H«0$.
3. Acide cholalique. — Extraction de l'acide cholalique. — Acide
«holalique.
C'est à Mylius que l'on doit la meilleure méthode d'extraction de l'acide cholalique.
Méthode de Mylius. — On fait agir sur la bile de bœuf une Préparation
de l'acide
solution concentrée de soude caustique à 30 % (le tiers du cholalique. volume) et l'on chauffe à l'ébullition pendant vingt-quatre heures, en ayant soin d'ajouter de temps a autre de petites quantités d'eau distillée pour compenser les pertes de l'évapo- ration. On sature la liqueur fortement alcaline à l'aide d'un courant d'acide carbonique et l'on évapore presque à siccité, puis on reprend le résidu par l'alcool fort. Ce dernier dissout le cholate de soude ainsi que des stéarates et choleinates de soude. Ceux-ci se précipitent si l'on dilue l'extrait alcoolique. On filtre s'il y a lieu, puis on précipite par le chlorure de baryum, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité; on filtre; on reprend par l'acide chlorhydrique qui précipite l'acide cholalique, on laisse reposer pendant quelques heures jusqu'à cristallisation. On reprend la masse cristallisée par l'alcool et on fait recristalliser lentement.
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L'acide cholalique cristallise en tétraèdres ou en octaèdres incolores qui perdent leur eau de cristallisation à l'air et par la chaleur (130°). Cet acide est peu soluble dans l'eau froide (1 pour 4000), un peu plus soluble dans l'eau chaude (1 p. 750).
Par oxydation, il donne naissance à son anhydride : la dis- lysine.
On peut en outre caractériser cet acide par les réactions suivantes :
a) Réaction de Mylius. — On dissout 2 centigrammes environ d'acide dans 50 c. c. d'alcool. On ajoute 1 c. c. d'une solution d'iode au dixième normal, puis on dilue avec de l'eau distillée. Le liquide brunâtre se prend en une masse sombre, formée de cristaux microscopiques, jaunes à la lumière réfléchie, bleus à la lumière transmise.
b) Réaction de Peltenkofer. — On ajoute lentement à une solu- tion d'acide biliaire, de l'acide sulfurique, de façon à ne pas trop échauffer le récipient; on laisse alors tomber cinq à six gouttes d'une solution concentrée de sucre de canne, et l'on agite; le mélange prend une coloration rouge pourpre qui passe bientôt au violet. Cette réaction est due à la transforma- tion du sucre en furfurol.
NH2 Taurine. 5. Taurine C8H*<oÂ3i, — Préparation de la taurine. — On
mélange de la bile de bœuf avec un excès d'acide chlorhy- drique concentré; on filtre; on chauffe le mélange jusque près de l'ébullition en l'évaporant.
On sépare par décantation les parties claires de la solution fortement acide, d'un résidu résinoïde formé par l'acide cho-
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loïdinique, et l'on continue l'ovaporation jusqu'au moment où commence la cristallisation du chlorure de sodium. On laisse alors refroidir et Ton traite les eaux mères par de l'alcool fort <|ui précipite la taurine et le glycocolle, ainsi qu'un peu de chlorure de sodium.
On lave le précipité à l'alcool, on le sèche, on le redissout dans une très faible quantité d'eau bouillante et on laisse cristalliser.
Propriétés de la taurine. — La taurine cristallise en gros prismes quadrangulaires ou hexagonaux, terminés en pyra- mides a quatre ou six pans. Elle se dissout difficilement dans l'eau froide, plus facilement dans l'eau chaude, dans les solu- tions alcalines; elle se dissout peu dans l'alcool dilué, pas du tout dans l'alcool absolu ni dans l'éther.
La présence de soufre peut servir à caractériser la taurine.
On mélange dans un mortier de la taurine avec du carbonate de soude (une quantité environ dix fois plus grande) et du nitrate de soude (une quantité cinq fois plus grande).
On porte le mélange dans un creuset en platine et on le fond jusqu'au moment où il prend une teinte claire et ne renferme plus de charbon.
On laisse refroidir, on reprend la masse dans l'eau acidulée d'acide chlorhydrique, puis on filtre et l'on ajoute quelques gouttes d'une solution à 10 % de chlorure de baryum.
En présence de soufre, il se forme dans la liqueur un préci- pité de sulfate de baryum, insoluble dans l'eau.
CH"Mlâ 4. Glycocolle (acide amido-acélique) [rt)i\u — Se présente Gijcocoiie.
sous l'aspect de gros prismes rhomboédriques, incolores, de
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82 TECHNIQUE
saveur douceâtre. Ils sont solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool et dans l'éther. .
Ce corps possède les propriétés d'un acide, c'est-à-dire qu'il se combine aux sels alcalins et aux oxydes métalliques; il possède aussi par son côté amidé les propriétés d'une base; il se combine aux acides minéraux en donnant des combinaisons cristallines.
Il brunit à 228° et fond à 232°-236° en se décomposant.
Le perchlorure de fer colore ses solutions on rouge. L'hy- drate cuivrique se dissout dans des solutions chaudes de gly- cocolle, qui par refroidissement laisse cristalliser de fines aiguilles de glycocolate de cuivre.
ciioicstéiinc. 5. Cliolcslcrine C2fiHT3OH. — Préparation. — Après avoir séparé le précipité que donne l'addition d'éther dans la solu- tion alcoolique de bile, on évapore le filtratum clair. Le résidu de cette évaporation est de la cholestérine brute : on la reprend dans une solution alcoolique de potasse caustique, on abandonne à Pévaporation, on lave le résidu cristallin à l'alcool froid, puis à l'eau et l'on dessèche sur l'acide sul- furique.
La nature du dissolvant exerce une influence sur la forme cristalline: par évaporation des solutions éthérées, la choles- térine cristallise en fines aiguilles; la solution dans l'alcool bouillant la donne sous une forme cristalline différente : grandes tables rhomboédriques s'imbriquant et renfermant de l'eau de cristallisation. C'est sous cette dernière forme qu'on l'obtient ordinairement.
Elle est insoluble dans l'eau, les acides, les alcalis concen- trés et l'alcool froid. Soluble clans l'alcool bouillant, l'éther,
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le chloroforme, le benzol, toutes les huiles grasses et les huiles essentielles. Moins soluhle dans les solutions d'acides biliaires. Elle dévie la lumière polarisée vers la gauche, fond à 148" e1 distille dans le vide à 3G0°. Elle est très stable; l'ébullition avec des alcalis caustiques ne la modifie pas. L'acide sulfurique donne naissanee a une masse rouge qui
Cristaux de cholestérine.
verdit et puis jaunit par l'eau. Il se forme ainsi des isomères (cholestériline). L'acide phosphorique vitreux agit à peu près de même (cholestérone). Le chromate de potassium et l'acide sulfurique donnent un acide qui ne cristallise pas et qui répond à la formule C**H-*o()C.
La cholestérine se caractérise par de nombreuses réactions.
Réactions. — 1° En présence d'acide sulfurique et d'iode, la cholestérine prend successivement les couleurs violet, bleu, vert, rouge. Cette réaction est très sensible; elle est très bien applicable sous le microscope.
2° On dissout de la cholestérine dans du chloroforme; on y ajoute une quantité équivalente d'acide sulfurique; le chloro- forme se colore en rose; celte coloration se fonce et donne
84 TECHNIQUE
une teinte rouge. Si l'on verse alors dans une capsule en porcelaine, le chloroforme devient bleu, vert, jaune, l'acide gagne le fond du récipient et prend un aspect dichroïque.
3° Réaction de Liebermann. — Si l'on place quelques cris- taux de cholestérine dans un tube bien sec, qu'on y ajoute deux ou trois gouttes d'anhydride acétique et quelques gouttes d'acide sulfurique concentré, on voit apparaître successive- ment les couleurs rose, bleue, puis verte. Si la quantité de cho- lestérine est très faible, la couleur verte seule se montre- ur0 On évapore prudemment sur une lamelle de porcelaine de la cholestérine et de l'acide nitrique concentré; le résidu forme une tache jaune; si, sans laisser refroidir, on y ajoute de l'ammoniaque, la coloration devient rouge.
o° Si l'on chauffe à feu rouge, sur une lame de porcelaine, de la cholestérine et de l'acide chlorhydrique renfermant du pcrchlorure de fer, l'on voit apparaître une coloration rou- geâtre, puis violette, virant vers le bleu. La présence d'impu- retés dans la cholestérine entrave la réaction.
11 existe dans le règne végétal et animal des isomères de la cholestérine. Ce sont : Visocholeslérine de Schultz, extraite de la lanoline. Elle fond à 138°-138°.5; elle est dextrogyre. On a isolé aussi trois isomères végétaux dont le point de fusion et le pouvoir rotatoire sont différents de ceux de la cholestérine vraie.
Pigment 6. Pigment biliaire. — Le pigment biliaire se rencontre prin-
cipalement sous la forme de bilirubine et de biliverdine.
Préparation du pigment biliaire. — On dissout le calcul qui renferme de la bilirubine dans l'éther, jusqu'à ce que l'éther
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ne dissolve plus rien. Si l'on agit sur de la bile, on épuise le résidu par de l'éther jusqu'à ce que ce véhicule n'entraîne plus de pigment.
On reprend par l'eau, puis par l'acide chlorhydrique dilué le résidu insoluble; on le dissout alors dans le chloroforme chaud; on chasse le chloroforme par évapora tion, la biliru- bine cristallise.
La majeure partie de ces corps est retenue sur le filtre lors de la décoloration par le noir animal; une faible partie se dissout dans l'alcool à la faveur de la dissolution de la choles- tériuc et des acides biliaires. On reprend le magma de noir animal, on l'épuisé à plusieurs reprises à l'aide de chloro- forme, on filtre, on évapore la solution chloroformique. On lave à l'alcool et l'éther, puis on redissout dans le chloroforme et l'on précipite le pigment par l'alcool.
La bilirubine (C32H36N4O6) est une poudre amorphe, jaune, rougeûtre, insoluble dans l'eau, dans l'alcool, dans l'éther; soluble dans le chloroforme, dans le sulfure de carbone. L'évaporation lente de ces solutions la livre sous la forme de cristaux prismatiques. Elle se dissout bien dans des solutions étendues de soude caustique.
Elle présente les réactions suivantes :
ln Réaction de Tiedemann et Gtnelin. — On laisse écouler prudemment quelques gouttes de la solution alcaline de bili- rubine le long des parois d'un tube à essai contenant de l'acide nitrique chargé de vapeurs nitreuses, de façon que lc> liquides se superposent sans se mélanger; on voit apparaître^
8G TECHNIQUE
alors, au point de contact des deux liquides, une série d'an- neaux colorés en vert, bleu, violet, rouge, jaune.
2° Réaction de Erlich. — On ajoute à quelques centimètres cubes d'une solution chloroformique de bilirubine, un ou deux volumes d'une solution d'acide sulfanilique à 0.1 % fortement acidifiée d'acide chlorhydrique, un ou deux volumes d'alcool, de telle sorte que le mélange soit bien homogène; la solution vire rapidement du jaune au rouge. L'addition de quelques gouttes d'acide chlorhydrique concentré fait pas- ser la liqueur par le violet pour acquérir ensuite une couleur bleue pure persistante.
Cette réaction est caractéristique.
La biliverdine (C32H36N409) se présentc^Sftiis l'aspect de masses amorphes, d'un vert noirâtre, insolubles dans l'eau, dans l'éther et dans le chloroforme; solubles dans l'alcool éthylique et dans l'alcool méthylique, dans les solutions éten- dues de soude caustique et dans les solutions des carbonates alcalins. Elle se dissout dans l'acide acétique concentré et dans l'acide chlorhydrique pur.
Elle donne la réaction de Gmelin.
Analyse systématique d'un calcul biliaire.
On broie finement le calcul dans un mortier, on lave la poudre à l'eau, puis on la verse dans un petit ballon et l'on extrait à plusieurs reprises par l'alcool bouillant.
On procède ensuite comme on a procédé pour l'analyse de la bile.
I»K CIIIM1K l'IlYSIOI.OUOI E.
87
Marche »yat(-iiiutique dan« l'analy*e «l<» calcul» biliaire».
Calcul pulvérise lavé a l'eau | parties égales d'alcool et d'éther
Résidu insoluble |- solution diluée de HC1
[
Matières colorantes
biliaires Mctu. de Staedeler.
I
Solution d'alcool étliéré,
cholcstérine
par évaporation.
Solution chlorhydrique
évaporée, siccité, calcinée
Reprise par HC1
Recliercbe de la chaux et du cuivre.
CHAPITRE VI.
LE SANG.
Nous étudierons dans ce chapitre :
1° Le sang défibriné, c'est-à-dire le sang débarrassé de sa tibrine, qui contient le pigment sanguin et les substances extraclives dissoutes (urée, sucre) ;
2° Les substances albuminoïdes, c'est-à-dire le sang coagulé :
a) La fibrine;
sérum-globuline (paraglobuline) ;
S) Le sérum
( sérum-albumine;
3° L'analyse quantitative du sang.
Matières colorantes du sang.
Le sang renferme de l'hémoglobine, soit libre, soit com- binée à l'oxygène (oxyhémoglobine, méthémoglobine), soit combinée à des gaz étrangers, oxyde de carbone (carboxyhé- moglobine). Cette matière colorante présente, par elle-même et par ses dérivés, une importance considérable en médecine générale et en médecine légale.
Owliéniogloliine. Owht'moglo-
bine.
Préparation de V oxyhémoglobine. — On soumet le sang défi- briné à l'action de la force centrifuge pendant une heure ou
90 TECHNIQUE
une heure et demie; au bout de ce temps, les hématies ont gagné le fond des cylindres, et le sérum clair s'est séparé. On décante celui-ci et on lave la masse globulaire à l'aide d'une solution de chlorure de sodium à 0,6 %• On centrifuge de nouveau pendant deux heures. Au bout de ce temps, on décante la couche limpide. Après plusieurs lavages, la masse globulaire est presque complètement privée d'albumine.
On mélange alors la masse des globules avec deux ou trois volumes d'eau saturée d ether sulfurique. L'éther doit être de réaction neutre et privé d'alcool. Les globules du sang se gonflent et deviennent invisibles, et la liqueur prend un aspect caractéristique de laque; on y ajoute prudemment, et goutte a goutte, en agitant fortement, une solution à 1 °/0 de sulfite de sodium, jusqu'au moment où le sang se trouble et reprend l'aspect du sang frais.
Sous l'influence de ce sel, les stromata des globules se rétractent, s'agglomèrent au fond du vase et la force centrifuge les sépare facilement du liquide.
On refroidit à 0° cette solution décantée et tout à fait claire; on y ajoute le quart de son volume d'alcool pur, préalable- ment refroidi à 0", ou mieux, à plusieurs degrés sous zéro; on agite à l'air et on laisse reposer pendant vingt-quatre à qua- rante-huit heures à — o° ou — 15°.
En général, tout le liquide se prend en une masse de cristaux brillants; on les broie, on les jette sur un filtre refroidi et on les lave avec de l'alcool à 25 °/0 refroidi. On redissout toute la masse dans une faible quantité d'eau à 30°; on refroidit à 0° et on fait recristalliser par l'alcool. On dessèche clans le vide sur de l'acide sulfurique.
L'oxyhémoglobine cristallise en formes variables, selon les
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 91
espèces animales. Ces cristaux se présentent sous la forme de tétraèdres (cobaye) ; sons celle de prismes rhombiques allongés (chien); de courts prismes orthorhombiques (cheval) ; parfois la cristallisation se t'ait difficilement (homme, porc).
Cristaux tl'oxyhémoglobine.
Elle est soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool qui l'al- tère ù la longue. Les acides et beaucoup de sels des métaux lourds la précipitent de ses solutions, mais en la décomposant.
Caractères sjieclroscopiijues de l'oxyliémoglobine. — En solu- tion cencentrée, l'oxyhémoglobine détermine l'absorption de tout le spectre, excepté le rouge jusqu'à la raie C. En solution plus étendue (0,5 à G %„), les solutions montrent deux raies d'absorption caractéristiques, situées entre D et E ; elles sont d'inégale largeur : l'une (a), placée près de D, est étroite, nette;
92 TF.CIIMQLE
l'autre ({3), située plus près de E, est large, diffuse, mal déli- mitée. (Voir planche, spectre n° 1.)
L'oxyhémoglobine est réductible et l'addition de quelques gouttes d'une solution de sulfure d'ammonium réduit l'oxy- hémoglobine à l'état d'hémoglobine et le spectre de celle ci remplace le spectre de celle-là.
Hémoglobine réduite. — Elle existe dans le sang veineux; on peut facilement la préparer extemporanément en faisant agir sur de l'oxyhémoglobine, ou sur une solution de ce corps, un réducteur puissant (sulfure d'ammonium). La solution d'oxyhémoglobine perd sa rutilance et prend une teinte vio- lacée.
Caractères sjiectroscojnques de /' hémoglobine réduite. — L'es- pace clair qui sépare l'une de l'autre les deux bandes d'ab- sorption de l'oxyhémoglobine s'obscurcit dans le spectre. Les bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine pâlissent et entre elles apparaît une bande unique, large, diffuse, qui est donc située entre D et E du spectre. (Voir planche, spectre n° 2.)
Combinaisons de l'hémoglobine avec des gaz.
a) MélliémogloJiine. — C'est une combinaison oxygénée de l'hémoglobine, qui se produit sous l'influence des agents oxy- dants sur l'hémoglobine (permanganate de potassium, nitritc d'amyle, etc.), et qui se distingue de l'hémoglobine en ce que dans le vide elle ne dégage pas d'oxygène libre.
Caractères speclroscopiques. — Les solutions neutres ou fai- blement acides de méthémoglobine possèdent une large bande
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 93
d'absorption dans le rouge, entre <l et l>, plus près de C, et une bande mal délimitée entre D et F. (Voir planche, spectre m" :!, en solution alcaline; n° 4, solution acide.)
b) Carbaxvhémogloliine. — La préparation des cristaux est Carboivbémo*
globine.
tout à fait semblable à celle des cristaux d oxy hémoglobine ;
leurs formes cristallines sont comparables. Leurs solutions sont moins vivement colorées; elles possèdent plutôt une teinte carminée. Le vide mercuriel les décompose et dégage l'oxyde de carbone.
Caractères' speclroscopiqu&t. — A un degré suffisant de dilu- tion, les solutions de carboxy hémoglobine montrent deux raies d'absorption situées entre D et E. Ces raies se différencient peu des raies de l'oxyhémoglobine ; plus déjetées vers E, elles se maintiennent malgré la conservation prolongée de la solu- tion, ce qui constitue un caractère différentiel précieux; elles ne se modifient pas par l'addition de quelques gouttes d'une solution réductrice.
Outre ces propriétés spectroscopiques, la carboxyhémoglo- bine présente quelques réactions chimiques qui la caracté- risent.
Caractères chimiques. — L'ébullition des solutions neutres de carboxy hémoglobine détermine la formation d'un coagulum d'un rouge vif.
On ajoute à 3 c. c. du sang suspect environ 100 c. c. d'eau distillée, on y ajoute quelques gouttes de soude caustique et une solution aqueuse d'acide pyrogallique, et l'on conservé a l'abri de l'air. Le sang normal prend dans ces conditions une
94 TFXHNIQUE
couleur d'un brun sale; la carboxyhémoglobine donne un précipite d'un rouge vif.
L'hémoglobine et ses combinaisons avec les différents gaz sont instables; sous l'influence des acides et des alcalis, elle se décompose, se dissocie en une substance protéique et un pig- ment. Le pigment, en l'absence d'oxygène, est de l'hémochro- mogène; en présence d'oxygène libre, l'hémochromogène se transforme en hématine; en l'absence d'oxygène et dans un milieu acide, le fer de l'hémochromogène ou de l'hématine forme avec l'acide un sel ferreux et le pigment se transforme en hématoporphyrine.
Héniocliroiiiogène. — La grande instabilité de l'hémochro- mogène et l'action rapide qu'exercent sur lui les acides et l'oxygène n'ont pas permis jusqu'à présent d'en réaliser la préparation, celui-ci en donnant l'hématine, celui-là l'héma- toporphyrine.
Hémaim?. Hématine.
Préparation de l'hématine. — On dissout, dans une solution très diluée de soude caustique pure, des cristaux d'hémine bien laves, à l'eau, à l'alcool, à l'éther; on filtre, on précipite par l'acide chlorhydrique dilué, on lave à l'eau chaude le précipité brun, on continue ce lavage jusqu'à ce que les eaux de lavage ne précipitent plus par l'addition de nitrate d'argent. On sèche d'abord à basse température, puis à 120°.
C'est un corps non cristallisé, qui brûle au delà de 180°, sans fusion préalable; il dégage de l'acide cyanhydrique et laisse un squelette d'oxyde de fer (12.6%).
Insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme, un peu
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 9.*>
soluble dans l'acide acétique glacial, surtout à chaud, elle se
dissout très bien dans tous 1rs liquides alcalins et reste inso- luble dans tous les véhicules acides.
Caractères Spectroscopiques. — Ces caractères varient selon que l'on s'adresse à une solution acide ou alcaline.
En solution alcaline, elle fournit un spectre caractérisé par une absorption complète jusqu'au rouge, puis une large bande mal délimitée, diffuse, située entre C et D, mais atteignant et dépassant I); tout le reste du spectre n'est pas influencé.
En solution acide, elle fournit une absorption beaucoup plus grande du spectre. Celui-ci est totalement absorbé jus- qu'au rouge; puis, entre C et F, s'espacent une série de quatre bandes d'absorption dont la première, droite, située au milieu de l'espace qui sépare C et U dans l'orangé, est étroite et carac- téristique; entre D et E, deux raies semblables à celles de la niétliémoglobine; enfin, une quatrième entre b et F, bien marquée et bien sombre; le bleu et le violet sont modérément absorbés.
Ilénune ou chlorhydrate d'hematine C^IL^N^FeO^HCl. — La Hémine. préparation de ce corps a acquis une grande valeur en méde- cine légale. La préparation des cristaux de Teichmann consti- tue en effet le meilleur moyen de déceler la présence du sang.
Préparation des crislaux (Chemine. — On chauffe dans un verre de montre et sur une petite flamme quelques gouttes de sang, ou de solution d'oxyhémoglobine, ou de matières sus- pectes, et très peu de chlorure de sodium et d'acide acétique glacial. On agite et l'on pousse la chauffe jusqu'à l'ébullition: puis on laisse refroidir la solution, on la réduit. On l'examine
% TECHNIQUE
au microscope cl l'on constate l'existence de cristaux caracté- ristiques, se présentant sous l'aspect de tables rhombiques obliques (cristaux de Teiclimann).
Insolubles dans l'eau; dans l'acide acétique glacial; soluble dans l'acide acétique bouillant.
Cristaux d'hémine.
Hémaio- Hématoporplrjiiiic. — Lorsqu'on fait agir d'une façon pro-
porpliyrine. .
longée un acide minerai sur une solution d nématine, le ter qu'elle contient forme avec l'acide un sel ferreux, et l'héma- tine se transforme en un composé nouveau, l'hématoporphy- rine.
Préparation de l'hématoporphyrine. — Méthode de Nencki et Sieber. — On fait agir environ 75 grammes d'acide acétique glacial saturé d'acide brombydrique sur 5 grammes environ de cristaux d'hémine; on chauffe pendant vingt ou trente minutes le ballon au bain-marie, jusqu'au moment où il n'y a plus de dégagement d'acide bromliydrique; on verse cette liqueur dans une grande quantité d'eau distillée. Il se forme,
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dans la liqueur colorée en rouge foncé, un précipité brunâtre, floconneux. On laisse reposer quelques heures, puis on filtre, on neutralise le filtratum par une solution de soude caus- tique; on refiltre pour recueillir le précipité; on sèche gros- sièrement, puis on fait digérer au bain-marie dans de la soude caustique, on sépare des résidus ferreux et l'on abandonne
la solution au repos.
Pendant le refroidissement, la paroi du vase se recouvre de cristaux d'hématoporphyrine associée à la soude. On décante et l'on dissout ces cristaux dans l'acide acétique; le pigment se précipite, on décante, on lave le précipité à l'eau; on le dissout prudemment dans de l'acide chlorhydrique et on laisse évaporer la solution rouge foncé dans le vide sur de l'acide sulfurique.
La majeure partie du chlorhydrate d'hématoporphyrine se prend en une masse de fines aiguilles. On lave celles-ci dans l'acide chlorhydrique a 10 %; on les redissout dans de l'eau tiède que l'on acidulé en quantité surlisante par l'acide chlor- hydrique, on filtre, on ajoute de l'acide chlorhydrique de 1.12 et l'on évapore dans le vide.
Les solutions acides de ce chlorure d'hématoporphyrine, traitées par l'acétate de sodium, laissent précipiter l'hémato- porphyrine libre, sous forme de flocons bruns.
L'hématoporphyrine (C1GH18N.20;3) est insoluble dans l'eau, peu soluble dans les acides dilués, plus soluble dans les acides concentrés; soluble dans les alcalis, très soluble dans l'alcool acidulé ou alcalinisé.
Caractères spectroscopiques. — En solution acide, l'hémato- porphyrine présente deux raies d'absorption, l'une pâle et
7
98 TECHNIQUE
étroite, à cheval sur la raie D, mais débordant celle-ci vers la gauche; l'autre large, plus foncée, située entre D et E, avec sa plus grande accentuation vers E.
En solution alcaline pas trop diluée, elle présente quatre raies : deux raies foncées, l'une étroite, entre D et E, plus près de D; l'autre large, entre b et F, débordant légèrement b, sans atteindre F; deux raies plus pâles, étroites : l'une entre C et D, l'autre entre D et E, plus près de E.
Le sang tient en solution des bases azotées, des hydrates de carbone et des sels dont l'extraction et le dosage présentent un grand intérêt. Tels sont l'urée et le sucre.
Les procédés d'extraction de ces corps présentent un point commun : la précipitation des albumines du sang. 11 existe de nombreuses méthodes qui réalisent ce desideratum.
Recherche Recherche du sucre dans le sang. — Dans ce cas, la précipita- du sucre. tion des albumines s'obtient de la façon la plus favorable par
la méthode de Schmidt-Mulheim-Hofmeister.
On prélève 50 grammes de sang au moins, on dilue de dix fois le volume d'eau et l'on chauffe dans une capsule; lorsque les premières vapeurs apparaissent, on ajoute 4 à 5 c. c. d'une solution à 18 °/0 de perchlorure de fer et 15 c. c. d'une solu- tion à 60 % d'acétate de sodium, et l'on porte à l'ébullition. La liqueur prend alors une coloration chocolat, et entre les flocons du précipité le liquide apparaît limpide. On neutra- lise prudemment à l'aide de carbonate de soude en cristaux, jusqu'à ce que la réaction ne soit plus que faiblement acide; une réaction faiblement alcaline n'entrave point l'opération. On filtre, on presse le précipité à la main d'abord, puis à la
DK CHIMIE l'MYSlOLOCIQUK. 99
presse; on le reprend par l'eau acidulée; on répète l'extrac- tion à plusieurs reprises; on réunit, on concentre les diffé- rente extraits aqueux a un volume déterminé, et l'on y recherche la présence du sucre, soit qualitativement par la phénylhydrazine, soit quantitativement par la liqueur titrée de Fehling. (Voir chap. VIII : Dosage du sucre.)
Recherche de l'urée dans le sang. — On mesure un volume Recherche
de déterminé de sang (50 c. c), on coagule l'albumine par addi- l'urée.
tion d'un volume suffisant d'alcool; on laisse sédimenter pen- dant douze heures, on filtre et on évapore, à une température inférieure à 75°, le filtratum a consistance sirupeuse.
On reprend le résidu de cette évaporation dans l'eau chaude et l'on traite par un excès d'acétate basique de plomb. On obtient une masse épaisse, filtrant difficilement; pour faciliter le passage à travers le filtre, on ajoute à la liqueur un peu de sulfate d'alumine, puis de l'eau de baryte, jusqu'au moment où il ne se forme plus de précipité; on fait passer un cou- rant d'acide carbonique et l'on filtre. On précipite le plomb par un courant d'hydrogène sulfuré, on filtre, on chauffé pour chasser l'excès d'hydrogène sulfuré.
La liqueur étant ainsi préparée, on précipite l'urée par le nitrate mercurique (voir chap. VIII : Méthode de dosage de l'urée. Solution de Liebig) et l'on neutralise l'acide libéré par de l'hydrate de baryte. On lave soigneusement le précipité, on le débarrasse des graisses par lavage a l'éther de pétrole, on suspend le précipité dans l'eau chaude; on précipite le mercure par un courant d'hydrogène sulfuré et l'on éva- pore prudemment le filtratum à une température inférieure a 78°.
100 TECHNIQUE
On caractérise les cristaux obtenus par les réactions sui- vantes :
1° On dissout quelques cristaux dans une goutte d'eau dis- tillée, que l'on place sous le microscope : sur le bord de la lamelle on fait arriver une goutte d'acide nitrique concentré ou de solution d'acide oxalique qui pénètre sous la lamelle par capillarité. Il se produit un précipité cristallisé caractéris- tique de nitrate ou d'oxalate d'urée. (Voir chap. VIII.)
2° On place sous le microscope quelques cristaux non dis- sous et recouverts d'une lamelle ; sur le bord de celle-ci on dépose une gouttelette de solution d'hypobromite ou d'hypo- chlorite de soude. On observe la production d'un dégagement gazeux.
§ 2. — Albumines du sang.
Le sang, dès sa sortie des vaisseaux, se coagule, c'est-à- dire que, dès ce moment, de la fibrine se précipite, entraînant dans ses mailles les éléments figurés du sang. Après quelques heures, lorsque les conditions de température et de repos sont favorables, le caillot se rétracte en expulsant de son réseau un liquide jaune citrin, albumineux : le sérum.
Sang coagulé
I 1
Caillot, Sérum
fibrine liquide et facilement et pigments. séparable.
Fibrine. Fibrine. — La fibrine se présente sous l'aspect de longs fila-
ments blancs, élastiques; insoluble dans l'eau, elle se dissout
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. KM
lentement, si elle esl fraîche, c'est-à-dire non coagulée cha- leur, alcool), dans des solutions pas trop concentrées de
substances alcalines (NaCI; NO;iK; NO»Na, etc.); des solutions faibles a 0.2°/» d'acide chlorhydrique agissanl à une tempéra- ture de il)1, la gonflent d'abord, la rendent plus transparent'' et finissent par la dissoudre en la transformant en syntonine. (Voir chapitre : Digestion.)
En présence d'eau oxygénée (H^O2), elle produit un dégage- ment de fines bulles de gaz.
Sérum. — Liquide jaune citrin, de coloration plus ou moins Sérum sanguin. foncée, parfois opalescente (graisse et albumines), de réaction alcaline.
Le sérum sanguin renferme deux substances albuminoïdes : la sérum-albumine (serine de Denis) et la sérum -globuli ne (paraglobuline), dans la proportion de 22 à 15 °/0; par sa richesse en albumines, il est justiciable de toutes les réactions générales des substances albuminoïdes.
Préparation du sérum. — On prépare le sérum sanguin en abandonnant à la coagulation, dans des vases de forme cylindrique, le sang qui sort des vaisseaux. Après quelques heures, le caillot se rétracte, expulse le sérum du réseau de fibrine.
On peut aussi déiibriner le sang par le battage : on filtre le sang défibriné à travers une toile d'étamine, puis on laisse sédimenter; les éléments ligures gagnent le fond du vase et le sérum, assez coloré, s'amasse dans les couches les plus super- ticielles; ou bien on soumet à l'action de la force centrifuge pendant quelques heures. On décante, dans ces conditions.
102 TECHNIQUE
un sérum non complètement dépourvu d'éléments figurés; on soumet de nouveau à la centrifugation, et l'on obtient alors un sérum bien clair et limpide. On recueille le sérum à l'aide de la pipette.
Albumines Séparation de la sérum-albumine et de la sérum-globuline. —
>du
sérum. 1" On dilue le sérum de cinq fois son volume d'eau et l'on fait barboter pendant plusieurs heures dans un courant d'acide carbonique; la globuline se précipite, l'albumine reste en solution. Ce procédé ne permet pas la séparation complète des deux substances.
2° Procédé de Hamuiarsteii. — Ce procédé est plutôt un procédé de préparation de la globuline à l'état de pureté.
On dilue le sérum dans vingt fois son volume d'eau, puis on y ajoute du sulfate de magnésie en cristaux jusqu'à satu- ration. La globuline se précipite, l'albumine reste dissoute. On filtre, on lave le précipité sur le filtre au moyen d'une solution saturée de sulfate de magnésie. 11 est utile de renou- veler à plusieurs reprises la dissolution et la précipitation de la substance.
3° Procédé de Drechsel. — On étend le sérum de trois fois son volume d'une solution saturée de sulfate d'ammoniaque; puis on ajoute, en agitant continuellement le mélange, de nou- velles quantités du même sel en cristaux, jusqu'à sursatura- tion. Les deux substances albuminoïdes se précipitent; on filtre, on lave le précipité sur le filtre à l'aide d'une solution saturée de sulfate d'ammoniaque; on peut aussi reprendre le précipité dans un peu d'eau et précipiter de nouveau les deux substances protéiques.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 103
On dissout le précipite'' lavé dans le moins d'eau possible et l'on élimine les sels par une dialyse énergique. La globuline se précipite peu à peu, à mesure de l'appauvrissement de la solution en sels; l'albumine reste dissoute. Lorsque la dialyse est terminée, c'est-à-dire lorsqu'il ne passe plus de sulfate d'ammoniaque à travers la membrane, on filtre, on lave le précipité sur le tiltre. On neutralise exactement le filtratum, on le soumet de nouveau à la dialyse, on tiltre, et on l'évaporé à basse température, 40° environ. Lorsque la liqueur est refroidie, on précipite l'albumine à l'aide d'alcool fort, on tiltre immédiatement, on presse le précipité, on le lave à l'éther pour chasser l'alcool qui altère les propriétés de la substance et l'on dessèche sur acide sulfurique.
Propriétés de In sérum-albumine. — La sérum-albumine se Sérum -
albumine.
dissout dans l'eau dans toutes les proportions et donne une liqueur claire.
Elle est insoluble dans l'alcool qui la précipite et en altère rapidement les caractères; elle est peu ditTusible; elle dévie la lumière polarisée vers la gauche [a]D = — 62°. 6 à — 64°. 59.
En présence d'une quantité suffisante d'acide acétique, la chaleur la coagule; la coagulation se produit d'une façon pro- gressive; vers 60° à 65°, le liquide albumincux se trouble et la précipitation en flocons se produit vers 7U2" à 73°. La richesse de la solution en sels influence beaucoup la température de coagulation.
Le sulfate d'ammoniaque en cristaux, en excès, la précipite de sa solution sans l'altérer; le sulfate de magnésie ne l'in- fluence pas; par contre, si on sature de sulfate de soude la solution albumineuse déjà saturée de sulfate de magnésie,
104 TECHNIQUE
l'albumine se précipite; le chlorure de sodium à saturation n'entraîne pas la précipitation de la sérum-albumine.
En résumé :
Solubilité dans l'eau;
Indifférence en présence de la saturation par le sulfate de magnésie, le chlorure de sodium;
Précipitation par la saturation de cristaux de sulfate d'am- moniaque ;
Coagulation de 72° à 73° ;
Rotation — 62°.6 à — 64°.59.
Sérum- Caractères de la sérum-gloliuline. — La sérum-globuline est
globuline.
insoluble dans l'eau, dans l'alcool qui la précipite en l'altérant
et en en modifiant les propriétés ; elle se dissout dans l'eau
salée (5 à 10 °/0); elle se dissout moins bien si la solution est
plus riche et aussi plus pauvre en sel.
Les solutions légèrement alcalines précipitent par l'addition d'acides, même d'acide carbonique; la sérum-globuline n'est point altérée par cette action. Les solutions légèrement alca- lines, saturées d'acide carbonique, laissent précipiter la globu- line sans l'altérer; l'excès d'acide carbonique redissout une partie du précipité; l'expulsion de cet excès entraine la préci- pitation de la globuline.
Les cristaux de sulfate d'ammoniaque en excès la précipitent complètement ; le sulfate de magnésie agit de même (Ham- marslen); le chlorure de sodium la précipite complètement, mais seulement si la globuline est pure.
La sérum-globuline coagule à 75°; elle dévie la lumière polarisée [a]D = — 47°. 8 à - 48°. 2.
DE CHIMIE PHYSI0L0GIQ1 i 108
Eo résumé :
[nfolubilité dans l'eau; solubilité dans l'eau salée à 10%;
Précipitation par ta saturation au moyen de cristaux de sul- fate de magnésie;
Précipitation par la saturation au moyen de chlorure de sodium en cristaux, niais seulement à l'état de pureté;
Coagulation à 7o°;
Déviation [a]„ = — 47°.8 à — 48°.2.
Le fibrinogène qui se rencontre dans le plasma sanguin fait Fibrinogènek généralement défaut dans le sérum; cependant, dans des con- ditions indéterminées, il peut se faire qu'il en reste un excès libre après la coagulation du sang.
Il possède la plupart des propriétés de la paraglobuline et s'en différencie par son point de coagulation : 52" à ;>5°.
S 3. — Analyse quantitative du sang. I. Réaction du sang. — Il est assez difficile de rechercher la Réaction
du réaction du sang; le pigment sanguin reste fixé sur le papier sang.
de tournesol qu'il colore et peut facilement faire admettre une
donnée erronée.
Aussi a-t-on jugé utile de modifier les méthodes d'essai.
Liebreich arrose de teinture bleue ou de teinture rouge de tournesol des plaques de plâtre ou de terre poreuse. Sur ces plaques préparées d'avance et desséchées, on laisse s'écouler quelques gouttes de sang; puis on lave à grande eau. Si le sang est alcalin, la place où s'est écoulée la goutte de sang se marque sur le fond rouge général de la plaquette par une tache bleue; dans le cas où le sang est acide, la place de con- tact se marque par une tache rouge sur fond bleu.
106 TECHNIQUE
Zuntz recommande l'emploi de bandelettes de papier glacé et imprégné de teinture de tournesol. On humecte le papier à l'aide d'une solution de chlorure de sodium ou de sulfate de soude, puis on le plonge à plusieurs reprises dans le sang; on relave le papier à l'eau chlorurée ou dans la solu- tion de sulfate de soude.
On a préconisé même des méthodes permettant d'apprécier en chiffres l'alcalinité du sang.
Von Jaksch établit une échelle de dix-huit solutions diffé- rentes, composées :
I. 1 c. c. de solution renferme 0.9 c. c. d'acide tartrique, Viooo N;
0.1 c. c. sulfate de soude. II. 1 c. c. de solution renferme 0.8 c. c. d'acide tartrique, '/îooo N;
0.2 c. c. sulfate de soude. III. 1 c. c. de solution renferme 0.7 c. c. d'acide tartrique, Viooo N">
0.3 c. c. sulfate de soude,
et ainsi de suite jusqu'à la solution
IX. 1 c. c. de solution renferme 0.1 e. c. d'acide tartrique, '/10oo N;
0.9 c. c. sulfate de soude. X. 1 c. c. de solution renferme 0.9 c. c. d'acide tartrique, Vioo N'> 0.1 c. c. sulfate de soude,
et ainsi de suite jusqu'à la solution
XIV. 1 c. c. de solution renferme 0.5 c. c. d'acide tartrique, */ioo N ; 0.5 c. c. sulfate de soude, et ainsi de suite jusqu'à la solution
XVIII. 1 c. c. de solution renferme 0.1 c. c. d'acide tartrique, Vioo N; 0.9 c. c. sulfate de soude,
dont, par conséquent, la richesse en acide va graduellement croissant.
DE CHIMIE PHYSIdLOGIQI B.
107
On mélange dans un verre de montre les quantités d'acide et de sulfate, mesurées au moyen d'une pipette; on y verse, au moyen d'une pipette graduée, 0.1 c. c. de sang, prélevé à la région dorsale; on agite le mélange et on y plonge des bande- lettes de papier tournesol très sensible.
On observe dans laquelle de ces solutions le mélange est bien neutre, c'est-à-dire ne rougit pas le tournesol bleu et ne bleuit pas le tournesol rouge.
La quantité d'acide contenue dans cette solution exprime la quantité d'acide nécessaire pour neutraliser l'alcalinité de 0.1 c. c. de sang; pour 100 c. c. de sang, il faudra 1000 fois plus d'acide.
Le dosage doit être pratiqué avec rapidité; on sait en effet que le sang soustrait a l'action de l'endotbélium perd rapide- ment son alcalinité.
2. Dosage de l'albumine par la méthode de Kjeldalil. — On opère sur 5 c. c. de sang frais; on y ajoute, dans le flacon spé- cial, 10 c. c. d'acide sulfurique Kjeldahl et quelques centi- grammes d'oxyde jaune de mercure (0.20) ; on ebauffe jusqu'au moment où la décoloration totale est atteinte. Pour le reste, on procède comme il est indiqué ailleurs. (Voir chap. VIII : Dosage de l'urée.)
Calcul de la quantité d'albumine. — L'albumine renferme en moyenne 16 °/0 d'azote; pour connaître la teneur du sang en
albumine, on multiplie le chiffre d'azote renseigné par le
100 dosage, par le facteur — = 6.25.
Le résultat exprime la quantité d'albumine contenue dans
o c. c. de sang.
108
TECHNIQUE
Dosage de
5. Dosage de l'hémoglobine. — On dose l'hémoglobine dans l'hémoglobine le sang, soit par des méthodes colorimétriques, soit par des méthodes chimiques.
a,\ a'
Hémomètre de Fleisclil.
Méthode 1 . Méthode coloiimeliitjue. — Hémomcde de Fleisclil. — L'instru-
(.olorimétrique.
ment se compose d'une platine semblable à celle du micro- scope; elle porte au centre une ouverture dans laquelle s'em- boîte une petite auge subdivisée par une cloison verticale en deux parties égales.
Sous la platine, un ajutage porte, en guise de réflecteur, une plaque de plâtre, et, correspondant à l'une des deux petites augettes, une pièce de verre colorée en rouge. On peut faire varier, au moyen d'une vis, la position de cette lame. La lame de verre est mince d'un côté et augmente graduellement d'épaisseur; sa couleur paraît de plus en plus foncée ù mesure que la couche observée devient plus épaisse.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 109
Une graduation spéciale permet de calculer en chiffres le degré de coloration.
Principe de lu méthode. — Ce dosage consiste à comparer entre elles la teinte que donne un volume déterminé de sang dilué dans un volume constant d'eau et la teinte que présente une portion quelconque de la lame de verre, observée sous une même épaisseur d'eau.
Technique. — On récolte le sang au moyen d'une pipette, qui n'est qu'un tube capillaire de capacité connue : 6.5 milli- mètres cubes. Ce tube est ouvert a ses deux bouts et porte un petit ajutage métallique à sa partie médiane.
On dissout le sang recueilli, dans l'augette, dans une quantité d'eau correspondant au-Vs ou au l/i de la contenance de l'au- gette de comparaison; on rince soigneusement la pipette et l'on remplit les deux augettes d'eau, de telle façon que l'on obtienne une surface plane et non pas un ménisque concave ou convexe. On fait varier la position de la lame colorée jus- qu'au moment où les deux demi-auges présentent une teinte rigoureusement égale.
La quantité d'hémoglobine pour cent est indiquée par le chiffre de la graduation.
i. Dosage chimique «le l'hémoglobine. — L'hémoglobine ren- Méthode
chimique, ferme une quantité fixe et constante de fer, dont on peut
évaluer la proportion à 0.42 % ('e 'cr Pour '100 grammes d'hémoglobine. Il sera donc facile de déterminer la propor- tion d'hémoglobine contenue dans un échantillon de sang d'après la quantité de fer qu'il renferme.
110 TECHNIQUE
Principe de la méthode. — La méthode consiste à transfor- mer une quantité inconnue d'un sel de protoxyde de fer en peroxyde de fer par une solution de caméléon ayant une force oxydante connue.
Si l'on a une solution de permanganate de potasse et si l'on sait combien de fer une'quantité quelconque de cette solution peut transformer en peroxyde de fer, il sera facile de déter- miner la quantité inconnue de fer d'après la quantité de camé- léon nécessaire pour opérer la transformation.
Préparation du sang. — On évapore au bain-marie 20 à 30 ce. de sang jusqu'à dessiccation complète; puis on calcine prudem- ment, jusqu'au moment où il ne se dégage plus de fumées.
On reprend le charbon avec de l'acide chlorhydrique pur ; on filtre sur un filtre de papier suédois, on lave abondamment à l'eau (élimination des chlorures). On dessèche dans la cap- sule le filtre et le charbon qu'il retient, on ajoute peu à peu l'extrait chlorhydrique, on acidulé d'acide sulfurique, on éva- pore, puis on incinère charbon et filtre à feu vif.
On reprend le résidu refroidi par de l'acide sulfurique dilué (2 parties sur 3 parties d'eau); on chauffe un peu pour activer la dissolution du résidu et l'on dilue à 50 c. c. ou à 100 c. c.
On obtient ainsi le fer réduit partiellement à l'état de sel ferreux et partiellement à l'état de sel ferrique. Ce dernier doit être réduit à l'état de sel ferreux avant de procéder au dosage.
Dans ce but, on chauffe la solution sulfurique dans un petit ballon à long col incliné, et l'on y ajoute de petits fragments de zinc privé de fer. On chasse, pendant l'action de cette réduction, l'air contenu dans le ballon par un courant d'acide carbonique. On prolonge l'opération jusqu'à complète décolo-
DE ClilMlB PHYSIOLOGIQUE. I 1 I
ration et jusqu'à dissolution complète du zinc; on laisse refroidir dans un courant d'acide carbonique.
La solution est alors préparée pour le dosage du fer.
Solutions nécbssaibbs poob le dosaoe do feh :
Solution de caméléon. — On dissout 3w.L10 environ de per- manganate de potassium dans 1 litre d'eau. Cette solution a une couleur violette et se conserve bien à l'abri de la lumière et surtout à l'abri des poussières organiques. Il est cependant prudent de rétablir le titre de la solution avant de s'en servir. On établit le titre de la solution soit au moyen du sulfate double de fer et d'ammoniaque, soit au moyen de l'acide oxalique.
a) Titrage par le sulfate double de fer et d'ammoniaque :
Ce sel se conserve bien ; il contient le V7 de son poids de fer métallique; il permet de faire rapidement une solution de fer connue. Les cristaux doivent être vert bleuâtre et bien limpides (les cristaux jaunes sont à rejeter).
On pèse exactement 3s'\92 de ce sel que l'on dissout dans 200 c. c. acidulés de 20 c. c. d'acide sulfurique et l'on étend pour faire 1 litre. Cette quantité de sel représente une quan- tité de fer métallique égale à 0sr.56. On mesure à la pipette 10 c. c. de cette solution contenant 0«r.O056 de fer; on laisse s'y écouler le caméléon goutte a goutte, en remuant le mélange continuellement. Les gouttes rouges se décolorent rapidement au début, puis plus lentement, jusqu'au moment où l'addition d'une dernière goutte détermine l'apparition d'une teinte rose qui persiste malgré l'agitation. On fait alors la lecture et l'on établit, après plusieurs essais, la moyenne du nombre de centimètres cubes de caméléon qui suffisent à oxyder 10 c. c. de la solution, c'est-à-dire 0«r.00o6 de fer. On établit alors le calcul suivant :
N : 0.00;iG : : 1 : x
112 TECHNIQUE
dans lequel N représente le nombre de centimètres cubes de solution de permanganate et x la quantité de fer que 1 c. c. de cette solution peut transformer en peroxyde.
(3) Titrage par l'acide oxalique :
On pèse exactement Os1'. 63 d'acide oxalique pur et dessécbé et l'on étend cette solution pour faire 1 litre.
On mesure 25 c. c. de cette solution, on les porte dans un ballon conique, on ajoute 3 à 4 c. c. d'acide sulfurique privé de fer et l'on chauffe sur une toile métallique. On laisse alors couler, goutte à goutte, la solution de caméléon jusqu'au moment où l'agitation fait apparaître une coloration rosée dont on déter- mine plus facilement l'apparition sur fond blanc. On note le nombre de centimètres cubes de solution de permanganate nécessaires pour atteindre ce point. I c. c. de la solution de permanganate correspond à 0.56 milligramme de fer, si le titre est exact, c'est-à-dire si 25 c. c. de caméléon = 25 c. c. d'acide oxalique.
S'il n'en est pas ainsi, et qu'il faille, pour atteindre le point final de la réaction, employer seulement 24.4, ia valeur de
A A 1 1 ♦• A . a 0.56X^5
1 c. c. de la solution de permanganate sera de — — — —
s 24.4
= 0.573 milligramme de fer.
Dosage du fer 5. Dosage du fer dans le sang. — On procède au dosage de la dans le sang.
même façon que Ton procède à l'établissement du titre de la solution de caméléon.
On calcule facilement la teneur du sang en hémoglobine : on multiplie la quantité de fer trouvée par le facteur ft— = 238.
Dosagedel'urée 4. Dosage de l'urée dans le sang. — On emploie la méthode dans le sang.
décrite plus haut (Recherche qualitative du sang).
On reprend la masse cristallisée dans une très petite quan- tité d'eau distillée et l'on y dose l'azote par le procédé de Kjeldahl.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. \VA
L'urée renferme, ainsi qu'il est dit plus haut, 46.66% d'azote;
pour trouver la quantité d'urée correspondant à une quantité déterminée d'azote, on multiplie la quantité d'azote trouvée
5. Dosage du sucre dans le sang. — On opère sur 5'0 c. c. de Dorage du niera
,,,,,. . d»M le sauf;.
sang en suivant exactement la méthode décrite ci-dessus (p. 98) ; on réduit à un volume déterminé (100 c. c.) les différents extraits et l'on y dose le sucre par la liqueur de Fehling. (Voir chapitre IX : Dosage du sucre.)
CHAPITRE VII.
LE LAIT.
Le lait est une émulsion; il renferme de nombreuses gout- telettes de graisse, suspendues dans un plasma dont les prin- cipaux éléments constitutifs sont : la caséine, la lactalbumine, la lactose.
Sa réaction est en général faiblement alcaline, parfois neutre, parfois même acide; par la conservation, le lait subit une fermentation, qui livre comme produit de l'acide lactique de fermentation, et la réaction d'alcaline qu'elle était, devient de plus en plus acide.
Par le repos, les globules de lait se réunissent à la surface et forment une couche de crème plus ou moins épaisse, sans cependant que la couche sous-jacente soit complètement pri- vée de graisse. L'emploi de la force centrifuge permet d'opérer cette séparation d'une façon beaucoup plus complète.
La densité du lait non écrémé oscille entre 1.029 et 1.033; celle du lait écrémé entre 4.032 et 1.036. On la détermine soit à l'aide de l'aréomètre, soit à l'aide du pycnomètre; on peut aussi faire usage d'instruments spéciaux, les pèse-lait.
Nous étudierons dans ce chapitre les principaux éléments normaux du lait :
1° La caséine ;
2° La lactalbumine;
3° La lactose (sucre de lait);
4° Les globules de lait.
116 TECHNIQUE
Schéma de l'analyse qualitative.
20 c. c. de lait -|- 400 centilitres d'eau : additionnés d'acide, acétique dilué 0.1 % + CO2
, !
i ; î
Caséine, beurre Filtratum : albumines, sucre,
-f- éther sulfate d'ammoniaque en cristaux
I I l I
Caséine. Graisse. Albumines. Sucre.
On dilue 20 c. c. environ de lait dans 400 c. c. d'eau distil- lée, on acidifie à l'aide d'acide acétique dilué, jusqu'à ce que le mélange renferme environ 0.1 % d'acide. On mélange inti- mement. La caséine se précipite en gros flocons qui gagnent rapidement le fond du vase, entraînant avec eux la graisse. On filtre et on lave le précipité à l'eau sur le filtre; pour séparer la graisse, on lave le précipité à l'alcool, puis abondamment à l'éther, ou bien on porte le tout dans un appareil à extraction. On récolle l'éther, on le laisse évaporer et l'on obtient la graisse comme résidu de cette évaporation.
Caséine. On redissout la caséine dans de l'eau distillée faiblement
alcalinisée; on acidulé de nouveau à l'aide d'acide acétique; la caséine se précipite dans un état de pureté suffisant pour l'étude de ce corps.
La caséine se présente sous la forme d'une poudre blanche, insoluble dans l'eau, soluble dans les alcalis caustiques, même en solution très étendue; dans les solutions des carbonates alcalins et dans les solutions de sels alcalins; dans l'eau de baryte, l'eau de chaux; dans les solutions diluées d'acide.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 117
L'addition d'acide acétique dilué la précipite <!<• ses solu- tions, ainsi que l'addition d'acide acétique et un courant d'acide carbonique.
Le chlorure de sodium en cristaux jusqu'à relus la précipite de ses solutions dans les alcalis; le sulfate de magnésie dans les mêmes conditions la précipite complètement. Ni la cha- leur ni l'alcool ne la coagulent, c'est-à-dire ne la transforment en une substance protéique ayant des propriétés différentes.
Son pouvoir rolatoire est de (a)„ = — 80°.
Digérée avec de l'acide chlorhydrique à 0.2 %, elle se dis- sout ; la solution se trouble et renferme un résidu insoluble de nucléine.
Graisses. — L'évaporation de l'extrait éthéré de la caséine Graisses. abandonne les graisses. Celles-ci sont constituées par l'oléine, la palmitine et la stéarine; on y trouve aussi des éthers d'acide butyrique, etc.
Extraction de la graisse. — On peut extraire directement les graisses du lait : on alcalinise à l'aide de soude caustique 100 grammes de lait, on agite à plusieurs reprises avec de l'éther, on décante les extraits éthérés, on les réunit, on les évapore à basse température. Les graisses restent comme résidu de cette évaporation.
Pour séparer ces différentes graisses, on maintient le résidu graisseux pendant deux à trois heures à une température de 20° environ : la palmitine et la stéarine cristallisent.
On filtre, on lave les cristaux à l'alcool ordinaire froid, on exprime la niasse.
L'oléine, C3H5 (CjgH^Oo);}, se présente sous la forme d'une huile incolore, qui jaunit au contact de l'air; elle est peu
118 TECHNIQUE
soluble dans l'alcool ordinaire froid, assez soluble dans l'alcool absolu, très soluble dans l'éther.
La séparation de la stéarine et de la palmitine est beaucoup plus difficile à réaliser; on peut cependant, au moins partiel- lement, y arriver, en faisant agir sur les cristaux de l'alcool absolu chaud et en filtrant à chaud. La palmitine se dissout plus facilement que la stéarine ; on évapore cette solution et l'on obtient un résidu dont le point de fusion est à 53° à 68°. Le point de fusion de la stéarine est à 62°.
Le mélange des deux graisses présente une forme cristalline spéciale : sphères composées de petites plaques ou d'aiguilles s'irradiant autour d'un point central.
La palmitine, CsH^C^ï^O^, isolée cristallise en fines aiguilles; la stéarine, CsH^Cjgt^O^, cristallise en tables rectangulaires.
Propriétés de la graisse. — 1. On écrase une parcelle de graisse à l'aide d'un morceau de papier : il se forme au point d'écrasement une tache translucide.
2. La graisse est neutre : on verse quelques gouttes de solu- tion éthérée de graisse dans un tube à essai, contenant quel- ques centimètres cubes d'une solution alcoolique d'acide roso- lique, additionnée d'une goutte de solution diluée de soude caustique. La liqueur conserve la couleur rouge.
3. On broie dans un mortier une parcelle de graisse avec du sulfate acide de potassium et l'on chauffe le mélange dans un tube à essai bien sec. La graisse se caractérise par la for- mation d'acroléine que l'on reconnaît à son odeur piquante.
4. Épreuve de la saponification : On dissout au bain-marie 5 grammes de potasse caustique dans 5 c. c. d'eau ; on y ajoute
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 149
la graisse dissoute dans 50 c. c. d'alcool fort bouillant; on chauffe le mélange jusqu'au moment où il constitue une masse homogène. La graisse est alors décomposée en ses éléments : acide gras et glycérine. On s'assure facilement qu'il en est ainsi en recueillant une goutte du liquide dans l'eau : si la saponi- fication est terminée, la solution reste limpide; elle se trouble, au contraire, si la saponification n'est point achevée.
On évapore la solution au bain-marie (expulsion de l'alcool); on acidulé à l'aide d'acide sulfurique dilué et l'on voit appa- raître des gouttelettes graisseuses que Ton recueille dans l'éther; puis que l'on isole par évaporation de la solution éthérée.
Propriétés générales des acides ijras. — 1. Ils se comportent vis-à-vis du papier comme le fait la graisse.
2. Ils possèdent une réaction acide : c'est-à-dire que, placés dans les mêmes conditions d'investigation que la graisse, ils jaunissent la solution rouge d'acide rosolique.
3. Traités par le sulfate acide de potassium, ils ne dégagent point d'acroléine.
Ces acides sont : l'acide oléique, palmitique, stéarique, dont nous avons indiqué les propriétés ailleurs (p. 75). L'acide butyrique se reconnaît facilement à son odeur caractéristique.
La séparation de la caséine entraînant les graisses livre un filtratum clair tenant en solution une petite partie de caséine non précipitée, la lactalbumine, la lactoglobuline et le sucre.
Ladalhuniine, laclogloltuline. — La lactalbumine s extrait faci- Lactalbumine,
> • oi i i ,«. lactoglobuline.
lement en ajoutant au filtratum des cristaux de sulfate d am-
120 TECHNIQUR
moniaque jusqu'à refus. Dès que la liqueur est saturée, l'albu- mine et la globuline se précipitent en fins flocons. On redis- sout le précipité dans un peu d'eau chlorurée à 10 %, puis on ajoute des cristaux de sulfate de magnésie jusqu'à saturation. La lactoglobuline précipite en fins flocons que l'on sépare facilement par filtration; on lave le précipité sur le filtre, à l'aide d'une solution saturée de sulfate de magnésie.
La lactoglobuline possède les propriétés générales de la globuline du sérum sanguin. (Voir chapitre VI, p. 104.)
Lactaibumine. Lactalbumme. — Dans le filtratum passent la lactalbumine et la lactose. On extrait la lactalbumine, en ajoutant à la solution des cristaux de sulfate d'ammoniaque jusqu'à refus; la lactalbumine précipite en fins flocons.
La lactalbumine possède les propriétés de la sérum-albu- mine. (Voir chapitre VI, p. 103.)
Elle n'en diffère que par son pouvoir rotative moindre [(a)D = — 36°.4à — 36°.98].
La lactose reste seule en solution.
Lactose. Lactose. — La lactose, C4i2H2!2041 -f- H^O, est une biose; elle
cristallise en prismes à quatre pans; elle se dissout assez bien dans l'eau froide, mieux dans l'eau chaude, peu dans l'alcool. Elle dévie la lumière polarisée vers la droite [(a)D = -f 52°.53]. Bouillie avec de l'acide sulfurique ou chlorhydrique étendu, elle se transforme en deux molécules de hexose :
C12H220h + H20 = 2Cc1I120c.
Glucose ou ealactose.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. \ 2\
De même que la glucose, elle s'engage dans des comp" insolubles avec les alcalis (solution alcoolique de soucie ou de potasse), avec certains sels métalliques (sels de cuivre ou de plomb), avec le chlorure de benzoïle et la soude caustique, enfin, avec l'acétate de phénylhydrazine.
II l'.iri i ii ii s principales.
1 . Épreuve de la fermentation. — La lactose ne fermente pas en présence de levure de bière.
2. Réaction de Fehling. — La lactose réduit la liqueur de Fehling, mais son pouvoir réducteur est moindre que celui de la glucose : 100 milligrammes de glucose suffisent à réduire à l'état d'oxydule 20 c. c. de liqueur de Fehling; cette quan- tité de liqueur exige pour complète réduction 184 milli- grammes de lactose.
3. Réaction de Rùbner. — On ajoute à 10 c. c. de solution sucrée, 3 grammes d'acétate de plomb et l'on ajoute ensuite de l'ammoniaque; on chauffe longtemps a Pébullition. La liqueur prend une couleur rouge plus ou moins manifeste qui se fixe sur le précipité.
i. Réaction de la phénylhydrazine. — On fait agir sur 20 c. c. de solution de lactose quelques gouttes de phénylhydrazine et le double d'acide acétique dilué à 50 %• On mélange bien et l'on filtre, s'd y a lieu. On chauffe le filtratum limpide au bain-marie pendant une heure et demie ; par le refroidisse- ment, la lactosazone se montre alors sous forme de cristaux agglomérés en houppes.
122 TECHNIQUE
Ce composé appartient au groupe des osazones pauvres en azote ; il partage les propriétés de la maltosazone, c'est-à-dire qu'il se dissout dans l'eau chaude, et que le refroidissement le fait cristalliser. II répond à la formule C18H32N4O9. Son point de fusion est 200°.
Analyse quantitative du lait.
Poids 1. Détermina lion du poids spécifique du lait. — On détermine le
spécifique .
du lait. poids spécifique du lait soit au moyen du pycnomètre, en sui- vant les règles indiquées au chapitre suivant, soit au moyen du densimètre. Quelle que soit la méthode que l'on emploie, il faut au préalable agiter soigneusement le lait afin d'opérer un mélange bien intime de la graisse et de la caséine. Du bon lait de vache pèse de 1.029 à 1.033.
Dosage 2. Dosage du résidu solide et du résidu fixe. — On pèse dans
du résidu solide , ,
et une petite capsule recouverte d un verre de montre, de 15 a
du résidu fixe.
20 grammes de lait bien mélangé. On évapore au bain-mane jusqu'à siccité. On chauffe alors le résidu dans un bain d'air à 110°-112°, jusqu'au moment où le poids reste constant; ou bien on le place dans un exsiccateur et on le maintient dans cette atmosphère sèche jusqu'au moment où l'on ne constate plus de perte d'eau. On chauffe alors le résidu à l'étuve à 110°-120° pendant quelques heures; on le laisse refroidir dans l'exsicca- teur et l'on pèse.
Pendant la dessiccation complète du lait au bain-marie, la lactose se décompose et brunit par la chaleur. On peut éviter cet inconvénient en terminant la dessiccation sur de l'acide sulfurique dans un courant d'air.
DE CHIM1K PHYSIOLOGIQUE. 123
Les pertes qui résultent de cette décomposition sont de peu d'importance et peuvent être négligées.
3. Détermination de In quantité de sels contenue dans le lait. — Quantité de sels
contenue On calcine prudemment, au rouge naissant, le résidu pesé de daw le lait.
l'évaporation du lait, jusqu'au moment où il ne se dégage plus de fumée. On épuise alors le charbon par l'eau chaude, on filtre sur un filtre lavé de papier suédois; on dessèche la cap- sule et le filtre, ainsi que les résidus charbonneux; on les cal- cine au rouge vif jusqu'au moment où le charbon apparaît blanc de neige; on facilite l'incinération en écrasant les frag- ments de charbon à l'aide d'un couteau en platine. On laisse refroidir les cendres dans l'exsiccateur, puis on ajoute l'extrait aqueux ainsi que les eaux de lavage du charbon ; on évapore, puis on calcine au rouge naissant le résidu de cette évapora- lion. On laisse refroidir pendant douze heures dans l'exsicca- teur et l'on pèse. Le poids donne la quantité de matières salines.
4. Dosage des sulislances alliumineuses dans le lait. — On dilue Dosage
des substances
20 c. c. de lait dans 200 c. c. d'eau distillée ; on jette cette masse aibumineuses
dans le lait.
dans un grand verre de Bohême, puis on acidifie en versant goutte à goutte de l'acide acétique dilué jusqu'à la formation d'un précipité tloconneux. On fait alors barboter à travers la solution un courant d'acide carbonique pendant une demi- heure; on laisse sédimenter pendant douze heures. On filtre à travers un filtre lavé; on rince le caillot sur le filtre. On récolte le filtratum et les eaux de lavage, on porte à l'ébulli- tion ; on jette sur le même filtre si l'on a en vue le dosage des albumines, sur un autre filtre lavé, si l'on recherche séparé-
124 TECHNIQUE
ment la quantité de caséine et d'albumine. On lave à l'eau distillée, à l'alcool, et à plusieurs reprises à l'éther ; on dessèche le précipité au bain d'air à 120°, on laisse refroidir dans l'exsiccateur, puis on pèse le caillot et on le calcine en suivant les règles générales de la calcination. Le poids du cail- lot diminué du poids des cendres représente le poids total des substances albumineuses.
Cette méthode de dosage n'est pas applicable au lait humain, car la caséine du lait humain ne précipite qu'incomplètement par l'acide carbonique et l'acide acétique.
Dosage 5. Dosage «le l'azote total par la méthode de Kjeldahl. — On
de l'azote total ' J
parla méthode mesure 10 c. c. de lait à la pipette; on verse cette quantité
de Kjeldahl. n ' M
dans un ballon Kjeldahl, on y ajoute 10 c. c. d'acide sulfu- rique Kjeldahl. environ 0sr.2 d'oxyde jaune de mercure; puis on chauffé jusqu'à décoloration complète du mélange qui avait d'abord noirci. On procède ensuite à la distillation comme il est indiqué plus bas (chapitre VIII, p. 140).
On multiplie la quantité d'azote renseignée par le dosage par le facteur — — = 6.37. Le résultat exprime en grammes la quantité de caséine.
Dosage 6. Dosage de la graisse dans le lait. — On mesure 30 c. c. de
de la graisse
dans le lait, lait que l'on verse dans un flacon bouché à l'émeri ; on alca- linise par addition de 1.5 c. c. de potasse caustique de 1.27; on ajoute 100 c. c. d'éther sulfurique absolu et on agite le mélange, de façon à mettre l'éther bien en contact avec le lait alcalinisé. On laisse les liquides se séparer, on décante l'éther que l'on récolte dans un flacon bien bouché. On répète cette opération à plusieurs reprises, jusqu'au moment où l'évapora-
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 125
lion d'une petite portion de l'extrait éthéré ne laisse plus dé résidu graisseux. On réunit tous ces extraits dans un petit fla- con conique et Ton chasse l'éther par une chaleur modérée* Pour terminer l'expulsion des vapeurs d'éther, on l'ait passer ;'i température modérée un courant d'acide carbonique. On dessèche a l'étuve à température modérée, on achève la dessic- cation à l'exsiccateur et on pèse le résidu.
On peut aussi faire usage de l'appareil à extraction de Soxhlet. On verse 20 c. c. de lait dans le filtre Soxhlet préala- blement rempli de kaolin calciué; on dessèche pendant plu- sieurs jours à 100°, puis on fait l'extraction avec 200 grammes d'éther sulfurique absolu. On évapore l'extrait obtenu et l'on pèse le résidu desséché de cette évaporation.
7. Dosage du sucre dans le lait. — On peut utiliser, pour le Dosage du sucre
dans le lait, dosage du sucre dans le lait, le filtratum obtenu après la
séparation de la caséine et la coagulation de l'albumine. Il est préférable cependant de prélever 20 c. c. de lait dont on sépare les éléments albuminoïdes, comme il est indiqué ci-dessus, c'est-à-dire par l'action combinée d'un courant d'acide carbo- nique et d'acide acétique, et l'action de la chaleur. On filtre, puis on reprend le caillot avec de l'eau bouillante et l'on exprime le coagulum albumineux soit à la main, soit à la presse. On réunit les différents extraits, on les réduit à un petit volume (100 c. c.) et l'on y dose le sucre par la liqueur de Fehling, en prenant toutes les précautions indiquées ailleurs (chapitre IX : Dosage du sucre).
Le sucre de lait possède un pouvoir réducteur moindre que la glucose; 10 c. c. de liqueur de Fehling nécessitent, pour leur réduction intégrale à l'état d'oxyde, 0sr.067de sucre de lait.
126 TECHNIQUE DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
Dosage 8. Dosage du sucre de Jail par Je polarimètre. — On mesure
du sucre de lait . ,, . t. _„ „ .
par 50 c. c. de lait que Ion additionne de 25 c. c. d une solution
le )iolarimètre.
d'acétate basique de plomb; on porte ce mélange à rébulh- tion, dans un ballon muni d'un bouchon percé d'un trou dans lequel s'engage un réfrigérant vertical. Dès que l'ébulli- tion s'est produite, on cesse de chauffer, on laisse refroidir le mélange et l'on filtre; si les premières portions du filtra- tum sont encore troubles, on le rejette sur le même filtre.
On remplit, avec les précautions ordinaires, un tube de pola- rimètre de 200 millimètres et l'on détermine la déviation. Une déviation de 1° égale pour le tube de 200 millimètres 0er.94 de lactose.
Le calcul de la quantité de sucre de lait se fait suivant les règles indiquées plus haut, c'est-à-dire
x = 0.94 X n,
dans laquelle n représente l'intensité de la déviation indiquée en degrés.
CHAPITRE VIII.
L'URINE NORMALE.
L'étude chimique de la sécrétion urinaire est des plus impor- tantes. C'est elle qui fournit les renseignements les plus précis sur la nutrition d'un organisme; c'est, en effet, par l'urine que s'élimine la totalité des dérivés oxydés des substances albumi- DOÏdes; il s'ensuit qu'elle reflète d'une façon presque mathé- matique l'état de la nutrition.
Elle renseigne aussi l'existence de certains états patholo- giques avant même qu'aucun symptôme objectif ne se soit manifesté.
Les moindres détails de cette analyse acquièrent de l'im- portance et permettent au médecin de s'orienter dans sa recherche clinique.
Nous étudierons :
1° Les caractères physiques de l'urine ;
2° Les caractères chimiques généraux ;
3° Les caractères chimiques des principaux éléments consti- tutifs de l'urine et les méthodes qui permettent d'en déter- miner la quantité.
§ 1. — Caractères physiques.
4. Couleur. — La couleur de l'urine peut, dans certains cas, Couleur fournir des renseignements précieux à l'analyse.
428 TECHNIQUE
On peut distinguer pour l'urine une couleur normale et une couleur anormale.
a) La couleur normale varie du jaune au rouge brunâtre. On admet des degrés divers de coloration : les urines pâles, c'est-à-dire les urines jaune-paille ; les urines normalement colorées, variant du jaune d'or au jaune d'ambre; les urines concentrées, allant du jaune rougeâtre au rouge ; les urines sombres, du rouge brunâtre au brum noirâtre. Vogel a clas- sifié ces différentes teintes en une échelle de coloration crois- sante.
On comprend qu'à ces variations de couleur correspondent vraisemblablement des variations dans la composition chi- mique, et avec un peu d'habitude, l'inspection de l'urine permet de présumer dans quelle voie l'analyse doit être con- duite.
b) Couleur anormale. — L'urine peut aussi présenter une couleur anormale. On donne ce nom aux urines colorées par des substances étrangères, soit que celles-ci proviennent direc- tement de l'organisme, soit qu'elles dépendent de l'ingestion de certains mets ou de certains médicaments.
Les principaux pigments étrangers qui peuvent se rencon- trer sont les matières colorantes du sang, les pigments biliai- res, etc. Les médicaments qui peuvent influencer la couleur de l'urine sont : le phénol, l'acide chrysophannique, la san- tonine, etc.
Nous reviendrons plus tard sur l'étude de ces pigments étrangers (voir chapitre IX).
Odeur. 2. Odeur. — L'odeur de l'urine n'est pas sans importance.
Elle peut, par elle-même, renseigner sur l'existence de cer-
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 129
tains états pathologiques, voire même révéler certaines simu- lations.
Uui o*a été frappé de l'odeur urineuse ou ammoniacale que dégagent certains malades atteints de cystite? Il nous est arrivé d'avoir décelé dans l'urine d'une hystérique la présein le de lait fermenté, parce que l'odeur spéciale de l'urine nous avait mis en défiance.
5. Poids spécifique. — Il y a, en général, des rapports étroits Densité, entre la couleur de l'urine et son poids spécifique. Ce n'est guère que dans le diabète qu'il n'en est pas ainsi ; une urine claire et pâle renferme généralement peu d'éléments dissous ; par contre, si l'urine est foncée, on peut admettre a priori qu'elle est riche en matières dissoutes.
Le poids spécifique de l'urine varie de 1002 à 1040.
On apprécie le poids spécifique soit à l'aide du densimètre, soit à l'aide du pycnomètre.
Le densimètre-uromètre devra renseigner les densités de Densimètre, 1000 à 1040. Il est bon d'avoir deux densimètres, l'un allant de 1000 à 1020, l'autre de 1020 à 1040, afin d'apprécier avec plus de précision la densité du liquide soumis à l'analyse.
Pour mesurer la densité de l'urine par le densimètre, on la verse dans un cylindre en verre, en ayant soin d'éviter la for- mation de mousse, et l'on y plonge lentement l'instrument.
Le cylindre doit avoir une largeur suffisante pour que le densimètre flotte librement, sans adhérer aux parois du vase.
On attend, pour faire la lecture, que l'instrument ait pris une position d'équilibre et on lit sur l'échelle graduée le point d'affleurement du sommet du ménisque.
9
430 TECHNIQUE
Pycnomètre. L'appréciation de la densité au moyen du pycnomètre repose sur le principe suivant : on pèse un même volume d'eau distillée et d'urine, et l'on divise le poids de l'urine par celui de l'eau.
Le pycnomètre le plus employé consiste en un petit ballon en verre mince, d'une contenance de 25 ou 50 c. c, bouché à l'émeri et portant au col un trait de jauge.
Le col est étroit, afin de réduire au minimum les erreurs de lecture.
On détermine une fois pour toutes le poids de l'instrument vide et sec, puis on remplit jusqu'au trait avec de l'eau distillée et l'on attend pour déterminer le poids que le ballon ait pris la température du milieu ambiant. On vide, on rince, on dessèche l'instrument et l'on procède de même pour déter- miner le poids de l'urine.
§ 2. — Caractères chimiques généraux. liéactiou Réaction. — La réaction de l'urine est ordinairement acide,
de l'urine.
c'est-à-dire qu'elle rougit le papier de tournesol bleu; elle peut cependant, dans certains états physiologiques et surtout dans certaines maladies, prendre une réaction alcaline, c'est- à-dire bleuir le papier de tournesol rouge. Enfin, il est des cas peu déterminés où la réaction est amphotérique, où l'urine réagit à la fois comme un liquide acide, c'est-à-dire rougit le papier de tournesol bleu, et comme un liquide alcalin, bleuis- sant le papier de tournesol rouge.
Ordinairement, l'urine normale présente une réaction acide, dont les éléments sont restés jusqu'à présent indéterminés; il est rare cependant qu'un acide libre y prenne une part quel-
DK CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 131
conque, et l'on peut admettre que généralement l'acidité est sous la dépendance de sels acides (phosphate acide de soudr, lactates, urates, hippurates).
L'acidité de l'urine est un élément permanent, c'est-à-dire Urines acides, qu'une urine à réaction acide conserve assez facilement son degré d'acidité.
Parfois cependant il n'en est pas ainsi, et l'acidité augmente par la conservation de l'urine; il s'agit vraisemblablement, dans ce cas, d'une décomposition du sucre qui existe, d'une façon normale, dans un nombre relativement élevé d'urines.
Le plus ordinairement l'acidité de l'urine diminue.
Ce changement de réaction dépend, en tout premier lieu, de la formation de carbonate d'ammoniaque. Celui-ci se forme facilement aux dépens de l'urée, sous l'influence d'un ferment; mais, tandis que cette fermentation ne s'accomplit que tardive- ment dans une urine normale, elle se produit facilement et rapidement quand les conditions sont favorables à la fermen- tation ammoniacale.
On peut facilement s'assurer que l'élément neutralisant est le carbonate d'ammoniaque; l'urine bleuit légèrement le papier de tournesol rouge, mais ce virage ne résiste ni à la dessicca- tion ni à la chaleur.
Si l'urine est neutre ou alcaline, l'alcalinité peut dépendre : Urinesalcalinea
ou neutres.
a) De la fermentation ammoniacale de l'urine, soit après l'émission, soit déjà dans le réservoir urinaire;
b) De la présence d'un excès de bases fixes, dépendant soit de l'ingestion de certaines substances salines (carbonates alca- ' lins), soit d'une nourriture riche en sels, soit de troubles peu déterminés du métabolisme.
132 TECHNIQUE
Proportion Détermination de la proportion de résidu solide et de résidu lixc. —
de résidu solide
ei de L'urine renferme un grand nombre de corps dissous ; ceux-ci
résidu lixc.
s'y trouvent en forte proportion. Le montant du résidu s'élève dans la moyenne des cas à 4.5 °/0 de matières solides.
Les unes, organiques, sont constituées principalement par les dérivés azotés des substances albuminoïdes (l'urée, l'acide urique, etc.) ; portées au rouge, elles brûlent sans laisser de résidu fixe, c'est-à-dire qu'elles dégagent tous leurs compo- sants sous forme de gaz (acide carbonique, azote, vapeur d'eau).
Les autres sont les sels inorganiques, dont les principaux sont les chlorures. Ces sels constituent le résidu fixe, c'est-à- dire la portion du résidu qui ne se décompose pas au rouge.
Si donc on évapore à siccité, à une température de 75°, une quantité pesée ou mesurée d'urine, on pourra, par la pesée du résidu solide, déterminer à peu près la quantité de sub- stances dissoutes (décomposition de l'urée). La calcination de ce résidu, puis la pesée des parties non brûlées donnent la proportion de résidu fixe.
Caractères des principaux composés organiques.
1. Urée C0(NH2)2. Poids moléculaire 60.
crée. L'urée est le terme ultime de l'oxydation des substances
albuminoïdes chez les Mammifères.
Elle est très riche en azote (46.66 %) et représente, d'après Pflùger et Bohland, 86.6 °/0 de l'azote urinaire, le reste se rap- portant aux substances voisines (acide urique, créatinine, etc.).
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 133
L'homme sain, normalement nourri, élimine en vingt-qua- tre heures de ±2 ;i 33 grammes d'urée. Si l'on tient compte du poids moyeu de l'homme adulte, on constate qu'il élimine de KO à 60 centigrammes d'urée par kilogramme; chez l'en- fant, la proportion est plus grande jusqu'à l'âge de 12 à li ans. Il élimine alors de 70 à 80 centigrammes, et même parfois 1 gramme par kilogramme; chez le vieillard, on constate une progression décroissante; chez certains vieillards, le poids de l'urée éliminée descend à 25 centigrammes par kilogramme.
La quantité d'urée dépend donc d'un grand nombre de facteurs; elle varie avec l'Age, ainsi que nous venons de le voir, avec le poids de l'individu; elle est sous la dépendance directe de l'alimentation et de la richesse de celle-ci en sub- stances albuminoïdes ; elle est influencée par certains états pathologiques. Tous les états qui impliquent une augmenta- tion du métabolisme entraînent une augmentation dans l'éli- mination de l'urée (fièvre).
La quantité d'urée est sous la dépendance de l'alimentation, et cependant dans le jeûne l'urine n'en est pas dépourvue (Succi). Il se produit dans ces conditions une courbe décrois- sante et, au bout de trois à quatre jours, un état d'équilibre et une élimination d'urée qui, chez un chien de 20 kilogrammes, oscille encore entre 9 et 12 grammes. Dans ce cas, l'urée se forme aux dépens des masses musculaires; 100 grammes de chair musculaire = 3&r.4 d'azote = 7er.286 d'urée. 1 gramme d'urée représente donc l'utilisation de 13«r.72 de chair mus- culaire. Il s'ensuit que pendant le jeûne l'organisme con- sommera autant de fois 13s,-.72 d'albumine qu'il élimine de . grammes d'urée.
Si l'alimentation est riche en azote, c'est-à-dire si elle ren-
134 TECHNIQUE
ferme une quantité d'albumine correspondante à celle que représente la quantité d'urée éliminée, l'organisme éliminera sous forme d'urée la totalité de l'azote ingéré, plus une petite quantité dont l'origine se trouve dans sa propre substance. Si l'on augmente la ration de viande, il viendra un moment où la portion d'urée due à l'utilisation de la substance propre de l'individu, se réduira à zéro ; il s'établit ainsi un état d'équi- libre, dans lequel l'ingestion d'azote est exactement compensée par l'élimination d'azote. C'est Y état d'équilibre azoté.
Si l'on dépasse cet état, l'organisme ne transformera pas intégralement l'azote fourni en azote éliminé. Ce n'est qu'après un certain nombre de jours que l'équilibre se rétablira.
L'organisme possède donc le pouvoir de s'adapter, c'est-à- dire de se mettre en état d'équilibre pour des régimes alimen- taires différents, pourvu toutefois qu'ils ne soient pas inférieurs à la ration d'entretien.
propriétés Propriétés de l'urée. — 1. L'urée se présente sous la forme de de l'urée.
cristaux rhombiques, ayant l'aspect d'aiguilles à quatre pans
terminées par une petite pyramide ; les formes cristallines sont
parfois moins nettes.
Ces cristaux ne renferment aucune eau de cristallisation. Bien séchés, ils fondent entre 130° et 132° ; si la dessiccation n'est point parfaite, ils se décomposent déjà à 100°.
Ils sont très solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool, surtout à chaud, insolubles dans l'éther et dans le chloro- forme.
2. L'urée se combine facilement aux acides inorganiques et organiques ; ces combinaisons sont des combinaisons molécu-
DE CHIMIE PIY8IOL0GIQUB. 188
laires et non des produits de substitution; c'est plutôt une juxtaposition de molécules qu'une véritable combinaison chimique.
Deux de ces combinaisons présentent un véritable intérêt, en raison de leur peu de solubilité. Ce sont le nitrate et l'oxa- late d'urée.
Cristaux de nitrate d'urée.
a) Nitrate d'urée (CH*N2Q), NO^H. — Si l'on ajoute un excès d'acide nitrique concentré et exempt de vapeurs nitreuses à une solution concentrée d'urée, il se forme un précipité blanc, cristallin.
Ces particules se présentent sous l'aspect de tables rhomboï- dales, qui s'imbriquent l'une sur l'autre ou se juxtaposent. Il peut se faire, que les cristaux aient une forme hexagonale par troncature de l'angle obtus du cristal.
Ce corps se conserve à l'air, se dissout facilement dans l'eau, difficilement dans l'eau ou l'alcool saturés d'acide nitrique; il se décompose par la chaleur.
136 TECHNIQUE
b) Oxalate d'urée (CH+N20)2, C^O*. — On l'obtient de la même manière que le nitrate. La forme cristalline de ce com- posé est sensiblement la même que celle du nitrate d'urée.
Cristaux d'oxalate d'urée.
Les cristaux sont solubles dans l'eau, difficilement solubles dans l'éther, l'alcool et l'acide oxalique. La chaleur les décom- pose.
3. L'urée s'unit aussi à de nombreux sels (chlorure de sodium), aux chlorures de métaux lourds, entre autres au chlo- rure de palladium (Drechsel).
La plus remarquable de ces combinaisons est la combinaison de l'urée avec l'oxyde de mercure.
Il peut se former, d'après Liebig, trois combinaisons diffé- rentes, selon la concentration de la solution d'urée et la richesse de la solution mercurique :
1° Pour 1 molécule d'urée, 1 molécule d'oxyde mercurique ; 2° Pour 2 molécules d'urée, 2 molécules — —
3° Pour 2 — — 3 — — —
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 137
La connaissance de ces composés puise son importance dans ce fait que c'est sur la formation de ces corps qu'est basée la méthode de dosage de Liebig, que nous examinerons plus bas.
4. L'urée a une parenté très étroite avec le carbonate d'am- moniaque. La pénétration de deux molécules d'eau dans une molécule d'urée, sutfit à transformer celle-ci en sel ammo- niacal :
MI' ONH4
C0<NH, + 2H.0 = C«<0W
Urée. Carbonate
d'ammoniaque.
Cette hydratation s'observe : a) En chauffant la solution d'urée en tubes scellés à 120° pendant plusieurs heures. On admet même qu'elle se produit dans l'évaporation simple des solutions d'urée;
b) Sous l'influence des ferments organisés qui sont les fac- teurs de la fermentation ammoniacale de l'urine.
o. En présence d'hypochlorites ou d'hypobromites alcalins, l'urée se décompose en donnant de l'acide carbonique, de l'azote et de l'eau :
CH4N'0 + 3iNaBrO) = 3NaBr + CO* + H» + 2HS0.
Si la réaction se passe en milieu alcalin, l'acide carbonique reste en solution et l'azote seul se dégage. Parfois le dégage- ment de l'azote n'est complet que s'il y a un grand excès d'hy- pobromite; dans le cas contraire, il reste en partie sous forme de cyanate ou de nitrate.
138 TECHNIQUE
6. La chaleur décompose l'urée en donnant naissance à de l'ammoniaque et à du Muret :
NH2 C0<NHS C0<NH'
2 molécules Biuret. d'urée.
Réaction du biuret. — On reconnaît le biuret à la réaction suivante : on dissout dans l'eau le résidu de la chauffe après qu'il est refroidi, on alcalinise fortement et l'on additionne d'une ou deux gouttes de solution très diluée de sulfate de cuivre. La liqueur change de teinte, elle vire du bleu au rose ou au pourpre.
Nous avons vu qu'un grand nombre de substances albumi- noïdes fournissent la même réaction.
L'urée peut aussi, dans les mêmes conditions, donner nais- sance à de l'acide cyanurique :
NH2 3C0<„ =HN.C0 — HN.CO — HN . CO + 3NHS. NH2
On décèle la présence de l'acide cyanurique au moyen de la réaction suivante : on dissout dans l'eau la masse fondue et refroidie, on y ajoute une ou deux gouttes d'ammoniaque, on ajoute ensuite une goutte de chlorure de baryum et l'on agite fortement; la formation d'un précipité cristallin indique la présence d'acide cyanurique.
L'ensemble de ces propriétés suffit a caractériser l'urée; nous insisterons spécialement sur les réactions indiquées en 2, 3, 5, 6.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 139
Dosage de l'urée.
Les procédés qui permettent de doser l'urée sont nom- breux : on peut la doser directement comme urée, ou indi- rectement en dosant la totalité de l'azote contenu dans l'urine.
Nous examinerons : l" la méthode de Kjeldahl ; 2° la méthode de Liebig; 3° la méthode à l'hypobromite de soude.
Les deux premières sont plutôt des méthodes de dosage de l'azote; la troisième sert plutôt au dosage de l'urée.
I. Dosage de l'azote par la méthode de Kjeldahl. — Principe de la Méthode
B J ■ «le Kjeldahl.
méthode. — Si l'on chauffé des matières azotées avec de l'acide sulfurique, celui-ci enlève aux substances organiques les élé- ments de l'eau; l'acide sulfureux qui se forme sous l'influence de la chaleur par l'action de l'acide sulfurique sur la masse charbonneuse, agit comme réducteur sur les substances azo- tées. L'azote est transformé en ammoniaque; après sursatu- ration de la solution ammoniacale par un alcali caustique, l'ammoniaque est distillée et recueillie dans un acide titré.
L'emploi de cette méthode réclame un certain nombre de réactifs.
1° Acide sulfurique Kjeldahl, ou bien un mélange de deux volumes d'acide sulfurique anglais et un volume d'acide sulfu- rique fumant;
2° Une solution d'alcali caustique d'une densité de 1.243 (270 grammes de soude caustique °/00 ; 375 grammes de potasse caustique %0) ; 3° Une solution de sulfure de potassium à 40°/oo; 4° Une solution d'acide sulfurique normale ou décinormale; o° Une solution de soude caustique normale ou décinormale; 6° De l'oxyde jaune de mercure.
140 TECHNIQUE
L'opération comprend trois stades bien distincts : l'oxyda- tion, la distillation, le titrage de l'acide.
1° Oxydation. — Pour procéder à l'oxydation de l'urine, on emploie, selon la richesse en azote, 5 ou 40 c. c. d'urine qu'on verse dans un flacon en verre spécial (flacon de Kjel- dahl) ; on y ajoute 5 ou 10 c. c. d'acide sulfurique et 20 centi- grammes environ d'oxyde jaune de mercure. On chauffe le mélange sous la hotte, jusqu'à ébullition faible, en ayant soin d'incliner le flacon. On prolonge l'ébullition jusqu'au moment où la liqueur, qui s'était d'abord noircie, est devenue claire et limpide. A ce moment, on arrête la chauffe et on laisse refroidir.
2° Distillation. — On récolte le résidu qu'on dissout dans le moins d'eau possible, en ayant soin de n'abandonner aucune parcelle cristalline dans le flacon Kjeldahl , et l'on transvase le tout dans un ballon à distillation.
On alcalinise progressivement la liqueur (40 à 80 c. c. de la solution n° 2 suffisent) et l'on s'arrête avant d'avoir complète- ment neutralisé l'acide ; puis on laisse refroidir. Il est indispen- sable d'ajouter à ce moment un grand excès de sulfure de potassium (environ 40 c. c), qui facilite le dégagement de l'azote; celui-ci, en effet, se trouve dans la solution sous la forme d'amide mercurique que les alcalis caustiques ne décomposent qu'incomplètement. Le sulfure de potassium intervient en décomposant l'amide mercurique et en permet- tant la distillation de toute l'ammoniaque. Il est bon aussi d'ajouter dans le ballon à distillation quelques morceaux de zinc pur ou de talc pour éviter les secousses pendant l'opération. On verse alors le restant de la lessive alcaline et l'on bouche rapidement.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 141
On se sert pour distiller, d'un ballon en verre dur, fermé par un bouchon de caoutchouc, livrant passage à un tube ver- tical de verre, long de 30 à 10 centimètres et suffisamment large pour permettre aux vapeurs de se condenser et empê- cher aussi l'entraînement des gouttelettes alcalines et leur passage dans la solution acide titrée^). On fixe ce tube au réfri- gérant au moyen d'un bout de caoutchouc. L'extrémité inté- rieure du réfrigérant est mise en communication avec le récipient contenant la solution d'acide titrée, par l'intermé- diaire d'un tube à boules terminé en pointe et plongeant dans l'acide. On chauffe alors doucement jusqu'à ce que la moitié environ du liquide ait distillé. Il est du reste difficile de pousser la distillation plus loin à cause des violentes secousses qui se produisent.
3° Titrage de l'acide. — Aussitôt la distillation arrêtée, on sépare le ballon distillateur du réfrigérant, afin d'empêcher l'ascension du liquide contenu dans le ballon récepteur. On sépare aussi le tube à boules du bout inférieur du réfrigé- rant, on le rince soigneusement à l'aide d'un jet de la pis- sette. On titre alors l'acide sulfurique non combiné, à l'aide de la solution normale ou décinormale de soude. On emploie comme index soit le méthylorange, soit la teinture de tourne- sol de May, soit l'acide rosolique; on rejette l'emploi de la phénolphtaléine dont la sensibilité est insuffisante en présence d'ammoniaque.
On déduit de la quantité totale d'acide titré la quantité
(•) On trouve dans le commerce des tubes spéciaux avec un ampoule de verre qui mettent bien à l'abri de toute projection.
142 TECHNIQUE
retrouvée à l'état libre; la différence correspond à la quan- tité d'acide combiné à l'ammoniaque. Chaque centimètre cube de cette solution titrée correspond à 0.014 ou 0.0014 d'azote, selon que l'on a employé l'acide normal ou décinormal.
Ce procédé, quelque compliqué qu'il paraisse, présente cependant de grands avantages dus à sa précision, à ce qu'il permet de procéder simultanément à un grand nombre d'ana- lyses, et à ce qu'il ne nécessite pas l'attention constante de l'opérateur.
2. Dosage de l'azole par la méthode de Lieliig. — Principe de la méthode. — L'urée, en présence de sels mercuriques, se préci- pite sous la forme d'une masse blanche, possédant une compo- sition chimique connue. S'il y a dans la solution un excès de mercure, c'est-à-dire s'il y a plus de solution mercurique qu'il n'en faut pour précipiter l'urée, une goutte de ce mélange mise en présence d'une goutte de solution de carbonate de soude précipite sous la forme d'une masse jaune d'oxyde mercureux.
Solutions nécessaires :
1° Une solution de nitrate mercurique. — On pèse 71«r.5 de mercure métallique pur que l'on dissout dans de l'acide nitrique concentré. Lorsque tout le mercure est dissous, c'est-à-dire lorsque l'addition d'une faible quantité d'acide nitrique ne produit plus de dégagement de vapeurs nitreuses, on évapore la solution au bain-marie jusqu'à consistance sirupeuse. On ajoute alors petit à petit et en agitant continuellement, 800 c. c. environ d'eau distillée. On transvase dans un verre de Bohême, on recouvre d'une plaque de verre et on laisse reposer pendant trois ou quatre heures. Le liquide s'éclaircit peu à peu, les sels basiques gagnent le fond du vase et s'y déposent. .
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On filtre alors prudemment la liqueur sans l'agiter, en ayant soin d'éviter que des parcelles non dissoutes ne viennent sur le liltre.
On reprend alors, à l'aide d'une faible quantité d'acide nitrique concentré, les sels basiques; lorsqu'ils sont dissous, on ajoute cette solution à la liqueur mercurique; on rince soigneusement le verre de Bohême à l'aide d'eau distillée, on ajoute cette eau de rinçage aux autres portions, puis enfin on ajoute la quantité d'eau nécessaire pour faire 1 litre.
On peut employer aussi l'oxyde rouge de mercure. On en dissout, après dessiccation et après essai de pureté, 778r.2 dans de l'acide nitrique jusqu'à dissolution complète. On opère la dilution de la solution comme il est dit ci-dessus.
2° Une solution bary tique. — On mélange 2 volumes d'une solution, saturée à froid d'hydrate de baryte, et 1 volume d'une solution de nitrate de baryte, saturée à froid.
Cette solution sert à précipiter les phosphates et sulfates con- tenus dans l'urine. La solution doit être absolument dépourvue de chlorures.
3° Une solution sodique normale. — On dilue une solution de carbonate de soude pur jusqu'à ce qu'elle ait atteint la densité de 1.053.
Elle sert à neutraliser l'excès d'acide nitrique libéré pendant la réaction.
4° Une solution d'urée pure à 2 °/o.
Titrage de la solution mercurique. — Il faut, pour que le dosage soit exact, que la solution mercurique ait une concen- tration telle que 20 c. c. précipitent exactement 20 centi- grammes d'urée, soit 10 c. c. de la solution titrée d'urée (solu- tion n° 4).
Si ce point n'est pas atteint et s'il faut plus de 20 c. c, la solution doit être concentrée, par évaporation; s'il faut moins de 20 c. c, la solution doit être diluée davantage.
144 TECHNIQUE
On détermine facilement, par un calcul simple, la quantité d'eau qu'il faut ajouter à la solution mercurique : supposons que 19.8 c. c. de solution mercurique aient suffi pour précipi- ter les 10 c. c. de solution d'urée, c'est-à-dire 20 centigrammes d"urée; on établit le calcul suivant :
19.8:0.20 = 1000 : x x = 10.1.
On mesure alors soigneusement cette quantité que le calcul renseigne, au moyen d'une burette graduée, et on l'ajoute à la solution mercurique.
On s'assure par un nouveau titrage que la quantité d'eau ajoutée est suffisante pour atteindre le degré de dilution de la solution mercurique.
La réalisation technique de cette opération est simple; voici comment on procède :
On verse la solution mercurique dans une éprouvette gra- duée et on en laisse s'écouler environ 19.7 c. c. dans un verre de Bohême contenant 10 c. c. de la solution d'urée, soit 200 milligrammes de substance. On constate qu'il se forme un précipité blanc floconneux.
On neutralise alors rapidement l'excès d'acide libéré à l'aide de la solution sodique préalablement préparée dans une autre burette. On agite le mélange au moyen d'une baguette de verre et l'on s'assure que toute l'urée est précipitée, c'est-à-dire que le point final de la réaction est atteint.
(') Ce nombre est la différence entre la quantité de liqueur qu'il faut employer et la quantité réellement employée.
DE CHIMIE PHTSIOLOf.IQl l . 1 i'i
On recherche, dans ce but, la présence dans la liqueur d'un excès de solution mercurique. On prend, à l'aide d'une baguette de verre, une goutte du mélange que l'on dépose dans une soucoupe de porcelaine ou sur une lame de porcelaine, OU sur une plaque de verre reposant sur un fond noir. On dépose, à côté de celte goutte, une goutte d'une solution de carbonate OU de bicarbonate de soude et l'on provoque la fusion des deux gouttes. Si le mélange des deux gouttes con- serve sa couleur, c'est-à-dire si le précipité reste blanc, c'est que toute l'urée n'est pas précipitée.
On ajoute alors — c. c. de solution mercurique et l'on pro- cède a un nouvel essai. On continue ainsi, par essais successifs, jusqu'au moment où le point de contact des deux gouttes prend une teinte jaune, ce qui indique la présence d'un excès de mercure. On lit alors le nombre de centimètres cubes de la solution mercurique que l'on a employé, et l'on procède à un nouvel essai avec une nouvelle solution d'urée, en ayant soin de laisser s'écouler d'un jet toute la quantité de solution mer- curique qu'indiquait la première expérience.
Dans ces conditions, si 20 c. c. de solution mercurique pré- cipitent exactement 10 c. c. de solution, soit 200 milligrammes de substance, 1 c. c. de solution mercurique = 10 milli- grammes d'urée.
Dosage de l'urée dans l'urine. — Les chlorures, sulfates et Dosage de l'urée
, , . i ,, • / • •. . . , d;ins l'urine.
phosphates de 1 urine précipitent aussi par les sels mercu- riques; il faut donc au préalable débarrasser l'urine de ces sels. On prend 100 grammes d'urine que l'on traite par 50 c. c. de solution barytique, et l'on filtre sur un filtre sec. Si les pre- mières gouttes qui filtrent ne sont pas limpides, on les rejette
10
146 TECHNIQUE
sur le filtre. On prélève alors pour le dosage une portion de 15 c. c. du mélange qui représente 10 c. c. d'urine.
On y dose l'urée, en suivant les précautions indiquées ci- dessus; il est bon de faire deux ou trois dosages et d'en prendre la moyenne.
Calcul de la quantité d'urée. — Le titre de la solution mer- curique est établi pour une solution d'urée à 2 °/0. La précision du dosage dépend donc en partie de la richesse de la solution d'urée; si l'urine renferme une proportion d'urée plus forte, la combinaison de sel mercurique et d'urée sera l'une des combinaisons pauvres en sel mercurique et la quantité de solution mercurique employée sera trop faible. Inversement, si la proportion d'urée contenue dans l'urine est inférieure à 2 %, la quantité de solution mercurique employée sera trop forte. Dans ces cas, il faut corriger le résultat.
Formule de correction. — Pflùger donne comme formule de correction la formule suivante :
C = (V< — V2) x 0.008
dans laquelle G représente le nombre de centimètres cubes qu'il faut soustraire du résultat; Vi est le volume de l'urine, plus le volume de la solution de soude neutralisante; V^ repré- sente le volume de la solution mercurique employée.
Il faut noter aussi que l'urine renferme des substances azo- tées autres que l'urée et qui précipitent aussi par les sels mer- curiques : acide urique, créatinine, etc. Il s'ensuit que le dosage par la méthode de Liebig a plutôt la valeur d'un dosage d'azote que d'un dosage d'urée.
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 147
Si l'urine est albumineuse, il faut la débarrasser de l'albu- mine qu'elle tient en solution : le moyen le plus efficace con- siste à coaguler l'albumine. On en mesure un volume déter- miné, on l'acidulé d'acide acétique, on porte à l'ébullition, on filtre; puis, lorsque la liqueur est refroidie, on rétablit le volume primitif par addition d'eau distillée.
§ 3. — Dosage de l'urée par l'hypobromite de soude.
Nous avons indiqué le principe de la méthode en étudiant Méthode les propriétés de l'urée. â 'dîÛdf*
En présence (l'hypobromite de soude, l'urée se décompose en donnant naissance à de l'azote, de l'acide carbonique, de l'eau :
NH2 C0<ni]î + 3NaBrO = 3NaBr + 2II20 + CO2 + N2.
L'acide carbonique est retenu en solution, l'azote seul se dégage. La détermination du volume de l'azote dégagé suffit a apprécier